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Voici les trois ministres qui ont aidé l’Udm à décoller

Voici les trois ministres qui ont aidé l’Udm à décoller

Nous-mêmes, à Ouest Littoral, devons faire notre mea culpa pour avoir, au moment où l’Etat voulait imposer ses choix d’étudiants à l’UdM, bavé sur le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, alors que notre enquête actuelle montre que l’initiative était celle de son collègue de la Santé.

Jacques Fame Ndongo a des rapports ambigus avec l’Ouest du Cameroun. Dans l’esprit de beaucoup, il passe pour un « anti-Bamiléké quasi convulsif » ; il ne fait d’ailleurs rien pour arranger les choses comme lors des dernières opérations de renouvellement des organes de base du Rdpc à Yaoundé, où il a imposé un consensus entre des listes dont l’une avait diffusé des tracts d’une tonalité anti-bamiléké inédite.

Mais personne ne doit et ne peut lui retirer ce qu’il a fait d’important pour l’Université des Montagnes, tout comme un de ses prédécesseurs béti, Atangana Mebara.

Trois grandes étapes franchies par ministre interposé

Lorsque le problème de la création de l’Université des Montagnes se pose, le ministre de tutelle s’appelle Atangana Mebara. La situation qui se présente à lui est délicate puisque pour la première fois, pratiquement dans un village, un projet d’université de grande envergure va voir le jour.

Il propose un statut intermédiaire aux promoteurs de cette institution ; ces derniers refusent. La description de ce statut serait inutilement longue ; toujours est-il que le projet va rester en sommeil jusqu’à l’arrivée de Maurice Tchuenté, nommé ministre de l’Enseignement supérieur, sur proposition d’un parrain qui n’est autre que son prédécesseur Atangana Mebara désormais Secrétaire général de la présidence de la République.

Dans la foulée, sans doute parce qu’il est conscient des enjeux pour la Région de l’Ouest, il va signer un arrêté autorisant l’ouverture de cette université, selon nos sources, sans en référer à sa hiérarchie. Selon ces mêmes sources, c’est cette décision – entre autres – qui fera naître une profonde inimitié entre son parrain et lui au point que cela a pu contribuer à son départ du gouvernement au profit d’un(e) autre Tchuinte : la ministre de la Recherche actuelle.

Le ministre Jacques Fame Ndongo prend le relais. La perspective de signer une reconnaissance officielle des diplômes de l’UdM ne l’enchante pas. Mais beau joueur, il accepte de recevoir Ambroise Kom avec qui dans les années 90, il s’est livré à un combat épique plus qu’à fleurets mouchetés.

Il ne veut pas créer un précédent en accordant une autorisation à un projet qui lui paraît essentiellement tribaliste. Des débats difficiles avec son adversaire d’hier Ambroise Kom, il est convaincu que le projet, certes à base régionale au départ, a vocation à être ouvert à tous les Camerounais voire tous les Africains au fur et à mesure de son évolution.

Il signe tous les textes réglementaires et autres nécessaires au fonctionnement de l’UdM sous la tutelle de l’université de Yaoundé 1.

Même si nous n’avons pas aimé le comportement du conseiller de Paul Biya dans les années 90, même si nous n’avons pas aimé le travail du ministre de la Communication Fame Ndongo, même si nous émettons des doutes sur les capacités intellectuelles d’un homme qui se dit créé par un autre, fut-il président de la République, nous avons le devoir de nous incliner avec respect devant une initiative positive. Au moment où toutes les valeurs morales  foutent le camp au sein de la direction de l’AED-UdM et où certains théoriciens du tribalisme d’un autre âge sont en train de s’installer, ce n’est pas inutile de le rappeler pour rendre hommage à qui de droit.

 

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