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VERBATIM : POURQUOI J’AI DÉFENDU LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION

VERBATIM : POURQUOI J’AI DÉFENDU LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION

« En mars 2008, j’ai défendu, devant l’Assemblée nationale, le projet de loi n°2008/01 du 14 avril 2008 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juillet 1972. Cette révision constitutionnelle s’est concentrée sur l’article 6, alinéa 2 pour faire sauter le verrou de la limite de deux mandats présidentiels.

Selon le président de la République, l’objectif était de réduire les frictions internes au gouvernement, dont les membres étaient distraits par leur positionnement en vue de la succession prévue en 2011. Il était nécessaire de lever l’incertitude pour éviter la paralysie du pays et ne pas décourager l’investissement. C’est en mon âme et conscience que j’ai défendu ce texte. Non que j’aie relégué à l’arrière-plan mes convictions sur l’impératif démocratique de l’alternance. Impératif pratique aussi puisque l’arrivée d’un sang neuf au sommet de l’Etat revitalise la machine administrative et contribue au développement national à travers le renouvellement des personnes, méthodes, des ambitions, de la vision et de la gestion.

Mais mon constat personnel était que, depuis le début du second septennat du président de la république, que nous étions plusieurs à penser son dernier, le contexte politique camerounais était devenu délétère. En particulier au sein du parti au pouvoir et de la haute administration se multipliaient des démonstrations de force, préjudiciables à une transition pacifique. Des clans, des groupes, des réseaux s’étaient formés qui visaient le pouvoir suprême par tous les moyens. Surtout, aucune institution n’était en place pour conduire la transition.

Seulement, dans mon esprit, le président de la République ne se représenterait pas.il utiliserait une éventuelle nouvelle candidature comme moyen de calmer les ardeurs des uns et des autres, comme une fiction pacificatrice, rien de plus. Dans son bureau, au cours de mes dernières audiences avec lui, j’avais été clair sur ma résolution de ne me présenter devant l’Assemblée nationale qu’avec la certitude que le mandat en cours serait son dernier. Le président de la République ne m’avait jamais détrompé.

La suite est connue de tous : une duperie que je découvre sur le tard, une manipulation politicienne émaillée d’appels au peuple auxquels je n’ai pas voulu m’associer. Paul Biya a remporté le scrutin de 2011. Cest pour lui avoir demandé de ne pas se représenter que j’ai mis en branle contre moi la machine politique, administrative et judiciaire. « Le choix de l’action »,

Marafa Hamidou Yaya,
Editions du Schabel,
novembre 2014, pp63-64

 

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