Urbanisme: le défi de la sécurisation foncière

Le sujet est revenu sur la table à l’occasion des quarante ans de la MAETUR

 

La Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (MAETUR) fête ses quarante ans d’existence en ce mois de juin 2017. Et mardi 6 juin, Louis Roger Manga, Directeur général de la structure était à Douala pour la célébration de cet anniversaire. Cela a été l’occasion de la remise solennelle d’une cinquantaine de titres fonciers sur les 430 disponibles pour la ville de Douala, dont une soixantaine établis cette année. Pour le reste des documents de propriété, on peut donc les retirer dans l’un des deux bureaux de la délégation régionale de la MAETUR pour le Littoral, à Bonamoussadi ou à Nylon.
Parmi les heureux récipiendaires de mardi, il y a avait Roger Tchapo, déjà propriétaire de plusieurs titres fonciers MAETUR. Si Roger Tchapo a choisi cette voie pour être propriétaire terrien depuis plus d’une vingtaine d’années maintenant, c’est qu’il a déjà eu une expérience malheureuse, s’étant fait arnaquer lors de l’acquisition d’un terrain et ayant perdu une coquette somme d’argent. « C’est vrai que les gens ont tendance à penser qu’ils sont chers à la MAETUR. Mais quand tu réussis à avoir un lotissement, tu te rends compte que c’est faux. Il faut regarder tous les avantages. Le terrain est sécurisé. Je conseille d’ailleurs à beaucoup de mes amis de prendre un terrain là-bas. » Pour son dernier titre foncier, M. Tchapo n’a attendu que trois semaines. En accord avec la nouvelle dynamique de l’organisme, qui est de fournir des titres plus vite.
En effet, la procédure étant taxée de lente par de nombreux clients MAETUR. Et certains, comme Isaac Nzoupa, ont dû attendre longtemps. Plus de cinquante ans que le vieil homme occupe son terrain à Nylon. Mais c’était avant l’arrivée de la structure et l’aménagement du lotissement de ce côté de la ville de Douala. Après avoir payé le terrain à un revendeur, le vieil homme explique avoir dû le racheter en 1987. « J’ai payé en une fois quand leurs bureaux étaient encore ici à Akwa. J’ai gagné une petite cotisation de 860 000F », explique l’ancien électricien des chemins de fer. Toutefois, le chemin a été tortueux : « j’avais déjà mon titre quand j’ai été convoqué. On m’a dit que je n’avais pas payé les droits de borne. On m’a retiré le titre foncier. C’est donc la 2e fois qu’on me l’établit. » Tenant à son terrain sécurisé, il a volontiers enduré cette épreuve.
Comme M. Nzoupa, plusieurs ont enduré les turpitudes afin de ne pas perdre leur terrain aménagé, surtout que la demande est toujours présente à Douala où un cinquième de la surface de la ville a été aménagé par la structure. Un nouveau lotissement est d’ailleurs en plein aménagement dans la cité économique, selon une source.

 

Réactions

 

Louis Roger Manga: « Il y a beaucoup de demandes »

Directeur général de la MAETUR

« La MAETUR a aménagé beaucoup de terrains, ce qui engorge les services du ministère chargé des Domaines qui délivrent les titres fonciers. Il a donc fallu que ces services se restructurent et se réadaptent, pas simplement pour les titres fonciers des clients de la MAETUR, mais vous voyez que la ville grandit, il y a beaucoup de demandes. Donc après de bons débuts, il y a eu un ralentissement un peu dans la production des titres fonciers. Raison pour laquelle, nous nous sommes attelés, avec l’appui du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, à relancer cette production-là ».

 

 Catherine Nyake: « Je voulais un terrain sécurisé »

Fonctionnaire à la retraite

« J’ai choisi d’acquérir une parcelle à la MAETUR pour la sécurité. Il y a trop de trafic et d’arnaques dans l’achat des terrains. Déjà, je n’ai pas suffisamment de moyens. Alors, s’il fallait donner de l’argent à quelqu’un qui va vendre le terrain à mille et une personnes…J’étais secrétaire d’administration principale de la santé publique et j’ai acquis mon terrain à Logpom en 1991, avec la lettre d’attribution de parcelle qui m’a été remise. J’ai commencé à acheter mon terrain quand j’étais à Yaoundé. A chaque fois, j’allais faire des versements, ils me donnaient un reçu que je gardais. Et quand j’ai terminé, j’ai ramené tous les reçus, ils m’ont donné le titre de propriété ».