Une colonie camerounaise très présente

Ses étudiants, notamment, constituent la première communauté africaine et la cinquième mondiale en terre italienne.

Ils sont nombreux à avoir effectué le déplacement de l’hôtel Rome Cavalieri, vendredi 17 mars dernier pour accueillir le couple présidentiel en visite d’Etat en Italie. Ils étaient tout aussi mobilisés lundi 20 mars 2017, pour la cérémonie de dépôt d’une couronne de fleurs par le chef de l’Etat, en compagnie de son épouse, à l’Autel de la patrie, mairie de la ville de Rome. Et parmi eux, des membres de la section Rdpc d’Italie, en grand nombre. Mais aussi des étudiants, très présents dans les filières médicales et pharmaceutiques des universités italiennes. Sans oublier des fonctionnaires internationaux, des opérateurs économiques, des cadres d’entreprises. De jeunes demandeurs d’emploi étaient également là. Venus de partout pour honorer le couple présidentiel : Raguse en Sicile, Milan en Lombardie, Aquila dans les Abruzzes, Novarra depuis le Piémont, Parme, Naples, Bologne, Varèse, Viterbo, Biella, Turin, Rimini…
La communauté camerounaise en Italie est évaluée à près de 12 000 personnes dont 4000 étudiants environ. Jérôme N., étudiant en ingénierie biomédicale, fait partie de la cohorte. « Je suis ici depuis cinq ans, amené par ma sœur aînée médecin qui vit à Parme depuis 20 ans. Elle a fait toutes ses études de médecine ici et m’a encouragé à emprunter le même chemin. Nous sommes cinq frères et sœurs à vivre ici en Italie », assure-t-il. Non loin de lui, un autre jeune avoue avoir aussi un frère aîné cardiologue installé également dans le pays et qui pousse aussi les études de ses cadets en pétrochimie. Selon les officiels du pays, les étudiants camerounais constituent la première communauté africaine et la cinquième mondiale en Italie.
Les filières d’études ou de spécialisation dans lesquelles ils s’investissent le plus sont : la médecine avec 2 800 étudiants environ, l’ingénierie (400), l’architecture (300), la pharmacie (150), l’économie (120 étudiants environ). D’autres encore peu nombreux, s’intéressent aux formations en hôtellerie, droit, communication et coopération internationale. Quant aux travailleurs, au nombre de 300 environ, ce sont essentiellement d’anciens étudiants, boursiers camerounais ou non, qui exercent comme médecins, pharmaciens, avocats ou cadres d’entreprises. D’autres Camerounais au statut précaire, ou qui seraient en situation irrégulière, évoluent dans de petits métiers : ouvriers, employés de maison, mécaniciens, vendeurs dans les boutiques… Leur nombre est estimé à 1 500.
Entreprenants, les Camerounais avouent s’intégrer assez bien malgré le racisme ambiant dans certaines régions. C’est par cette bravoure et ce « fighting spirit » camerounais bien connu dans le monde que l’un d’eux, Yvan Sagnet, natif de Kribi, est d’ailleurs devenu un héros national en Italie. Arrivé à Turin en 2007 avec un visa étudiant, le jeune homme a été élevé au rang de Chevalier de l’ordre du Mérite en Italie au début de cette année. Pour s’être battu contre l’exploitation indigne de migrants africains dans les champs de fruits et légumes du pays. Pour arriver à cette reconnaissance par l’Etat italien, Yvan Sagnet a dû affronter la mafia locale dans la région de Pouilles, dénonçant les conditions de vie inhumaines et les salaires de misère versés à cette main d’œuvre. Clair qu’impossible n’est pas camerounais !