UNE CENTAINE D’OBJETS EN IVOIRE SCULPTÉS SAISIS DANS UNE BOUTIQUE SITUÉE AU REZ-DE-CHAUSSÉE D’UN HÔTEL DE LA VILLE YAOUNDÉ.

Un homme a été arrêté avec une centaine d’objets en ivoire sculptés dans une boutique d’objets d’art située au rez-de-chaussée d’un hôtel célèbre de la ville de Yaoundé. L’interpellation qui s’est déroulée la semaine dernière a été menée par les agents de la Délégation régionale des forêts et de la faune du Centre.

Accompagnés des éléments de la Division Régionale de la Police Judiciaire du Centre, ils sont arrivés à l’hôtel et sont entrés dans la boutique où ils ont été obligés d’attendre le gérant du jour qui s’était absenté pour un moment. Dès son retour dans la boutique et après s’être présenté comme le gérant du jour, l’équipe lui a présenté le mandat de perquisition et la boutique a été soigneusement fouillée d’où la découverte de plus de 100 objets en ivoire sculptés parmi les autres objets d’art exposés. Le gérant en place a été conduit dans les services de la Division Régionale de la police Judiciaire du Centre à Yaoundé et a été rejoint par la propriétaire de ladite boutique le lendemain où ils ont été tous deux entendus sur procès verbal.

Cette opération est la première de son genre depuis plusieurs années dans la mesure où les trafiquants ont souvent l’habitude d’exporter illégalement les pointes d’ivoire brut vers d’autres pays. Cette situation était très inédite puisqu’on pouvait voir clairement des morceaux d’ivoire sculptés parmi d’autres objets en bois sur les étagères de la boutique dans un hôtel très populaire qui est fréquenté par plusieurs personnalités. On a retrouvé également des prix sur ces objets en ivoire sculptés. Cette opération a été réalisée avec l’assistance technique de l’ONG LAGA (EAGLE Cameroun).

Les observateurs sont étonnés du fait que cette boutique menait librement ses activités en plein Yaoundé là où les actions de mise en application de la loi faunique contre les trafiquants d’ivoire ont été intensément menées au cours de ces dernières années. Selon des sources dignes de foi, les enquêtes menées ont démontré que les chinois sont généralement les principaux acheteurs d’ivoire de cette boutique. Malgré l’énorme activité médiatique portant sur la lutte contre le trafic des produits en ivoire, cette activité s’opère même dans des lieux aussi ouverts tels que cette boutique.

Le dossier judiciaire est en cours d’élaboration afin de mettre en mouvement l’action publique et d’après la loi faunique, toute personne trouvée en tous temps et en tous lieux en possession de tout ou parties d’une espèce sauvage protégée est considérée comme ayant tué ou capturé l’animal et la loi dispose également qu’une telle personne encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 ans et une amende d’un maximum de 10 millions de francs. Cette loi a été promulguée pour décourager le trafic de certaines parties d’espèces protégées, comme l’ivoire qui, au fil des années, a pris de la valeur, entraînant une augmentation des profits des trafiquants illégaux du marché noir. Ceci a abouti à l’abattage, depuis 2006, d’environ 110 000 des quelque 415 000 éléphants trouvés dans les 37 Etats de l’aire de répartition du continent, les zones les plus touchées étant celles de la sous-région de l’Afrique centrale.