Un famille camerounaise appelle à l’aide pour ses enfants siamois

Au Cameroun, une famille appelle à l’aide afin de faire transférer deux nouveaux-nés siamois dans une unité de chirurgie spécialisée aux Etats-Unis.

Julius Banla Ndi, 38 ans, s’amuse avec ses deux garçons dans une chambre spéciale de l’hôpital de la fondation Chantal Biya de Yaoundé. Les jumeaux se prénomment Davis et Darell et se font face car ils sont reliés par l’estomac.

Julius dit avoir passé ces derniers mois dans l’angoisse de l’accouchement mais ne pas s’être rendu compte de la charge que leur naissance représenterait. « J’ai l’impression que c’est la fin du monde pour moi. Quand je les regarde, je pleurs et je me dis “Mon dieu, que m’arrive-t-il ?” ».

Deux mois avant que les jumeaux ne naissent, Julius a perdu son travail de photographe. Cela complique encore les choses car il lui est maintenant difficile d’aider sa femme Evelyn, paralysée des suites de la césarienne. Ils ont parcourus les 500 Km qui séparent leur village de Ndonga Mantung, région du Nord-Ouest, de la capitale camerounaise.

Les siamois peuvent être parfois accusés de “sorcellerie” et il existe des cas de meurtre dans certaines zones du Nord-Ouest. Mais Julius dit qu’il veut croire que ce sont des cadeaux de dieu.

 

Ensemble, les deux frères pèsent 6 Kg. Ils ont été amenés à l’hôpital de la fondation Chantal Biya par Ruth Ali Enow qui travaille pour l’ONG Youth and Gender Welfare Association.

Ruth Ali Enow dit que l’hôpital de la localité où habite la famille a été dépassée par la naissance de ces deux jumeaux. Elle a donc convaincu les parents de les transférer à Yaoundé. « Étrangement, leurs cœurs, leurs reins et leurs foies ne sont pas du côté où ils devraient être » explique-t-elle. « Un des deux garçons a également ses testicules autour de l’abdomen. »

Les scanners effectués ont révélé que certains de leurs organes, comme les intestins, sont entremêlés. D’autres organes, non vitaux, ont fusionnés et fonctionnent ensemble. Pour cette raison, les nouveaux-nés ont un régime alimentaire spécial afin d’éviter que l’un des deux n’aie de la fièvre. « Si l’un d’eux tombe malade, l’autre sera forcément touché » déclare Ruth Ali Enow.

 

Julius espère chaque jour que quelqu’un leur vienne en aide afin de réunir les 15.000 $ nécessaire à leur transfert aux États-Unis, où ils pourront être pris en charge par une équipe chirurgicale spécialisée en vue de leur séparation.

Le Docteur Koki Ndomba Paul, qui est en charge des garçons, affirme que le Cameroun n’a pas les infrastructures nécessaires pour la réalisation d’une opération si compliquée.

Il a par ailleurs déclaré qu’ils avaient fait tout leur possible pour comprendre comment les jumeaux sont reliés l’un à l’autre. « Immédiatement après leur arrivée, nous nous sommes aperçus qu’ils étaient en assez bon santé, mis à part quelques infections superficielles. Nous les avons pris au département de radiologie et nous avons effectué un scan complet du corps de chaque bébé de façon à évaluer en particulier la région du thorax et de l’abdomen afin de voir exactement le niveau de l’attachement de chacun à l’autre ».

Les siamois ont relancé le débat sur la reforme de l’assurance sociale au Cameroun. Actuellement, seulement 10% de tous les fonctionnaires sont couverts.

Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi le gouvernement demeure indifférent envers ceux qui se trouvent dans le besoin.

L’ONG Youth and Gender Welfare Association a ouvert un compte bancaire dans une banque de Yaoundé afin de recueillir le dons permettant aux frères siamois d’être soignés aux États-Unis.