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Un enfant enlevé par sa mère à Dschang

Un enfant enlevé par sa mère à Dschang

Le père de Frank Arol Lemofouet  Zemmo a porté plainte contre son épouse, sa belle-famille et un greffier.

La brigade de gendarmerie de recherches de Dschang a entendu Johana Tsamo, la belle-mère du plaignant, le jeudi 16 juillet 2015. D’autres suspects devaient suivre pour répondre des faits de faux et usage de faux, fausse déclaration, atteinte à la filiation d’un enfant avec suppression de l’autorité parentale et immigration clandestine. Ce que reproche Denis Zemmo, commerçant et géniteur de l’enfant recherché dans une plainte formulée le 14 juillet dernier et déposée dans ladite unité de gendarmerie.

L’origine de l’affaire remonte à quelques années. En 2002, le plaignant, Denis Zemmo, dote sa fiancée, Edith Guefack Gatsi, avant de prendre le chemin de l’Europe. Précisons que plus tôt, le 5 mars 2002, Mme Guefack met au monde un enfant, le nommé Frank Arol Lemofouet Zemmo qui porte le patronyme de son père dans un acte de naissance établi le 8 mars de la même année par l’officier d’état-civil de Doumbouo dans l’arrondissement de Nkong-Ni près de Dschang. En 2004, l’époux qui s’est installé en Hollande réussit à faire voyager son épouse afin qu’elle l’y rejoigne. Sur le sol hollandais, naît une fille de cette union en plus du premier-né resté au Cameroun. Entre-temps, Mme Guefack fréquente l’université de Den Haag. Tout se passe bien jusqu’au jour où le chef de famille pense à retourner dans son pays avec sa petite famille.

C’est à ce moment que la femme oppose un refus catégorique à son conjoint : « Elle a préféré migrer pour la Belgique où j’ai dû introduire une demande de recherche auprès de la Croix-Rouge pour pouvoir la retrouver », se souvient M. Zemmo. Malgré tout, la femme ne veut pas rentrer au bercail. En 2007, l’époux décide de revenir au Cameroun pour encadrer son premier fils. Les données changent en 2012, lorsqu’étant en déplacement d’affaires en Guinée Equatoriale, Denis Zemmo apprend que son ex-épouse a rendu visite à l’enfant, tout en signalant à la nièce du plaignant, qu’elle devait accompagner le bambin au village, pour passer les vacances avec sa grand-mère. Ce n’est que plus tard, qu’il sera informé de ce que le séjour de Mme Guefack avait pour but de faire établir un second acte de naissance à l’enfant.

Les documents frauduleux sont mis à sa disposition. Le second acte de naissance de Frank Arol Lemofouet Zemmo, datant du 15 janvier 2012, ne porte plus le nom du père. Tout comme l’enfant est désormais né le 7 janvier 2002, au lieu du 5 mars 2002. Toute chose qui aurait permis à la mère d’obtenir « un faux jugement supplétif ». Des documents ayant sans doute permis à l’enfant d’avoir un visa pour la Belgique. Le père est sans nouvelle de sa progéniture qui était en class 6, au moment des faits. Quant à la mère, elle n’est plus joignable.

En réponse à une requête d’authentification d’un jugement supplétif, faite le 9 juillet 2015 par Denis Zemmo, le greffier en chef des tribunaux de Dschang, Me Kaptchouang Ngoupayou, a indiqué que « le jugement n°128/C du 3 mai 2012 dont photocopie de l’expédition jointe est un faux, car n’existant  pas dans nos registres du greffe et n’ayant pas été rendu par notre juridiction ». D’où la plainte déposée à la gendarmerie contre Edith Nguefack Gatsi (mère de l’enfant), Adèle Gatsi Tsague (belle-sœur et témoin du second acte de naissance), Johana Tsamo (belle-mère), Suzanne Bogning et Me Kamga (greffier mis en cause). Parallèlement, Denis Zemmo a saisi le pape François, en date du 14 juillet 2015, pour se plaindre de la complicité de la religieuse Adèle Gatsi Tsague, sœur aînée de Mme Nguefack, qui « est témoin du faux jugement supplétif qui a permis d’établir un doublon d’acte de naissance en supprimant le nom du père, afin d’exfiltrer l’enfant sans problème via les services de l’ambassade de Belgique», estime Denis Zemmo. La gendarmerie s’est saisie du dossier…

 

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