Un comite de liberation de Marafa, Engo, Paul Eric Kingue… Voit le jour en France

Un comite de liberation de Marafa, Engo, Paul Eric Kingue… Voit le jour en France

L’association, coiffée par d’anciens membres du comité de soutien à Michel Thierry Atangana, entend mobiliser les institutions internationales aux fins de la libération des « prisonniers politiques » au Cameroun. Le lancement officiel du Comité est prévu le 3 mai prochain. L’association basée à Paris en France a pour acronyme CL2P, entendez Comité de Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun. L’idée de fonder ledit comité date de fin mars dernier et puise son origine de la « dérive de l’institution judiciaire camerounaise qui prive de nombreux citoyens de leur liberté et les maintiennent longuement en détention pour des motifs autres que ceux du droit commun généralement avancé », explique un responsable du CL2P que nous avons joint au téléphone.

Parlant de « dérive de l’institution judiciaire camerounaise », allusion est faite à l’Opération Epervier et les « citoyens » dont il est question sont principalement Marafa Hamidou Yaya et Pierre Désiré Engo, respectivement ex-Ministre de l’administration Territoriale et ancien Directeur Général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Pour le CL2P, ces deux anciens membres du Bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ne sont autres que des « prisonniers politiques ».

Ambitions politiques

Pour le justifier, le Comité argue de ce que les ennuis judiciaires de Marafa Hamidou Yaya sont inhérents non pas à des détournements de fonds (il a été condamné à 25 ans de prison en septembre 2012 dans le cadre de l’achat d’un avion présidentiel) mais plutôt à des révélations d’un câble diplomatique par Wikileaks en 2010 selon lesquelles Marafa Hamidou Yaya est le successeur potentiel de Paul Biya : « des révélations qui ne pouvaient faire plaisir aux autres candidats présentés comme des fils adoptifs du Président (Paul Biya, ndlr) », peut-on lire dans une tribune libre envoyée pour publication à la presse française. Rappelons que Marafa Hamidou Yaya a été reconnu comme prisonnier politique dans le rapport du Département d’Etat américain rendu public en 2013.

Quant à Pierre Désiré Engo, le Comité estime qu’il a lui aussi été classé dans la catégorie des « prisonnier d’opinion » par l’Onu dont le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme a, dans un avis rendu en juillet 2009, recommandé au gouvernement camerounais la libération pour « détention arbitraire ». Pour le CL2P, l’ancien Dg de la Cnps doit ses « malheurs » (qui datent du 3 septembre 1999) à la mise sur pied de la fondation Martin Paul Samba (figure camerounaise de la résistance aux colons allemands). Il sera alors accusé, à travers cette initiative, « d’avoir fait ombrage au prince » dans la région du Sud dont est originaire Paul Biya, soutient le CL2P.

L’ancien Dg de la Cnps fait en ce moment l’objet d’un procès pour détournement de 25 milliards de F CFA devant le tribunal criminel spécial alors que, souligne le Comité, il aurait dû bénéficier de la grâce présidentielle en février dernier, pour avoir déjà passé près de 15 ans en taule.

Enoh Meyomesse, Paul Eric Kingue…concernés

Le Comité dit ne pas vouloir se limiter à ces deux ex-barons du régime camerounais. Il entend étendre ses actions de soutien à d’autres « prisonniers politiques » tels qu’Enoh Meyomesse, Paul Eric Kingue : « Il va sans dire que tous les autres cas de détention arbitraire qui nous seront signalés, y compris sans être des hommes politiques, feront aussi l’objet d’une campagne de médiatisation de notre part », confie une source proche du CL2P. S’agissant des actions du Comité, ladite source annonce que « les partenaires étrangers du Cameroun seront aussi en permanence sollicités, voire « harcelés », notamment les principaux partenaires bilatéraux (France, Allemagne, USA, Canada…) et multilatéraux (ONU, UA…); plus les institutions internes aux organisations multilatérales (le parlement européen, le comité des droits de l’Homme de l’ONU, et le secrétariat général de cette organisation) »

Le Comité de libération des prisonniers politiques du Cameroun aurait déjà touché un mot de leur raison d’être au président français François Hollande tout comme il aurait déjà rallié certains hommes politiques français à sa cause, dont la Député européenne, Eva Joly, des militants du Parti Socialiste de la section du 11e arrondissement de Paris dont Patrick Bloche par ailleurs maire sortant du 11e, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire chargé des relations internationales du PS, Joëlle Morelle du parti des Verts. D’après un responsable du CL2P, une audience avec le ministre des Affaire Etrangères, Laurent Fabius est prévu dans les prochains jours.

Dirigé par le Camerounais René Dassié, ancien journaliste de Le Messager et membre du comité de soutien à Michel Thierry Atangana, le CL2P comprend à ce jour 3 français, un gabonais, et un sénégalais, « nous souhaitons ouvrir le comité à toutes les personnes de bonne volonté…indépendamment de leur nationalité ou de leur condition socio-économique ». Le Comité va tenir une conférence de presse de lancement officielle le samedi 3 mai prochain au lieu dit « La Petite Rokette », dans le 11e arrondissement de Paris.

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