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Trouvez le chemin de la méditation et de la révolte : Le Cameroun est une poubelle infectée de cancrelats qui n’ont à leur bouche que compromissions et rentes.

Trouvez le chemin de la méditation et de la révolte : Le Cameroun est une poubelle infectée de cancrelats qui n’ont à leur bouche que compromissions et rentes.

Mon séjour transformant dans le septentrion du septentrion de mon pays, ne semble laisser personne indifférent. La petite réflexion menée sur la rentrée scolaire dans le Domayo par un Dogamayo (homme du Sud) a inspiré plus d’un journal et aliéné plus d’un journaliste, les photos de Dania Ebongué de la petite école de Ngoumlaye à une heure trente de route de Maroua la capitale de l’Extrême Nord du Cameroun dans l’arrondissement de Moulvoudaye, département du Mayo Kani, ont été regardées sur Facebook par plus de 500 000 internautes dans divers continents.

Je ne dois donc pas désespérer de l’homme au final malgré mon expérience de plus en plus décevante avec les acteurs politiques et sociaux de mon pays. Les hommes et les femmes de médias sont encore récupérables, il faut juste leur inculquer l’amour du travail, les éloigner de la « volonté de puissance » et de la recherche effrénée de l’argent facile ou compliquée, la valeur suprême étant simplement immatérielle.

Il y a des maîtres dans notre pays, il faut accepter de se mettre à leur école, le sociologue Jean-Marc Ela nous a légué la plume et la pioche, les étudiants en sciences sociales dans notre pays, devraient s’en inspirer, car c’est là que réside les clés du développement de notre pays et l’épanouissement de sa population. Jacques Attali, Antony Giddens, Jeremy Rifkin sociologue et économiste américain, je les ai en modèle pour un développement durable de notre pays. Dans notre façon d’agir tant sur le plan personnel que dans notre action publique, il nous faut changer radicalement de point de vue, nous devons renverser la table.

Dans ce monde de fureur et d’illusion, bien des gens traversent leur vie sans se poser la seule question qui vaille : « Qu’ai-je fait du bref temps qui m’est accordé sur cette planète? » Bien des gens se contentent de survivre selon des modèles imposés par les autres, oubliant qu’ils sont uniques ; bien des entreprises disparaissent parce qu’elles ne cherchent pas à être uniques ; bien des nations déclinent parce qu’elles ne font rien pour libérer la créativité de leurs habitants. Notre pays est de ces nations-là. L’audace, la créativité, le souffle de vie sont tellement comprimées qu’on se laisse mourir.

Très concrètement, la puissance d’un pays, l’emploi et le bien-être de ses habitants ne dépendent pas d’une rigueur ou d’une relance, d’une compétitivité ou d’une politique économique, mais de la capacité de cette nation à faire surgir et à accueillir sur son sol le plus grand nombre possible de gens décidés à créer, innover, à ne pas suivre des modèles hérités ou imposés. C’est cela qu’on nomme l’audace, c’est un brin de folie et de génie mis ensemble. Il faut pour cela que les gouvernants créent des conditions nécessaires d’accueil et d’insertion des acteurs sociaux et économiques et non laisser l’espace public au grand bruit aliénant des musiques sataniques sous le couvert du religieux car là, oui la religion devient l’opium du peuple.

J’ai lu un article de Florette Manedong paru dans le quotidien Le Messager du 02 octobre 2014 qui traite du « calvaire des personnes âgées au Cameroun ». Cet article a déclenché en moi un grand éclat de rire, suivi d’une grande indignation. Car pour fêter la journée des personnes âgées, le journal Le Jour m’avait posé trois questions dont les réponses je suis certains n’allaient pas dans le sens souhaité. Au final l’on découvre que la population camerounaise ne compte que 5,5% de personnes âgées, mais qui ne s’indignerait pas en découvrant que 5,5% de personnes inactives ou supposées telles, contrôlent 90% de la richesse d’un pays, occupent 95% des postes politiques et sont 62% dans l’administration ? On devrait se poser la question de savoir où se trouvent les 94,5% de la population ? Que fait cette tranche de la population ?

Une vue de l’école publique de Ouro-Djao
Ecole publique de Ouro Djao:Camer.be

Il est important de retenir au moins une chose : « devenir soi », échapper aux routines, ne suppose pas une aisance matérielle préalable. C’est tout le contraire. Mon expérience dans le monde que je parcours depuis bientôt 25 ans m’a permis de constater que c’est dans l’adversité qu’on découvre l’urgence de se trouver, et d’agir. Dans la vie personnelle, cela suppose de suivre un chemin très particulier que j’ai mis longtemps à trouver. Mais je l’ai trouvé. Elle suppose la prise de conscience de la brièveté de la vie, de sa précarité, de découvrir que chacun, soi-même et tous les autres, a des dons particuliers qu’il doit découvrir. Cela suppose aussi, dans la Nation, d’aider chacun à faire valoir sa créativité. Une Nation qui ne le fait pas ne peut espérer garder rentabiliser l’ensemble de ses citoyens, qui ne sont bientôt plus que des mercenaires déloyaux. Notre pays a de nombreux talents qu’il faut libérer, pour qu’ils se mettent en marche, en mouvement. La Nation camerounaise compte aujourd’hui de nombreux mercenaires déloyaux et ceci jusqu’aux endroits les plus insoupçonnés.

Pour un pays comme le Cameroun, il y a urgence de repenser en priorité l’éducation maternelle et primaire, la formation des parents et des maîtres, l’orientation professionnelle, la formation permanente. Il faut changer les méthodes d’apprentissage, la façon d’étudier et même de concevoir l’école et l’éducation qui sont deux choses différentes. Au Cameroun, nous en sommes particulièrement empêchés. Par tous ceux qui prétendent, de l’école aux partis politiques, imposer des façons de penser et qui transforment des hommes libres par nature en des êtres résignés à ne pas se trouver, réclamant des miettes d’une abondance imaginaire. Le Cameroun est une poubelle infectée de cancrelats qui n’ont à leur bouche que compromissions et rentes.

Je vous invite à suivre le chemin d’éveil, du « devenir soi », de penser à votre vie comme un projet de long terme. Cela suppose une prise de conscience, un rituel, un protocole, fait de méditation et de révolte, de silence et de partage. Rien n’est plus exaltant.

 

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