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Tronçon Nkolbisson-Leboudi : des accidents mortels s’enchainent

Tronçon Nkolbisson-Leboudi : des accidents mortels s’enchainent

Pas un seul jour sans que l’on enregistre un accident sur cet axe routier.

La route qui va du carrefour Nkolbisson à Leboudi est longue d’environ trois kilomètres. Elle est située dans l’arrondissement de Yaoundé 7. Elle rentre inexorablement dans la liste noire des routes les plus meurtrières de Yaoundé. Pas un seul jour sans que l’on enregistre un accident avec souvent mort d’homme. Hier par exemple au petit matin, Alphonse a été percuté par une de ces folles voitures. La quarantaine bien sonnée, il est actuellement hospitalisé. Son cas est jugé inquiétant par ses proches. Selon les témoignages, il prenait  un verredans un bar au lieu-dit Dagobert.

L’envie d’uriner le prend. Il refuse d’aller aux toilettes prévues à cet effet, préférant aller se soulager de l’autre côté de la route. « Alphonse a grandi en Europe. Il ne fait pas confiance aux toilettes publiques qu’il juge peu hygiéniques. Il préfère se soulager à l’air libre. Il voulait traverser la route et une voiture qui venait de Nkolbisson à vive allure l’a percuté. Il est inconscient depuis lors », témoigne un de ses amis, habitant du quartier. Il y a trois jours, c’est une dame qui a été tuée au carrefour Onana. Elle aussi tentait de traverser la route lorsqu’elle a été renversée. Elle est décédée sur le champ. « Mon voisin s’est fait casser le pied sur cette route », raconte Aliou, un habitant de Caramba. Vendredi dernier, ce sont deux jeunes gens qui ont été tués toujours sur la même route. « Ils étaient sur une moto. Ils roulaient à vive allure. Au niveau de Dagobert, ils ont croisé une petite voiture qui venait en face et qui tentait de faire un dépassement. Les deux jeunes gens sont morts. La moto complétement détruite », explique un riverain.

Hier en matinée, la circulation était dense sur cet axe. A chaque 50 m, une file d’attente. Les passagers attendent ce qu’ils appellent «Opep », sorte de voitures qui ont la particularité de surcharger et qui ne sont pas reconnues comme des taxis de ville. Ces voitures sont de toutes les couleurs. Quatre personnes derrière et deux devant. Le terminus, c’est le marché Mokolo. Le trajet coûte 250 F.Cfa. Les plus pressés peuvent emprunter des motos. Mais elles s’arrêtent au carrefour Nkolbisson. Au-delà de la densité du trafic et de l’étroitesse de la route, comment comprendre la recrudescence de ces accidents ? Interrogés, les riverains croient savoir que « la route est bonne. Il n’y pas assez de nids de poule. Elle est aussi droite sur une longue distance. Ainsi les chauffeurs qui n’ont jamais la possibilité d’ouvrir leur moteur tentent de le faire. Or, sur cet axe, les gens sortent du quartier à tout bout de champ», analyse Alain.

Pour les rares taxis qui vont dans ce quartier, les coupables ce sont les conducteurs d’ « Opep ». « Ils ne respectent rien et courent après l’argent. Vous savez que plus vous faites de tours entre Mokolo et Leboudi, plus votre recette est consistante. Dans cette course, ils filent sans prêter attention à quoi que ce soit. Et ce tronçon est favorable à une telle folie. Elle n’est pas embouteillée, elle est plus ou moins large et peu dégradée », explique notre source. « Le problème relativise un chauffeur de ces cargos, ce sont ceux qui partent chercher les Bayam Sellam dans la Lekié. Ils ont des voitures hyper chargées. Ils ont la pression de ces femmes qui veulent arriver rapidement au marché. Ils ne s’arrêtent nulle part. Or, un Opep normal cherche les clients, donc ne va pas vite». Quel que soit la cause, le bilan est lourd. Et il continue de s’alourdir.

 

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