Trois ministres face aux sénateurs

Sécurité routière, Camair-co, entretien routier et Université de Maroua au menu de questions orales.

 

Trois membres du gouvernement étaient face aux sénateurs hier après-midi au palais des Congrès. Mefiro Oumarou, ministre délégué auprès du ministre des Transport a répondu à deux sénateurs.

Au sujet de la circulation sur les futures autoroutes

D’abord au sénateur Peter Mafany Musonge, qui voulait connaître les mesures que le gouvernement prend pour s’assurer que les autoroutes Yaoundé-Douala et Yaoundé-Nsimalen (en cours de construction) ne deviendront pas mortifères pour les usagers, lorsqu’elles seront opérationnelles, en raison de l’excès de vitesse, du mauvais état des véhicules du parc automobile national et de l’indiscipline des conducteurs. Tout en rappelant au sénateur ce propos du président Paul Biya, « le véhicule doit demeurer un instrument de liberté et non un instrument de la mort », Mefiro Oumarou a présenté les mesures relatives à la maîtrise de la vitesse sur nos routes, les mesures relatives à l’amélioration de l’état technique des véhicules et les mesures relatives à la formation et à la discipline des conducteurs.

A propos de Camair-Co

Interpellé par le sénateur Pierre Flambeau Ngayap au sujet de la « situation préoccupante de la compagnie aérienne nationale dont la rentabilité est sujette à caution malgré les perfusions financières régulières de l’Etat », le ministre délégué auprès du ministre des Transports a d’emblée reconnu que « la concurrence est très rude dans le secteur du transport aérien ». Ainsi, après avoir stabilisé le problème managérial, le Premier ministre a ordonné une restructuration de Camair-Co. « Elle passe par la création d’une compagnie selon les normes internationales, l’accompagnement d’un partenaire stratégique, l’amélioration du taux de remplissage et de la qualité de service et l’entrée dans une alliance », a souligné Mefiro Oumarou. Les 25 milliards de F obtenus cette semaine vont permettre à Camair-co d’aller dans cette direction. « Les deux avions MA60 acquis en Chine sont très performants. Leur certification est en cours et Camair-co va se doter de deux autres aéronefs », conclut le ministre Mefiro Oumarou.

Sur la pérennisation du réseau routier

Le sénateur Peter Mafany Musonge est revenu à la charge, en interpellant, cette-fois, le ministre des Travaux publics (Mintp), au sujet des risques de mauvaise utilisation des routes bitumées dont l’Etat s’efforce de doter le territoire. Patrice Amba Salla, Mintp, a rassuré Peter Mafany Musonge, sur les dispositions prises par le gouvernement pour garantir l’état des infrastructures routières. Cela passe par l’entretien préventif et curatif et la surveillance permanente du réseau. Cette dernière devrait consister à s’assurer que « la chaussée, les glissières de sécurité, les zones de déblais et de remblais, les caniveaux et accotements ne subissent pas les assauts du vandalisme des populations ». Pour que cette surveillance produise le résultat espéré, le Mintp préconise de la rétrocéder aux collectivités territoriales décentralisées afin que « leur pouvoir d’émettre les permis de bâtir et d’occupation des sols permettent que soit mis un terme aux invasions et autres agressions notées dans les entrées des villes et leurs traversées ».

Sur les craintes de délocalisation de certains établissements de l’université de Maroua

La dernière question orale a été posée par le sénateur Dakolé Daïssala qui s’inquiète de la probable délocalisation de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Maroua pour le département du Mayo Sava. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, a rappelé que l’Université de Maroua est constituée de sept établissements, « tous fonctionnels ». Six établissements sur sept sont basés à Maroua, et il n’y a que l’Institut des mines et des industries pétrolières qui est délocalisée à Kaélé dans le département du Mayo-Kani. Et un seul département (climatologie, hydrologie, pédologie) sur dix que compte l’Institut supérieur du Sahel est logé à Kousseri « à cause de la proximité géographique avec la commission du Bassin du lac Tchad dont le siège est à N’Djamena. Mais au demeurant, la délocalisation est une réalité dans nos universités a rappelé le Pr. Jacques Fame Ndongo. L’IUT-bois de l’université de Yaoundé 1 est à Mbalmayo dans le Nyong et So’o. L’IFORD, l’IRIC et l’ESSTIC, des établissements de l’université de Yaoundé II-Soa dont le siège est dans le département de la Mefou-et-Afamba sont respectivement délocalisés au Centre administratif de Yaoundé, à Obili et à Ngoa-Ekellé dans le Mfoundi. L’Institut des sciences halieutiques de Yabassi dans le Nkam dépend de l’université de Douala dans le Wouri. Il a rassuré le sénateur Dakolé Daïssala que la « FSJP est à Maroua ».