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Tribunal Militaire de Yaoundé: Trois gendarmes poursuivis pour meurtre risquent la prison à vie

Tribunal Militaire de Yaoundé: Trois gendarmes poursuivis pour meurtre risquent la prison à vie

Ils comparaissent au sujet de François Etoundi, décédé à la brigade de Nkolbisson à Yaoundé alors qu’il était en garde à vue. Les faits remontent en 2013.

Trois gendarmes doivent répondre des faits de meurtre et de complicité de meurtre au Tribunal Militaire de Yaoundé. Lesdits faits remontent à l’année 2013. Le 5 octobre dernier, rapporte le quotidien Le Jour édition du 7 octobre 2016, leur culpabilité a été démontrée au Tribunal. La victime est un commerçant, le dénommé François Etoundi, décédé dans la nuit du 18 au 19 août 2013 alors qu’il était en garde à vue à la brigade de Nkolbisson à Yaoundé Région du Centre.

Le rapport d’autopsie demandé pour voir plus clair dans le décès du quinquagénaire, par le Tribunal Militaire qui est en charge de cette affaire, révèle une «mort violente par traumatisme crânien». C’est en s’appuyant sur ce document que le Commissaire du Gouvernement a indiqué la culpabilité de trois gendarmes en service dans cette unité la nuit du drame. «Seul le gendarme major Alain Selma Selma était devant le box des accusés. Ses deux autres collègues l’adjudant Ousmanou et un certain André Génère étaient absents», raconte le quotidien.

Le Ministère public a fait remarquer au Tribunal que ces deux accusés ne se sont jamais présentés devant la barre depuis l’ouverture du procès. «Le Tribunal doit également constater l’absence des deux accusés devant la barre avant de tirer toutes les conséquences. François Etoundi a été interpellé et conduit à la brigade. Il ne présentait aucun signe de maladie pendant son interpellation. Il meurt quelques heures après, cela veut dire qu’il a subi des violences physiques comme le rapport du spécialiste l’indique», a déclaré à l’audience le Commissaire du Gouvernement.

Le gendarme major Alain Selma Selma appelé pour se défendre a indiqué que cette affaire a débuté par une bagarre le 18 février 2013 au marché Oyomabang. La victime s’empoignait avec un certain Cédric Simo. «Le premier était propriétaire de boutiques à Oyomabang, le second avait l’habitude d’installer sa marchandise devant les boutiques de la victime», écrit le journal. C’est donc l’occupation de cet espace qui est à l’origine du conflit. Le gendarme fait donc savoir que Cédric Simo a fait appel à son papa un chef de bataillon à la retraite. Celui-ci à son tour va faire appel à la brigade de Nkolbisson qui va arriver sur les lieux pour récupérer les deux protagonistes.

«Nous les avons mis dans un taxi et nous sommes allés les auditionner à la brigade… Nous avons placé François Etoundi en garde à vue vers 18 heures. A 13 heures, mon collègue m’informe que le gardé à vue faisait un malaise, j’ai informé le chef de l’unité qui m’a demandé que le malade soit conduit aux urgences de l’hôpital central», raconte-t-il.

Seulement, quinze minutes après leur arrivée à l’hôpital, la victime est passée de vie à trépas. Pour le Commissaire du Gouvernement ces gendarmes doivent être punis par l’article 275 du Code pénal. Celui-ci stipule qu’«est puni de l’emprisonnement à vie celui qui cause la mort d’autrui».

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