Transport en commun: la Stecy au petit trot à Yaoundé

Sur les six lignes annoncées au départ par la Société de transport et d’équipements collectifs (Stecy), une seule est actuellement en service

 

Annoncé en grande pompe il y a quelques mois, et passé la période test grandeur nature d’essai gratuit de transport des passagers, la Stecy a véritablement commencé il y a dix jours, soit le 24 mars dernier très exactement. Et pour cette opération de démarrage, une seule ligne pour le moment (Ngoa-Ekellé–Soa), est opérationnelle. Les cinq autres, Hilton-Nsimalen, école publique de Messa-Nkozoa, Minpostel-Mendong, Poste centrale-Béatitudes, poste centrale-Oyom-Abang seront mises en place de manière progressive. Première ligne donc en fonction, la ligne Soa-Ngoa Ekellé donne déjà le ton du transport urbain de la ville de Yaoundé dans les prochains mois.
Dans les bus en circulation encore flambants neufs, la propreté est de mise. Les chauffeurs en couleurs vert-jaune fluo et cravate, laissent apprécier leur conduite tout en prudence et responsabilité. Les hôtesses, elles, renseignent, assistent, répondent et dirigent avec pour maître-mot, la courtoisie.  Dans l’allée centrale du bus, un écran télé passe un programme. Des haut-parleurs dissimulés ici et là, font écouter de la musique. Les usagers, eux, apprécient et savourent ces premiers instants. Affalés sur leur siège, ils profitent pleinement du confort, de l’espace et de la climatisation. Normal, surtout que l’affluence n’est pas encore celle des grands jours. L’information n’a visiblement pas été la chose la mieux partagée.
Et pour accéder à l’intérieur des bus, la procédure mise en place prescrit de s’abonner. 1 000 francs minimum et 2 000 francs pour les Vip. Ce qui donne droit à une carte magnétique rechargeable. Et une fois dans le bus, vous passez votre carte au validateur qui débite votre compte selon le trajet à effectuer. Un coût qui ne va pas au-delà de 200 francs. Plus question donc d’espèces sonnantes et trébuchantes. Une innovation bien accueillie par les passagers. Sauf qu’entre le moment de l’abonnement et celui de rentrer en possession de votre carte, il faut attendre dix jours. « Un détail si c’est pour une qualité de service qu’on espère bonne », estime un usager. Ce qui ne manque pas de soulever quelques hypothèques qui feront ou pas le succès de la Stecy : l’entretien des bus à moyen et long terme, l’entretien des validateurs et autres commodités à l’intérieur des bus et surtout, le comportement des passagers. Eux qui sont plus prompts à pointer du doigt les errements de la Stecy qu’à voir les leurs. Du côté de la direction de la Stecy, tout sera fait pour maintenir la qualité du service.