Transport de matières premières: Les camionneurs obtiennent une première victoire avec la suppression de 09 barrières de contrôle sur 12

Trois semaines de grèves ont finalement donné raison aux syndicats des transporteurs de produits de construction que sont le sable, le gravier et la pouzzolane, qui ont réussi l’exploit de ralentir voir de paralyser de nombreux chantiers et emplois en refusant de continuer à le transport de ces produits, plombé par 12 contrôles qui coûtait la somme de 30 000 FCFA par voyage à chacun des 500 camions faisant des navettes au quotidien sur l’axe Yaoundé-Ebebda-Yaoundé.

La décision de supprimer 09 des 12 points de contrôles existant entre Yaoundé et Ebebda (85 kilomètres seulement), est l’une des résolutions prises au sortir de la réunion de concertation tenue le lundi 1er juin 2015 dans les services du gouverneur de la région du centre, entre le patron de la région Joseph Otto Wilson et les transporteurs de sable, gravier et pouzzolane représentés par leurs syndicats.

A cause de cette profusion de contrôles sur seulement 85 kilomètres, les transporteurs de matériaux de construction qui devaient chacun «cotiser» la somme de 30 000 FCFA par jour en moyenne sur l’ensemble des points de contrôle et ceci pour chaque voyage, étaient entrés en grève illimitée jusqu’à ce qu’une décision définitive soit prise pour remettre de l’ordre dans cette activité. La raquette opérée par les policiers, gendarmes, personnels de la mairie, prévention routière, poste de pesage, etc contribuait à augmenter de manière significative le coût final du produit dans la poche du consommateur.

Depuis quelques jours, la plupart des marchés dits «de sable» éparpillés dans la ville de Yaoundé, comme à Etoudi ou encore à Olembé ont repris du service, quoique le sable demeure cher (185 000 FCFA le camion de 40 tonnes), contre le gravier, vendu désormais à 10 000 FCFA à cause de l’entrée en jeu des chinois dont les carrières sont en surproduction du fait des innombrables marchés qu’ils gagnent dans la république. Mais la cherté du sable est beaucoup plus due au fait que tous les camionneurs n’ont véritablement pas repris du service, après une période de grève de trois semaines.

L’ordre règne à nouveau

Quoiqu’il en soit, le business reprend et les chantiers reprennent également vie, idem pour les acteurs de l’activité d’exploitation des matériaux de construction comme les creuseurs de sable, les transporteurs, les revendeurs, les porteurs, qui peuvent enfin reprendre le chemin du fleuve Sanaga, des carrières ou des rivières et fleuves du département du Mfoundi ou de la région du centre.

Du côté des syndicalistes, on savoure la victoire obtenue durement auprès des autorités à travers la suppression de neuf des 12 points de contrôles qui faisaient perdre de l’argent aux camionneurs en règle ou non, mais surtout au consommateur final. Les trois points de contrôles désormais officiellement retenus sont constitués de deux postes de contrôles mixtes comprenant les éléments des forces de l’ordre, plus une barrière pour la prévention routière.

Le gouverneur a également exigé des responsables des impôts présents à la rencontre d’harmoniser la situation des impôts doublement payés par les camionneurs à Yaoundé et dans le département de la Lékié, ainsi que l’a fait remarquer le président du syndicat.

“Le département ne reconnaissait pas la taxe qu’on payait au Centre-ville”, indique le président du syndicat. A ce sujet, le gouverneur a demandé aux responsables des impôts, présents à cette rencontre d’harmoniser le paiement des impôts, et aux camionneurs d’arrêter les surcharges effectuées à bord des camions parce que celles-ci concourent à la dégradation du patrimoine routier. Interdiction leur a également été faite de ne plus circuler sur les routes dès 21h.

Il ne reste plus qu’à espérer, pour le bien du secteur du BTP et de l’économie, que ces mesures salutaires soient respectées par toutes les parties présentes à la réunion avec le patron de la région du centre, Joseph Otto Wilson.