Traite négrière au Cameroun: Bimbia pour la mémoire

Un symposium prévu du 20 au 22 juin à Yaoundé, va rassembler plusieurs acteurs du secteur culturel

Un flashback dans les couloirs de l’histoire. Le Cameroun a sa part dans la traite négrière et le petit village de Bimbia, situé dans la région du Sud-Ouest, au sud-est de Limbé, arrondissement de Limbe III, département du Fako, porte les traces de ce passé douloureux. Un symposium pour se souvenir de cette page de la mémoire du Cameroun se tiendra du 20 au 22 juin prochain au Musée National à Yaoundé. « Bimbia, lieu d’esclavage, Mémoire de l’Humanité », thème de cette rencontre internationale, va être décortiqué à travers quatre ateliers : « Traite négrière au Cameroun et ses connexions transatlantique et transsaharienne », « Perspectives en termes de valorisation : comment aménager les sites de mémoire », « Bimbia, la vérité historique : état actuel des connaissances » et « Diasporas américaines et caribéennes : quelle coopération ? ».
Des chercheurs, des universitaires, des promoteurs de tourisme culturel, entre autres spécialistes des questions liées aux sites mémoriels et à l’esclavage se réuniront autour de ces sujets. Les objectifs de ces assises organisées par le ministère des Arts et de la Culture (MINAC) ont été clairement définis. Cette rencontre scientifique veut rétablir le contexte historique et patrimonial des ruines de Bimbia. Durant les échanges, les participants se pencheront sur nombre d’interrogations en rapport avec l’identité des constructeurs de ces édifices, leur usage, la destination des esclaves vendus après leur départ du site, la place de Bimbia dans le commerce triangulaire. Les causes de la disparition de Bimbia des cartes et de l’histoire, le désintérêt affiché par les chercheurs pour cet édifice ou encore les décombres retrouvés sur les lieux, seront au centre des préoccupations.
Tout ceci pour reconstituer la vérité sur cet emplacement historique, mais aussi en finir avec ces non-dits concernant la pratique de l’esclavage au Cameroun. Ce sera également l’occasion de toucher aux traumatismes et conséquences issus de cette époque, réfléchir à une méthode de promotion sous-régionale de promotion du site de Bimbia, mettre en place les bases d’un projet intégré de développement durable avec les dimensions sociale, culturelle, mémorielle, économique et environnementale, etc. Un colloque majeur pour la constitution du dossier de proposition du site sur la liste du patrimoine mondial UNESCO. En prélude à cet événement, une exposition sur Bimbia du 7 au 13 juin, s’est déroulée à l’Ambassade du Cameroun à Paris.