Traditions & Légendes : A la découverte de l’Obom, un tissu à base de fibres d’écorces

Un tissu ancestral. L’Obom est un tissu traditionnel obtenu à base d’écorces d’arbre qui servait de cache-sexe, que l’on attachait au niveau des reins, et qui protégeait l’entre-jambes. Les pygmées étaient les premiers à l’utiliser. Chez les Fang- Beti, cette écorce  est extraite  d’un arbre qu’on appelle « Aloa », mais ce nom diffère en fonction des tribus Beti. C’est un arbre  qu’on rencontre en zone équatoriale plus précisément  dans les régions  du centre et du Sud du Cameroun.

Chez les Bulu de Nkolandom par exemple, l’arbre sur lequel est extrait les fibres d’écorces qui donne l’Obom est appelé « Andom », qui veut dire élégance. L’histoire raconte que l’Obom permettait à toute personne qui le portait de briller par son élégance, après s’être oint le corps avec la poudre du bois rouge(Padouk) mélangée à l’huile de palme, avec quelques ornements sur la peau et des parures (Colliers, Ceinture, Bracelets, et autres etc…)

Dans le Mbam plus précisément chez les Bafia, l’arbre avec lequel on obtient l’Obom s’appelle « Nloi », il se raconte que pendant les guerres tribales, les Bafia fuyant les foulbé ont trouvé refuge chez les Eton, et c’est de là qu’ils ont appris la fabrication de  l’Obom,  auprès des Eton, qui étaient des maîtres dans l’art. Ce qui a poussé certains peuples Bantou à venir apprendre cette nouvelle technique de se vêtir chez les Eton.

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L’obtention de l’Obom reste toujours artisanale. L’écorce extraite de l’arbre a une épaisseur de  1 ou 2 millimètre, qu’on met sous vapeur, puis on le ramollit en tapant dessus avec un morceau de bois approprié, jusqu’à ce qu’il soit lisse, puis on l’étend au soleil pour attendre le résultat final. Mais avec l’évolution technologique, il est possible aujourd’hui de le laver comme un tissu à part entière.

L’usage de l’Obom est réservé pour des moments particuliers. Seules les personnes investies d’une autorité traditionnelle peuvent le mettre sur le corps, comme les chefs traditionnels ou les notables dans la tradition Beti.  Aujourd’hui, les stylistes ou encore les peintres ont sorti ce tissu du cadre traditionnel, en imaginant tout genre de modèle ou encore de tableau en l’associant à d’autres matières. Sa résistance au temps, fait en sorte qu’il soit un tissu très prisé dans l’univers de la mode. De ce fait, son prix d’achat est toujours élevé parce qu’il est encore obtenu de manière artisanale et à quantité réduite.