camernews-Vincent-Fouda

Traditionnel message du 1er mai du Président du M.C.P.S.D au peuple des travailleurs du CAMEROUN – le 1er mai 2014

Traditionnel message du 1er mai du Président du M.C.P.S.D au peuple des travailleurs du CAMEROUN – le 1er mai 2014

« Faisons du 1er mai la Fête des Patriotes et du Patriotisme pour retrouver ensemble notre fierté et avancer ensemble vers la construction d’un bien être citoyen parce que collectif et éclairé. »

Chers compatriotes, Camerounaises, Camerounais des villes comme des campagnes, le 1er mai 2014 m’offre l’occasion de m’adresser à vous comme j’ai pris l’habitude de le faire depuis six ans. Cette année, je voudrais tracer avec vous des repères pour agir efficacement dans la construction du bien-être des uns et des autres tout en souhaitant au peuple des travailleurs, une bonne fête.

Face à un gouvernement qui par des promesses non tenues reprend à son compte les quatre vers d’un célèbre poème d’Apollinaire :
« O mes promesses abandonnées
Comme une guirlande fanée
Voici que s’en vient la saison
Des regrets et de la raison. »

Il est évident que le Cameroun n’est pas devenu un vaste chantier depuis le 1er janvier 2012, avec des engins de construction de tous genres, que la reprise de l’emploi promise dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi n’est qu’une illusion bien que le gouvernement en ait fait sa véritable bible de gouvernance.
Les déficits publics s’aggravent et le Cameroun s’enfonce dans la spirale de l’austérité, de la récession, la misère est grandissante. Les images de cette misère blessent notre regard au quotidien dans nos rues, tant dans nos villes que dans nos campagnes. Le nombre de familles jetées à la rue est en croissance permanente et le pire est que nous avons l’impression qu’il n’y a plus guère d’espoir de renverser cette courbe de misère.

Le peu de souveraineté qui nous restait est cédé tous les jours aux grandes entreprises à capitaux étrangers alors que les Camerounais ont chaque jour le sentiment de passer après le capital importé.
Redonner espoir aux nouvelles générations? Quelle blague à l’heure où le chômage augmente en continu, où le panier de la ménagère est de plus en plus vide!

J’étais enfant dans ce pays dans les années 80, nous avions atteint l’autosuffisance alimentaire, les étudiants avaient dans les cités de quoi se nourrir et les restes des restaurants universitaires pour ne prendre que cet unique exemple pouvaient nourrir les familles les plus modestes de la cité…

Chers travailleurs, pourquoi notre pays tend-il à ne pas trouver le chemin de la croissance et de la prospérité? Comment expliquer que le peu d’entre vous qui a un emploi ait tant de difficultés à joindre les deux bouts?

Quel est aujourd’hui le bien-fondé de vos syndicats si ceux-ci face au patronat arrivent toujours mains vides? Sans propositions! Que valent aujourd’hui vos syndicats s’ils perdent la capacité de négociation qui hier a fait la force du syndicalisme camerounais au point de faire naître au cœur de ce regroupement de travailleurs le premier mouvement nationaliste de notre pays?

Il n’y a pas de syndicalisme qui tienne sans l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs,
Il n’y a pas de syndicalisme qui tienne quand celui-ci est une succursale vassalisée du patronat,
Il n’y a pas de syndicalisme qui tienne quand les délégués élus par vous se font complices de ceux avec qui ils doivent négocier pour améliorer vos conditions de vie.
Négocier c’est être soi-même une force de proposition! Comment proposer si le temps qui nous est accordé pour travailler pour le syndicat est utilisé pour se faire copain avec le patronat?
Chers compatriotes, dans mon message du 1er mai 2011, je nous invitais à ne pas perdre la maîtrise de notre destin en nous absentant des lieux de décision de notre avenir commun.
En 2011, beaucoup d’entre vous m’écrivaient alors au quotidien en me disant : « Délivrez-nous de l’asservissement, brisez les chaînes qui nous tiennent prisonniers ». J’aurais aimé que cette demande fût commune, que nous parlions au nous, car c’est collectivement que nous devons nous engager aujourd’hui! Oui, ouvriers, vendeurs à la sauvette, bayamsellam, fonctionnaires, chômeurs, agriculteurs, artisans, commerçants mettons-nous debout! Oui, mon message de 2011 était un appel à jouer collectif.

Chers compatriotes, en 2013, je vous ai montré que rien ne s’obtient sans un minimum d’organisation, sans une réelle action et sans construction d’un rapport de force. Le 1er mai est le jour où les travailleurs disent : « Sans nous, pas de richesse. » C’est une réponse à l’idéologie qui décrit les patrons comme une sorte d’« élite éclairée », d’où émane toute richesse.
Les changements sociaux et politiques les plus radicaux ont été mis en place sous la pression d’une opinion publique exprimée avec véhémence, et non en premier lieu par le biais des élections et du Parlement!

Pouvons-nous dire qu’entre 2011et 2014 les choses ont changé dans le sens de l’amélioration de nos conditions de vie?
Le 1er mai 2014 est la grande foire de l’illusion. Voilà pourquoi je vous invite dès à présent à rebaptiser cette journée du 1er mai en JOURNEE DES PATRIOTES ET DU PATRIOTISME!
Nous ne pouvons pas fêter le travail avec autant de chômeurs!
Nous ne pouvons pas fêter le travail quand nos sociétés de souveraineté sont cédées à ceux qui nous dépouillent de notre fierté d’être Camerounais à moins que nous ayons oublié ce que c’est qu’ETRE CAMEROUNAIS!

Je vous invite à des contres-défilés dans l’ensemble du pays, pour reconquérir notre pays, notre dignité, notre fierté d’être Camerounais afin d’armer notre esprit et notre corps au travail à pouvoir s’en sortir par la force de nos bras et de notre intelligence.
Chers compatriotes, que pouvons-nous accomplir si nous n’avons plus de repères? Que devient le Cameroun s’il n’a plus de repères? Comment le Cameroun et le peuple camerounais pourraient-ils se former et se forger en un temps et en un lieu où toutes les opinions nous dévalorisent, où tout le monde se combat et joue à qui trompera le plus le pauvre que nous sommes devenus par la force et la volonté de nos gouvernants?
Chers Patriotes, la fête du Travail telle qu’elle nous est offerte aujourd’hui est la célébration de notre chômage et de notre agonie. Cette célébration a ses lois, ses relations économiques, sa culture et bien évidemment ces attributs ne sont pas ceux des travailleurs du Cameroun.

Aujourd’hui, il y a une opportunité historique unique pour nous peuple du Cameroun, celle de construire une magnifique société libre, égale et prospère enracinée dans le patriotisme économique, que le monde puisse voir et observer. Ceci n’est possible que si nous retrouvons notre fierté, si le patriotisme nous habite tous. Le futur de ce pays dépend de notre intervention dans les événements actuels.

Chers Patriotes dans les villes, dans les campagnes, le changement c’est maintenant, construisons-le pour améliorer notre quotidien, celui de nos populations. Prenons conscience que sur 10 Camerounais un seul a un emploi. Ne demandons plus, agissons pour construire des établissements scolaires pour nos enfants, créons des emplois vrais – et non dans les statistiques – qui permettent à nos familles de vivre décemment, construisons des hôpitaux, stabilisons notre jeunesse et nos populations rurales!

Oui chers Patriotes, avec notre force de production construisons un avenir pour notre pays, pas seulement pour une infime minorité, mais pour nous qui travaillons et nourrissons notre pays.
Déployons donc ensemble toute notre énergie afin que Vive la Paix, génératrice du Travail qui lui-même est bâtisseur de la Patrie!

Vincent-Sosthène Fouda
Président du MCPSD

camernews-Vincent-Fouda

camernews-Vincent-Fouda