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TOUT AZIMUT avec Joshua OSIH « Il ne faut pas croire que parce que le Cameroun est invité par Barack Obama alors Paul Biya est devenu un démocrate »

TOUT AZIMUT avec Joshua OSIH « Il ne faut pas croire que parce que le Cameroun est invité par Barack Obama alors Paul Biya est devenu un démocrate »

Il a une double casquette de vice président du Social Democratic Front, le principal parti de l’opposition et de député à l’Assemblée Nationale du Cameroun. Joshua Osih est parmi les gens qui comptent dans le landernau politique Camerounais. C’est un jeune loup aux dents longues affirme t on dans son entourage. Joshua aborde les problèmes de l’actualité d’une main de fer dans un gang de velours. TOUT AZIMUT est allé à la rencontre de cet anglophone qui maitrise aussi bien le Français pour aborder les questions qui interpellent le quotidien des Camerounais. Nous avons abordé TOUT AZIMUT les domaines politiques, économiques et sociaux. L’homme est resté flegmatique et imperturbable.

Vous avez une double casquette de vice président du Social Democratic Front (SDF) et de député à l’assemblée Nationale. Laquelle vous convient  le plus ?

Je ne peux pas me prévaloir de l’une pour laisser l’autre. Cela dit, c’est le SDF qui fait de moi un député et pas l’inverse. Donc vous choisissez comme vous voulez.

Le Comité Exécutif  National (NEC) s’est tenu le weekend du 25 janvier à Bamenda au moment ou on parle de plus en plus de formation d’un gouvernement de large union nationale. Peut-on avoir la position du SDF sur le sujet ?

Nous n’avons pas parlé d’une entrée éventuelle au gouvernement tout simplement parce que ce n’est pas à l’ordre du jour. Pour entrer au gouvernement, il va falloir que le SDF gagne les élections. Nous avons des choses plus sérieuses à faire que de spéculer sur le fait que Mr Biya est incapable de former un gouvernement. Cela ne fait pas partie du procès verbal du dernier NEC encore moins  des résolutions.

Sur le plan national, plusieurs sujets occupent l’actualité. C’est l’exemple de cette question de double nationalité à la SOCAM qui fait couler beaucoup d’encre. Quelle est la position du député que vous êtes.

Je ne pense pas que le problème de la SOCAM est celui de la double nationalité. C’est l’arbre qui cache la foret. Le problème de la SOCAM se trouve ailleurs. Vous voyez pendant que le ministre de la culture cherche à défaire la démocratie, son collègue de sport reçoit un Australo camerounais en grande pompe pour le féliciter et lui dire combien le peuple camerounais est content de son exploit. Comme quoi en sport magnifie la double nationalité pendant qu’on la bannit en culture ; dans un même gouvernement ! Ce qu’il faut décrier ici, c’est le déni de démocratie qui a cours dans le gouvernement de Biya et qui est pratiqué par Ama Tutu Muna. Le processus des élections à la Socam était bien mené avec la supervision du ministre Muna. D’où vient il que c’est au moment de l’installation de Ndedi Eyango qu’on trouve cette irrégularité ? Cela s’appelle deni de démocratie. Connaissant comment les choses se  manigancent à Yaoundé, c’est un rouleau compresseur déclenché contre Eyango.

Quel est finalement le problème de fond?

Imaginez vous que AmaTutu Muna soit ministre des sport, chaque fois que le sélectionneur irait chercher un joueur, elle opposerait la double nationalité : ou en serons nous. Cependant, le débat de fond sur la question est la loi de 1968 d’Ahidjo sur le sujet. Elle avait été adoptée pour exclure les militants de l’UPC de la scène politique. Avec l’ouverture de 1990, je pense que cette loi d’exception devrait être annulée. Il temps que le gouvernement prenne ses responsabilité en présentant un projet de loi cohérent sur la nationalité.

Une télévision étrangère a qualifiée le Cameroun d’homophobe. Cela à provoqué la sortie du ministre de la communication porte parole du gouvernement qui a reprécisé que la loi Camerounaise réprime l’homosexualité.

Le gouvernement Camerounais ressort son drapeau homophobe à cette fois qu’il est en difficultés. L’homosexualité pour ma part n’est pas une priorité au Cameroun. Ce que les gens font dans leur salle à manger ne regarde pas les Camerounais. Ce n’est pas parce qu’il y a des homosexuels au Cameroun que le pays se porte si mal. L’important c’est que le Camerounais vive bien, c’est panier de la ménagère, le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes, l’électricité. Voilà les problèmes pour lesquels le ministre de la communication devrait faire des sorties. Donc à chaque fois qu’on sort pour l’homosexualité, on sort complètement du registre des priorités. Cela dit, depuis toujours au Cameroun, on emprisonne les gens pour leur orientation sexuelle et même pour leur opinion. Pour ma part, je demande que soit dépénalisée l’homosexualité et les délits de presse.

Pour finir le volet national de notre entretien, On vous dit très regardant sur l’emploi des jeunes.

L’emploi jeune est quelque chose de tragique. Le gouvernement le fait rien de concret pour résorber le chômage des jeunes. Le recrutement de 25 000 jeunes annoncé en grande pompe n’est qu’une infime goutte d’eau. Il faut une véritable politique de promotion des PME pour venir à bout du chômage. Les projets structurants qu’on brandi tous les jours doivent créer de vrais emplois et non recruter des gans pour mélanger le ciment comme c’est le cas.

Sur le plan international, il y a eu enlèvement d’un prêtre au nord Cameroun, conduit  au Nigeria voisin par ses ravisseurs  avant sa libération. Dans la frontière avec La République Centrafricaine (RCA), des soldats Camerounais ont été tués par des hommes armés venus de la RCA. Une menace plane t elle sur le Cameroun ?

La menace qui plane sur le Cameroun ne vient pas des frontières, elle est au sein du gouvernement. La menace du Cameroun c’est le RDPC. Vous savez que l’Etat actuel ne peut pas  survivre au départ de Mr Biya. Le Rdpc n’est pas un parti politique, c’est une structure qui a été mis en place pour concrétiser le règne sans partage de Mr Biya. Nos problèmes ne sont pas chez nos voisins, ils sont au cœur de la capitale, au sein du pouvoir. Demain si ca déclenche ce sera la faute de ce pouvoir. La situation que nous vivons dans nos frontières a été créée par nous mêmes. Pendant 30 ans, on a négligé les zones frontalières. On n’a jamais cru bon de mettre sur pied une sécurité frontalière ni régionale. On s’est limité à la diplomatie avec la France et la Suisse. Qu’on donne des moyens à nos forces de défense et à nos unités de renseignement pour être plus efficaces et travailler en temps réel. Il faut que Mr Biya reprenne le chapeau de notre pays comme leader de l’Afrique centrale qui lui a longtemps échappé.

Barack Obama, le président des Etats Unis d’Amérique a invité 47 pays Africains parmi lesquels le Cameroun à participer à un sommet à la Maison Blanche en Aout prochain.

Barack Obama tient un sommet de développement des pays Africains. Il a invité des pays et non des dirigeants ni de systèmes. Et puis rien n’est dit que le 4  Aout prochain, lors de ce sommet, ce sera Biya qui sera président du Cameroun. Cela veut dire que celui qui sera président le  4  Aout ira représenter le Cameroun c’est tout. Vous savez que Barack Obama est allergique à cette sorte de dictature qu’ici on appelle « Démocratie apaisée ». Il n’y a aucune raison de croire que parce que le Cameroun est invité par Obama alors, Biya est subitement devenu démocrate. On ne note aucun supplément de démocratie dans son fonctionnement.

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