Tourisme: Et si les réseaux sociaux sauvaient la destination Cameroun

Divers mouvements initiés par des acteurs du web camerounais visent à valoriser l’image du Cameroun, mais restent encore ignorés des pouvoirs publics.
Des images du Cameroun qu’on a rarement vues sur les plaquettes officielles. Ces supports vantant « l’Afrique en miniature » ont l’habitude de mettre en avant des images d’animaux prises au parc de Waza, ou des paysages de l’Extrême-nord, jadis qualifié de « plus belle des régions », en raison de la présence de nombreux sites touristiques, à l’instar des pics de Rhumsiki et de Mindif. Un des meilleurs prétextes marketing qui ne passe pas en ce moment sur le marché de l’offre touristique. Les attaques récurrentes des terroristes ont quelque peu fait perdre le nord aux touristes. Mais c’est le moment que choisissent les acteurs de l’écosystème numérique pour montrer de quoi ils sont capables. Des comptes Instagram, Facebook et hashtag twitter fusent de toutes parts, mettant en valeur différentes localités. Des grandes agglomérations aux zones les plus reculées capables de susciter l’envie, des plats traditionnels aux multiples aspects

culturels, tout y est presque. 237online.com Comme si l’on commençait à réaliser la diversité culturelle du pays. « Un mouvement qui s’est constitué de manière inconsciente, avec pour but de montrer le Cameroun dans sa diversité, ses activités de tous les jours, les lieux publics pour faire ressortir cette beauté oubliée », observe un des acteurs de ce mouvement.
Le Cameroun n’est pas si bien classé en Afrique, en matière de tourisme, en dépit de tous ces atouts dont il dispose. Dans le classement 2015 des pays africains les plus visités, réalisé par l’agence espagnole Bloom Consulting, le Cameroun est placé à la 25è position.
Fermant ainsi le podium de ce Top 25 dominé par l’Afrique du Sud et l’Egypte, et derrière les pays comme le Soudan, l’Angola, le cap vert, la Mozambique et la Côte d’Ivoire. Il a tout de même gagné trois places, en dépit de la situation sécuritaire de certaines régions. Devenu une destination touristique depuis 2010, le pays a enregistré 912 000 arrivées en 2014, selon les chiffres officiels. Au ministère du Tourisme et des Loisirs, l’on explique cette embellie par des « stratégies pull et push » mises en place depuis quelques années et qui commencent à porter leurs fruits, notamment avec l’arrivée des cyclotouristes et des « edutours » comme c’est le cas en ce moment. Des associations telles que le « Beau vélo de Ravel » et « Vélo Afrique » se succèdent au Cameroun. Le ministère évoque au titre des facteurs du regain d’intérêt pour le Cameroun, le relooking du site www.mintour.gov.cm et la création d’une cellule dédiée à la promotion digitale. Mais c’est sans compter avec les mouvements initiés par certains camerounais sur les réseaux sociaux. A l’instar du site www.philippejong.com qui enregistre près de 3000 visites par mois venants du Cameroun et 2500 de l’étranger, d’après son promoteur. « Beaucoup manifestent l’envie de venir visiter le Cameroun que ce soit parmi les compatriotes à l’étranger ou les non camerounais », commente Philippe Jong.
Le compte Instagram Cuisine237, créée pour valoriser les mets camerounais, compte plus de 1700 followers. Il existe des initiatives encore plus structurées telles que le mouvement « visiter l’Afrique », créé par la camerounaise Diane Audrey Ngako, pour améliorer la perception que les gens ont de l’Afrique. 237online.com Une plateforme participative qui se décline dans plusieurs pays africains dont le Cameroun. Plus près, nous avons le hashtag « kamertour » initié par Edouard Tamba. Un concept qui vise à publier des photos du Cameroun, permettant aux suiveurs de découvrir en images certaines localités. Par ailleurs, une association dénommée SJC organise une excursion à Ngaoundéré, dénommée « Adamaoua 2015 ». Le programme prévoit des rencontres avec les autorités traditionnelles et administratives, des entretiens avec des hommes d’affaires, des ateliers, visites de ranches et d’usines. Ces mouvements initiés par les acteurs de l’écosystème numérique méritent d’être pris en compte dans la politique du tourisme camerounais. De leurs clics viendra peut-être le déclic de ce secteur.