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Terrorisme: Selon un ex-otage de Boko Haram, «les ravisseurs recherchent des enseignants pour dispenser des cours dans leurs bases au Nigéria»

Terrorisme: Selon un ex-otage de Boko Haram, «les ravisseurs recherchent des enseignants pour dispenser des cours dans leurs bases au Nigéria»

Jean Paul Taiwé vient de passer une dizaine de jours aux mains des membres présumés de Boko Haram. Rencontré par L’Œil du Sahel, cet enseignant à l’École publique de Mayo-Kaka dans la Vina, Région de l’Adamaoua, fait savoir que le groupe terroriste recherche des enseignants pour dispenser des cours dans leurs bases au Nigéria.

Jean Paul Taiwé a été enlevé au même moment que son voisin dans la nuit du 8 au 9 décembre 2016 dans son domicile à Horé Djengui, situé dans le Mayo-Kaka. «Cette nuit-là, j’étais déjà au lit. Soudain, j’ai entendu des bruits dehors. En sortant, j’ai vu deux hommes vêtus d’uniformes militaires et armés de kalachnikovs. Mais ce n’était pas la tenue de l’armée camerounaise», raconte ce dernier.

Après leur enlèvement, Taiwé et son voisin ont retrouvé un troisième otage. Avec les ravisseurs, ils ont marché jusqu’à la frontière avec la RCA. «Nous avons marché pendant plusieurs jours. Après quatre jours, nous nous sommes retrouvés à la frontière entre le Cameroun et la RCA. Ils avaient des téléphones assez sophistiqués. L’un d’eux nous a montré le nom des réseaux téléphoniques qui s’affichaient: Celtel et RTM. Nous avons passé quatre jours à la frontière (…) en quittant la frontière, nous sommes partis à Rey vers Tcholire. Là-bas, nous avons passé deux jours. Nous sommes revenus à Baka, vers la route de Touboro. Là encore, nous avons passé deux jours. Nous nous cachions dans les collines», relate l’ex-otage.
Il a été libéré avec les autres otages le 19 décembre 2016. «Vers 9h du matin à notre réveil, nous avions constaté que nous étions seuls. On a appelé le chef de garde, personne n’a répondu. C’est à cet instant qu’on a compris qu’ils nous ont laissés», raconte-t-il.

Taiwe précise que les ravisseurs n’ont jamais cherché à rentrer en contact avec sa famille ou demandé une quelconque rançon. Mais il indique qu’«ils m’ont dit qu’en ma qualité d’enseignant, ils allaient me conduire à Lagos ou à Khartoum pour enseigner dans leur base (…) Ils m’ont dit qu’ils cherchent trois enseignants qui pourraient dispenser des cours dans leurs bases au Nigéria».

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