Terre, l’éternelle querelle

Les peuples autochtones réclament la reconnaissance de leurs droits fonciers.

Quel est le niveau d’implication des populations autochtones dans les processus de réforme foncière dans les différents pays d’Afrique centrale ? La question a été examinée du 26 au 28 août 2015 à Douala, lors du colloque sous-régional d’échanges et de partage d’expériences sur la sécurisation foncière, la conservation et les enjeux sur le climat. Des thématiques chères au Réseau des populations autochtones et locales pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (Repaleac).

Et insistant notamment sur le problème de la terre, l’un des 60 participants, Manjo Basiru Isa, est revenu sur la pratique au Cameroun où on parle plus de minorités. Son constat, à travers un document qui va être proposé aux pouvoirs publics, est que peu d’efforts sont entrepris pour sécuriser l’accès des populations nomades – qui font partie des minorités – à la terre. Autre constat, l’augmentation alarmante du phénomène d’accaparement des terres par les élites locales et nationales et par les acteurs externes. Il y a également des défis à relever comme la croissance démographique et les changements climatiques qui font pression sur la terre, le manque de transparence et d’information sur les droits fonciers des citoyens.

Le plaidoyer des acteurs s’articule donc en faveur de la mise en place d’une gouvernance foncière durable et équitable, une large participation à la prise de décisions concernant les terres. Surtout dans un contexte marqué par la marginalisation dont souffrent les populations autochtones – selon les critères des Nations unies.

Venant Messe, coordonnateur du Repaleac pour le Cameroun, prend un exemple : « Vous avez les communes de Moloundou, Salapoumbé à l’Est, où les Baka qui sont les peuples autochtones représentent 80% de la population, mais ils n’ont que 2 conseillers municipaux sur 25. Les gens sont nombreux, mais ils ne sont pas représentés dans les institutions locales de prise de décision. Ça veut dire que c’est un problème qui doit être résolu par l’Etat. »

Autre enjeu important lors de ce colloque : la préparation à la Cop 21, la Conférence sur le climat qui s’ouvrira en novembre prochain à Paris. Les délégués autochtones d’Afrique centrale qui y seront ont été outillés sur ce qu’ils vont y faire et sur la position des populations autochtones sur des questions bien précises, notamment celles liées à la Redd+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) et aux changements climatiques.