Télévision numérique: Les contraintes de la migration

Depuis le 14 juillet dernier, le Cameroun a effectué son basculement vers la Télévision numérique terrestre (TNT).

Mais au niveau des ménages, on ne semble pas constater le changement qui nécessite des réajustements techniques.
L’échéance pour la migration de l’analogique au numérique avait été fixée au 17 juin 2015 par l’Union international des télécommunications (UIT), mais le ministre de la Communication, par ailleurs vice-président du Comité national de pilotage de la migration de l’analogique au numérique Cameroon Digital Television project (CAM-DTV), avait évoqué pour justifier le rééchelonnement, des problèmes de dédouanement du matériel au port de Douala, dans la région du Littoral. C’est finalement le 14 juillet dernier, près d’un mois après la date butoir, que le basculement s’effectue.
Dans un communiqué rendu public le même jour, l’on apprendra que ce sont les villes de Yaoundé et de Douala qui ont été choisies dans un premier temps pour matérialiser cette migration. Depuis cette date en effet, « Les téléspectateurs situés dans les zones concernées peuvent désormais recevoir en mode numérique par voie hertzienne, en libre accès, c’est-à-dire à titre gratuit, un bouquet de programmes constitué de douze chaînes nationales et étrangères qui, conformément aux dispositions de la loi n°2015/007 du 20 Avril 2015 réagissant l’activité audiovisuelle au Cameroun, ont été agrégées, multiplexées et diffusées à travers l’infrastructure technique de la CRTV, opérateur du service public de la communication audiovisuelle» indique le communiqué du ministre de la Communication.

Problème, dans la plupart des ménages des villes de Yaoundé et Douala, on ne semble pas ressentir ce changement. De nombreuses familles qui affirment pourtant disposer d’un téléviseur numérique ne reçoivent pas ledit bouquet. « J’ai entendu parler de cette migration, mais je ne vois aucun changement avec ma télévision à la maison » explique Marguerite A., commerçante au marché de Mfoundi. D’autres personnes estiment même d’ailleurs que la qualité de l’image s’est dégradé avec le basculement au numérique.
Mais pour les experts, il ne suffit pas d’avoir un téléviseur avec écran plat pour recevoir le signal. Tous les écrans plats n’étant pas forcément des téléviseurs numériques. Des téléviseurs jugés rares et inabordables pour le Camerounais moyen. Quoiqu’il en soit, pour recevoir le signal le bouquet, il est conseillé d’avoir, soit un poste approprié possédant un tuner TNT intégré et équipé d’une simple antenne intérieure ou extérieure ; soit d’avoir un téléviseur analogique, mais de disposer d’un décodeur aux normes de la TNT au Cameroun, à savoir le DVB-T2. Décodeur auquel il faut absolument relier une antenne hertzienne, rappelle-t-on.
Pour cette première phase de la migration, un échantillon de 1000 foyers a été choisi comme public-test, d’après le Cam-DTV. « Ces ménages ont été sélectionnés pour mesurer la propagation spatiale du signal, ainsi que sa qualité et sa stabilité dans le temps » souligne le Dr Félix Zogo, Conseiller technique N 1 au ministère de la Communication dans les colonnes du journal Cameroon tribune. Selon le communiqué du ministre de la Communication, «Au terme de cette phase technique, des décodeurs seront mis en vente à un prix suffisamment accessible aux populations». Ce communiqué ajoute par ailleurs que «les modalités de mise à disposition de ces terminaux de réception seront rendus publiques en temps opportun».
Pour l’heure, seuls les ménages situés à Yaoundé et Douala peuvent bénéficier du signal numérisé dans leurs téléviseurs. Le reste du pays sera arrimé avec le temps. La priorité restant pour les villes de Bamenda dans le Nord-Ouest et Garoua dans le Nord qui s’arrimeront dans un délai de 3 mois a indiqué le ministre de la Communication.