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Système D : les laveurs de voiture se font dèsirer

Système D : les laveurs de voiture se font dèsirer

Avec une rente journalière estimée à plus de 20.000 Fcfa, les jeunes laveurs de voiture sont

devenus les véritables « patrons » de l’automobile camerounaise. Dans une rivalité poussée

entre les laveurs du secteur libéral et les professionnels du lavage, le challenge est

considérable.

Lexandre et ses six compagnons travaillent en compagnonnage dans une laverie. Leurs

outils : de simples seaux d’eau, des serviettes, des brosses à linge et des sachets de

détergent. A 200 mètres d’eux, se trouve une station service dans laquelle exercent des

professionnels équipés de pistolets ou de pompe à pression, d’appareils détersifs à grand

champs d’action et surtout des équipements de protection individuel. Malgré l’aspect

précaire de leur équipement, en une heure, la bande à Lexandre a réussi à laver 13

véhicules tandis que leurs rivaux n’en ont fait que 4 malgré leur opulence technique. « C’est

presque comme ça tous les jours […] Il y a des moments où ils passent une journée sans

laver le moindre véhicule », atteste Lexandre.

Le secret de leur succès tient lieu d’un aspect principal : le prix. Pour un lavage classique de

véhicule, les gars du système D peuvent encaisser entre 1000 et 2000 Fcfa tandis que les

laveurs de la station service fluctuent entre 3000 et 6500 Fcfa. En effet, laver un véhicule

implique une importante concentration physique ; lesquels sont essentiellement facturés aux

clients. « On ne leur facture pas vraiment le service mais seulement l’effort fourni et ce, de

manière modeste », déclare Lexandre. Dans les stations services, l’argument tient compte

d’une autre raison : l’énergie. Joël, laveur professionnel explique : « on facture nos services

en raison du matériel utilisé qui est précis et couteux et nous utilisons l’électricité. »

Si les raisons sont aussi bien avancées, chez l’automobiliste, la perception est différente.

Didier Mayebi, conducteur de camion, c’est plus la relation humaine qui prévaut. « Ce qui

m’attire, c’est avant tout le prix et le lien que j’ai tissé avec ces gars au fil des mois ». Ce

sont principalement les véhicules d’entreprises qui recourent aux stations services tandis

que 81 % des autres types de retrouvent chez les laveurs de rue. Même sur le site

carmud.cm, où des conseils sont pourvu, il s’en trouvé que cette activité très fructueuse

méritait d’être mis en valeur. C’est pour cette raison qu’il a été créé l’évènement « Wash

Your Car ». En moyenne, le lavage de véhicule rapporterait mensuellement 400.000 Fcfa.

« Je ne vis que de ce travail et je ne suis pas près à l’abandonner pour un autre », confirme

Jean-Jacques, laveur de voiture.

L’activité qui est implantée dans tout type d’agglomération a fini par créer des « association »

de laveurs de voiture. Ces derniers, à l’image d’entreprises, disposent d’équipes

d’ « attaquants » qui s’attèlent à trouver des clients pour les ramener aux laveries de

fortunes. Doube Lea, actif de carmudi.cg reconnait l’efficacité de la méthode. « C’est

impressionnant de voir cette organisation à la chaine ». Même des vendeuses de savons et

de détergents semblent avoir trouvé un bon filon en se greffant à ces laveurs. Parallèlement

à l’ordre, le lavage de véhicule dans la rue est un pari 100 %. « On paye seulement la place

à la commune et on s’arrange à faire la propreté ensuite on peut travailler », dit Lexandre.

Voilà résumé la contrepartie de ces travailleurs du système D qui réussissent bien. Vivement

à fond l’initiative.

 

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