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Suspension du Pr. Bahebeck : qui parle d’un règlement de comptes ?

Suspension du Pr. Bahebeck : qui parle d’un règlement de comptes ?

Le 2 juin 2016, le ministre de l’Enseignement supérieur a suspendu temporairement de 4 années de ses fonctions d’enseignant à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I, le Pr. Jean Bayebeck pour insubordination et comportements violents. Le débat qui enfle aujourd’hui sous les chaumières est de savoir si la procédure réglementaire a été respectée dans la prise de cette importante décision.

A la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé I où nous avons enquêté pendant de longues et interminables semaines, on ne dit du mal du Pr. Jean Bayebeck, enseignant récemment suspendu à cette faculté, qu’à voix basse, en regardant autour de soi. Tellement il pâtit d’une mauvaise image d’enseignant violent et hautain. Il va donc de soi que lors de nos investigations, très peu de gens vont s’aventurer à nous parler, à visages découverts, de ce maître de conférences.

En effet, dans ces  milieux universitaires à Yaoundé I, on lui a toujours fait le reproche d’afficher avec ostentation la très haute opinion qu’il a de lui-même. Car pour lui, c’est le ticket d’entrée dans ses rapports avec les autres enseignants. L’arrogance, l’infatuation, la morgue, la violence verbale, des travers psychologiques qui sont même devenus, pour lui, des marqueurs indispensables pour se faire reconnaitre comme universitaire sérieux et compétent.

Face à ces travers récurrents, il en résulte à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I, comme une sorte de méli-mélo inédit générateur d’un climat délétère entre cet enseignant impétueux et la quasi-totalité de ses collègues suffisamment remontés contre lui. « Une situation extrême qui ne peut que décrédibiliser totalement notre système d’enseignement pour aboutir à une parodie de Faculté de médecine où personne ne respectera plus personne, où on s’insultera à qui mieux-mieux et où la hiérarchie ne sera qu’un vain mot », comme le regrette sous anonymat un enseignant qui n’aura pas voulu décliner son identité.

Seulement, pour la crédibilité de notre journal, ayant abondamment parlé de cette affaire de la suspension du Pr. Jean Bahebeck, nous avions pour obligation de répondre à un certain nombre de questions que celle-ci suscite depuis la convocation de cet enseignant au conseil de discipline tenu à l’université de Yaoundé I, le 27 mai 2016. Raison de plus pour mériter de notre part une sérieuse contre-enquête, afin que cette décision de suspension d’un universitaire dont le nom apparait régulièrement dans les colonnes de votre journal, ne soit nullement mal accueillie dans la nappe phréatique de nos lecteurs.

On peut naturellement l’imaginer. Pendant qu’à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales beaucoup de ses contempteurs soupiraient d’aise en apprenant le 2 juin 2016, la décision N°1816033 portant sanction disciplinaire à l’encontre de cet enseignant, pour insubordination et comportements violents, actes constitutifs d’atteinte à l’éthique, à la dignité et à la déontologie universitaire. Une décision signée par Jacques Fame Ndongo, le ministre de l’Enseignement supérieur.

Procédure judiciaire

Chez nos lecteurs, elle suscitait plutôt un sentiment d’injustice et de règlements de comptes. Une réaction normale pour ces lecteurs déjà habitués aux prises de position parfois iconoclastes de cet enseignant devenu le chouchou des médias. On se souvient encore de ses éclairages édifiants et critiques dans l’affaire de Rose Koumatekel à l’hôpital Laquintinie. Surtout que, pour eux, l’on a rarement vu, ces dernières années, le conseil de discipline d’une institution universitaire avoir la main aussi lourde à l’égard d’un enseignant.

Encore que, comme si le Pr. Jean Bahebeck mesurait, lui-même, le poids de sa responsabilité dans l’embrouillamini que crée son conflit avec les autorités universitaires dans l’opinion nationale et internationale, il a très vite fait de se répandre dans les médias pour ne donner que son seul son de cloche partisan, partial et parcellaire. Suscitant au passage un vif et réel débat sur la régularité de la procédure qui l’aura ainsi conduit devant le conseil de discipline de l’Uniservice de d’orthopédie et de traumatologie au pavillon Le Riche de l’hôpital central de Yaoundé. Une précision qui rentre en droite ligne dans la stratégie actuelle du Pr. Jean Bahebeck.

Surtout qu’en plus, claironne-t-il avec emphase en petits comités, il se réserve d’autres rounds gagnants au Tribunal de grande instance de Yaoundé centre administratif où une procédure judiciaire est en cours contre le Pr. Maurice Aurélien Sosso et d’autres responsables de l’Université de Yaoundé I.

Pour prendre davantage la lumière, il envahit stratégiquement les colonnes des journaux, au fil des éditions. D’autant plus que, en face, chez ces responsables de l’Université et de l’Enseignement supérieur, l’on est fort peu bavard. Car pour le Pr. Jean Bahebeck, bien plus qu’une injustice, il s’agit d’une sombre affaire de jalousie que ses collègues, diantrement incompétents, nourriraient envers ses grandes compétences. Il demeure ainsi convaincu que la procédure disciplinaire ayant abouti à sa suspension est le résultat de ce complot orchestré par ces enseignants incapables et envieux.

Face donc à tout ceci, il nous a paru impératif de répondre à la question essentielle qui semble être la clé de voûte de toute cette affaire de la suspension du Pr. Jean Bahebeck. Il s’agit de savoir si la procédure disciplinaire engagée contre cet enseignant était vraiment régulière. En d’autres termes, il s’agit de savoir si les tous textes réglementaires avaient scrupuleusement été respectés avant la décision de suspension du 2 juin 2016, signée du ministre Jacques Fame Ndongo en personne.

 

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