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Sûreté de l’Etat : Me Abdoulaye Harissou à Kondengui

Sûreté de l’Etat : Me Abdoulaye Harissou à Kondengui

Lundi dernier dans la soirée, le notaire a été placé en « garde à vue militaire » à la prison principale de Yaoundé.

Me Abdoulaye Harissou se trouve non pas à la prison centrale de Yaoundé (la plus connue et la plus usuelle) mais à la prison principale de Yaoundé située à un jet de pierre de la première , juste en face de l’école publique de Kondengui. Lundi, 6 octobre, un peu après 19h, Me Harissou et Aboubakar Siddiki ont été admis dans ce pénitencier où ils ont été accueillis par le régisseur Richard Owona.

Transportés du Tribunal militaire de Yaoundé pour la prison principale de Yaoundé par des gendarmes du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign), ces deux prisonniers ont été interdits de toutes visites ce 6 octobre. Ce soir-là, les proches de Me Harissou qui se sont rendus à la prison principale de Yaoundé aussitôt qu’ils ont été informés de son transfèrement n’ont pas pu rencontrer le notaire. D’après des sources pénitentiaires, un gardien de prison qui a voulu contourner l’interdiction en amenant des visiteurs à Me Harissou et à Aboubakar Siddiki a été sanctionné par le régisseur de la prison principale de Yaoundé.

Ce n’est que hier, 7 octobre, en début d’aprèsmidi, que Me Harissou a été autorisé à recevoir, « spécialement », ses trois avocats avec lesquels il a eu une séance de travail de plus d’une heure. Me Harissou a été présenté au commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé, lundi, 7 octobre en journée. Accusé d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat », sur la base d’ « indices », Me Harissou a été placé en « garde à vue militaire » de 10 jours par le commissaire du gouvernement. Une enquête a été ouverte. Celle-ci, d’après nos informations est conduite par le ministère de la Défense. D’ici là, Me Harissou devra être présenté à un juge d’instruction militaire qui va l’inculper ou le disculper.

Pourquoi une « garde à vue militaire » ? « C’est une expression qui relève du Tribunal militaire. Elle n’est contenue dans aucun code, si ce n’est celui de la justice militaire peut-être, s’il existe. Le code pénal camerounais ne connait que la garde à vue civile et la garde à vue administrative. En fait, le commissaire du gouvernement fait généralement recours à ce terme pour justifier une garde à vue prolongée », fait savoir un avocat qui a requis l’anonymat.

Dgre

Interpellé le 27 août 2014 à Maroua dans les services du gouverneur de l’Extrême-Nord où il avait été convoqué, Me Harissou a été conduit manu militari à Yaoundé. Il a été détenu pendant un mois à la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Le 26 septembre, Me Harissou et son codétenu sont conduits au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). Le 3 octobre, après sept jours de garde à vue au Sed, ils doivent être présentés au commissaire du gouvernement du Tribunal militaire. Les prisonniers ne sont pas extraits de leur cellule. C’est finalement lundi dernier qu’ils sont reçus au Tribunal militaire.

Un mois et demi après son arrestation, Me Harissou a toujours le statut d’un gardé à vue. Il ne sait toujours pas ce qui lui est exactement reproché et qui lui vaut actuellement la prison .

La prison principale de Yaoundé

Selon un découpage de l’administration pénitentiaire, la prison centrale couvre la région et elle est située dans le chef-lieu de ladite région, alors que la prison principale couvre le département et elle est située dans le chef-lieu dudit département. A ce jour, la région du Centre et notamment la ville de Yaoundé est la celle qui dispose d’une prison centrale, d’une prison secondaire à la prison centrale (le Sed), et d’une prison principale. En effet, la prison centrale et la prison principale sont chacune autonome. La prison principale de Yaoundé d’une capacité de 250 places au moins, a été créée pour décongestionner la prison centrale. Elle compte à ce jour plus de 180 détenus.

 

 

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