Sur la paix dans le pays: Le régime Biya s’en prévaut, l’opposant Fru Ndi en reçoit la reconnaissance internationale

John Fru Ndi, le leader du Social Democratic Front (Sdf), le principal parti de opposition camerounaise, vient de recevoir un prix pour sa « contribution à la préservation de la paix au Cameroun, entre 1990 et 2015 », période qui correspond aux 25 années passées à la tête du Sdf, né dans le sang, le 26 mai 1990, à Bamenda, région du Nord-Ouest.

John Fru Ndi, a reçu le 25 avril 2015, sa distinction, à Los Angeles, aux Etats-Unis, des mains d’African Focus, une organisation internationale afro-américaine,

Pour cette distinction, le leader s’est dit «honoré par ce choix », et a remercié tous les camerounais, ceux de la diaspora et surtout des Etats-Unis qui-selon lui- « ont forcément joué un rôle pour qu’il reçoive cette distinction ».

Visiblement, l’attitude « triomphaliste » de l’opposant, gène un peu comme nous avons pu le constater.

La polémique est aussitôt née et elle enfle dans les débats sur les médias locaux et même sur les réseaux sociaux. Les proches et membres du régime et autres thuriféraires du Rdpc, le parti au pouvoir pensent qu’une telle distinction, irait mieux à Paul Biya, lui qui, dès sa prise du pouvoir le 6 novembre 1982, dans les premiers mots de son discours, a fait « de la paix, de la sécurité, de la stabilité du Cameroun, de la rigueur et de la moralisation, ses axes majeurs de gouvernance ».

« La participation du numéro un camerounais aux sommets internationaux, où le sujet sur la paix  est évoquée et la stabilité du Cameroun dans cet îlot d’insécurité qu’est l’Afrique Centrale, plaident en la faveur du président Paul Biya », a martelé un auditeur dans une FM privée de Yaoundé.

Pour les opposants, Fru Ndi, a été plusieurs fois victimes d’abus et de vexations, et à chaque fois, il a appelé ses partisans au calme.

C’était le cas lors de la première élection présidentielle pluraliste de 1992, lorsqu’il a battu-selon eux- le candidat Biya, mais, le chef d’Etat, a réussi à conserver le pouvoir grâce à l’entremise de la Cour suprême et du ministre de l’intérieur de l’époque.

John Fru Ndi, avait été placé en résidence surveillée dans sa résidence de Ntarikon Palace à Bamenda, pendant plusieurs mois. « Le chairman -nom donné à John Fru Ndi par ses partisans- après sa libération, a tendu la main au pouvoir pour un dialogue constructif », exposent à coups d’arguments, les proches du leader anglophone.

Arguments et contre arguments, fleurissent donc dans le débat politique, pour justifier le choix de John Fu Ndi ou de Paul Biya sur celui qui mérite une distinction pour la contribution à la préservation de la paix  dans le pays.

Un collectif a vu le jour il y a quelques, pour plaider en faveur de la remise du prix Nobel de la Paix à Paul Biya. Le 06 juin 2014, Paul Biya, a reçu le prix de l’Union panafricaine des avocats, pour la résolution pacifique des conflits. Il l’a reçu des mains de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain, en présence des membres de Transparency international.

Dans le paysage politique camerounais, le débat sur la paix  a toujours fait l’objet de surenchère politique. Opposition et pouvoir s’en prévalent. «Paix et stabilité », sont toujours les points principaux du bilan de Paul Biya en presque 33 ans de pouvoir.