SUD,La Mirap fait pourrir 500 régimes de plantain aux producteurs.

La mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation (MIRAP) en essoufflement à Ebolowa.

Elle qui tient depuis sa création à chaque fin du mois un grand marché devant permettre aux populations de se ravitailler en vivres frais et autres produits de consommation courante. Pour ce début du mois de novembre, ce marché ne s’est pas tenu pour une cause non encore expliquée aux producteurs qui avaient préparé leurs récoltes.
Ce groupe des producteurs membres de la coopérative des producteurs de bananier plantain de Mvangan (cooprobam), ont regroupé leurs récoltes pour approvisionner le marché de ce mois de novembre. Ils sont partis de Mvangan  arrondissement situé à 105 kilomètres d’Ebolowa le 04 novembre 2015, et ont rejoins Ebolowa quatre jours plus tard avec leurs récoltes déjà en décomposition.

En cette période de pluie, la route est presque coupée de ce côté. Pour Suzanne Obam délégué du GIC « Ngonelam » membre de la coopérative ses larmes sont intarissables, les femmes de leur coopérative ont récolté leurs champs, ces récoltes ont pas atteint Ebolowa.  Mais qu’est ce qui s’est passé, Suzanne Obam déclare que la Mirap les a sollicité pour ravitailler le marché de ce mois de novembre, elles ont loué un camion canter 220.000 FCFA pour rallier Ebolowa avec leurs récoltes.

L’état actuel de la route ne permet pas un déplacement car, 03 grands bourbiers se sont constitués sur l’axe depuis le retour des pluies. Leur embarquement avait environ 720 régimes de plantains, 15 filets de macabo avec chapeau, 10 sans chapeau et une dizaine de filets de manioc.

La pluie les a rattrapées au premier bourbier, elles en ont passé deux jours sur place.  De leur pénitence en plein bosquet, elles en ont rejoint certaines habitations proches pour ce brosser même les dents.

Ce groupe de femmes qu’on qualifierait d’héroïnes  est arrivé le samedi 07 novembre à l’esplanade de la délégation d’arrondissement du Minader d’Ebolowa 1er .  C’est bien ce  lieu qui est  retenu souvent pour la vente.

A la grande surprise des membres de la cooprobam, aucun responsable de la Mirap n’y était visible, donc elles étaient abandonnées à leur propre sort. Ayant passé plusieurs nuits à la belle étoile, il ne restait à ces « braves femmes » de brader ce qui pouvait encore l’être, s’approvisionner en pétrole et savon pour prendre le chemin du retour, avec une perte énorme. Selon la déléguée du GIC, leur voyage a été financé par les membres sous caution d’être remboursés après le marché par les responsables de la Mirap.

Pour le cas de figure, elles n’avaient pas d’interlocuteurs.  Voilà un dommage incalculable imposé à ces femmes productrices, elles ont arraché de leurs champs leurs récoltes, et ont assisté à la décomposition de ceux-ci sans en être capable d’intervenir. Si Mvangan est reconnu aujourd’hui comme un bassin de production du plantain, il s’agit là d’une action du ministère en charge de l’agriculture et du développement rural (minader).

Alors comment comprendre que la MIRAP qui ne produit rien, et qui a pour seule mission  d’approvisionner les marchés peut le faire sans le MINADER qui a en charge le suivi des producteurs sur le terrain. Déjà que les Bayam sallam savent mieux s’organiser pour approvisionner nos marchés, voilà la Mirap qui s’est livrée à une concurrence déloyale face aux petits commerçants.

Bref si la MIRAP  voudrait se situer dans la durée,  et  pérenniser l’approvisionnement des marchés, il faudrait qu’elle étende  son champ de collaboration aux structures faîtières. Que les prochains marchés apportent plus de sourire aux ménagères qui achètent et aux producteurs qui vont vendre. Mais la condition de succès de tout ceci reste la route, le désenclavement des bassins de production.