Sud-ouest. Elites et chefs traditionnels au front contre les sécessionnistes

En faveur d’un Etat unitaire décentralisé, un et indivisible, ils vont travailler pour que la région continuer d’être une terre d’accueil pour tous les Camerounais.

Pierre NGOM

Le 25 août prochain, une concertation sur le thème de la paix et de l’unité sera organisée à Buea, la capitale régionale du Sud-ouest. Elle est l’initiative de la Conférence des chefs traditionnels du Sud-ouest (SWECC) et l’association des élites de cette région (SWELA). C’est l’une des résolutions prises lors d’une réunion qui a regroupé, le 11 août dernier au Palais des Congrès de Yaoundé, les membres de ces deux associations. Elle avait à l’ordre du jour, la crise sociopolitique dans les régions anglophones. C’est que les chefs traditionnels, les membres du gouvernement, parlementaires, les élus locaux… originaires de cette région ont décidé de ne pas rester les bras croisés face à cette situation jugée «préoccupante» par Peter Mafany Musonge. L’ancien Premier ministre et non moins président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, lors de son mot introductif, a déploré que les violences n’épargnent même plus «les chefs traditionnels et les élites qui sont enlevés, torturés et tués».

En faveur d’un Etat unitaire décentralisé, un et indivisible, les participants à la rencontre de samedi ont donc arrêté une série d’action pour sortir leurs régions de la violence sécessionnistes. Selon le communiqué final, « la région du Sud-ouest continuera d’être une terre d’accueil pour tous les Camerounais épris de paix et qui entendent vivre dans la concorde avec tout le monde ». Les membres de la SWELA et ceux de la SWECC ont convenu de travailler en synergie en vue d’une sensibilisation des jeunes de la région sur les dangers du développement de la culture de la violence. Il est par ailleurs question de prendre les mesures de concert avec les autorités administratives en vue d’un retour de tous les chefs dans leurs lieux habituels de résidence. Les chefs traditionnels et les élites ont convenu de continuer à encourager le président de la République dans la prise de solutions pour résoudre définitivement la crise.

Cette démarche de chefs traditionnels et des élites de la région va certainement renforcer la mobilisation déjà présente de la population en faveur de la République et contre exactions commises par les sécessionnistes dans la région du Sud-ouest. Une mobilisation qui s’est notamment exprimé le 31 juillet dernier lors d’une marche organisée à travers les artères de la ville. Avec à leur tête, Patrick Ekema Esunge, le maire de la ville, les habitants de Buea étaient descendus dans la rue pour dire «oui au Chef de l’Etat, oui au respect des institutions publiques et oui à la promotion de l’Unité nationale». Cet engagement patriotique est à saluer. Il devrait servir d’exemple aux ressortissants de la région du Nord-ouest, également en proie à la violence des séparatistes.