Statuts Des Entraîneurs Au Cameroun; Et Si On En Parlait ?

A l’issue de l’élimination des lions indomptables espoirs ce samedi en tour préliminaire de la CHAN U23 qui se tiendra au Sénégal en décembre prochain; des images ont circulé montrant l’entraineur national Ndjili Ndengue pris à partie par des spectateurs en furie qui lui reprochait son incapacité à vaincre une modeste équipe de Sierra Leone à domicile en aller retour à Yaoundé pour cause de l’épidémie d’Ebola, une élimination de trop après celle pour la course aux jeux africains de Brazzaville deux mois plus tôt.

Certains ont évoqué le monnayage des places au sein de cette sélection pour justifier les choix du coach sans y apporter aucune preuve palpable. Sans vouloir jouer l’avocat défenseur du sélectionneur camerounais, nous pensons que les causes de cet échec sont plurielles.

Le football camerounais est malade depuis des années de son mangement; le conflit de leadership paralyse notre football;
Le football camerounais est malade de l’absence d’infrastructures; la preuve on a vu la sélection nationale s’entrainer à 6 heures du matin à odza, centre technique, afin de bénéficer d’une aire de jeu acceptable, une heure qui n’est pas celle à laquelle devrait se dérouler la rencontre.

Le football camerounais est malade de part l’absence de l’organisation de son championnat de jeunes
Conséquence, les entraineurs font recours à des éléments avec des âges douteux pour parer au plus presser. Pense-t-on que si ce football allait bien la Fifa et la Caf auraient mis sur pied un comité de normalisation ? Lequel comité qui fait face depuis deux ans à des factions qui bloquent tout le processus électoral ; comment peut-on dans ces conditions penser à l’essentiel qui est la compétition?

Le déficit criard en infrastructures sportives est une tare camerounaise. Rien ne peut se faire sans stades appropriés à l’expression sportive, on a encore vu il y a quelques jours une délégation se rendre à Zurich en Suisse implorer la mansuétude des dirigeants de la CAF pour le repport de la Can 2016 parce que les stades ne sont pas présent est ce aussi le fait des entraineurs ?

Pour en revenir aux entraineurs justement quel est leur statut au réel Cameroun ? On peut dire qu’il est inexistant pour tous les entraineurs.
Les entraineurs sont de simples fonctionnaires issus de l’INJS cadres du ministère des sports, qui sont nommés sans aucune mesure d’accompagnement. Pourquoi ne pas leur donner un contrat en bonne et due forme, en mettant leur carrière de fonctionnaire entre parenthèse le temps qu’ils occupent leurs fonctions comme cela se fait sous d’autres cieux ? Comment un entraineur peut-il se contenter de son salaire de fonctionnaire fusse-t-il de la catégorie A2 pour exercer la fonction de sélectionneur et d’attendre les éventuelles primes de qualification ou primes de matches?

Comment peut-on exercer pleinement sa fonction d’entraineur lorsqu’on ne vous met pas dans les conditions idoines de préparation (stage préparatoires baclés ; matches amicaux inexistants, impossibilité d’aller superviser ses adversaires ect…?

Parfois les jeunes joueurs des sélections inférieures ne prennent l’avion pour la première fois que lors de la compétition officielle et sont complètement déphasés face à leurs homologues qui ont pu se préparer sereinement.

Pourquoi ne pas faciliter leur adaptation en permettant à ces jeunes de participer à des tournois internationaux amicaux hors du contient bien avant la compétition officielle?

Pour revenir sur les images de l’entraineur Ndjili molestés par des supporters et les rumeurs de monnayage de places évoquées dans les sélections nationales inferieures soulevées par certains.
Les entraineurs sont au centre de pressions de toutes sortes, de leur hiérarchie, des hauts placés de la République, de managers, de parents, pour aligner tel ou tel de leur protégé afin de lui donner une visibilité car une sélection est une plus value en vue d’un éventuel transfert à l’étranger contre espèce sonnante, tout être humain fini par craquer. Voilà la vérité que le commun des supporters se doit de connaitre.

On ne peut parler de corrompu sans corrupteur. Tout le monde doit se regarder dans une glace, car tout le monde est responsable de la déchéance de notre football et de l’élimination de toutes nos sélections aux compétitions majeures des minimes au cadet en passant par les espoirs.

Contrairement aux entraineurs expatriés qui jouissent de gros moyens et d’une plus grande marge de manœuvre, les entraineurs locaux même quand on leur confie la sélection A, sont clochardisés et sont en cas de mauvais résultats jetés à le vindicte populaire.

Souvenons-nous des menaces sur Akono Jean-Paul sur son intégrité physique pour un match nul concédé en Angola lors de son premier passage à la tête des Lions il y a quelques années qui l’obligea à démissionner.

Les entraineurs nationaux sont des sapeurs-pompiers auquel on fait appel le temps d’un intérim et lorsqu’arrive la phase finale de la compétition à laquelle ils ont qualifié leur sélection sont remplacés tels des malpropres.

Mais tout ceci ne serait pas possible s’il y avait un minimum de solidarité dans cette corporation
Les entraineurs locaux en poste subissent les intrigues les plus abjects de leurs confrères qui ne souhaitent qu’une chose, leur défaite pour qu’eux aussi fassent partie de la mangeoire. Ils actionnent les réseaux les plus insoupçonnés auprès des élites du village haut placés dans le gouvernement pour que leurs noms soient proposés au moindre faux pas de ceux en place.

Les entraineurs camerounais n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Tant qu’il n’y aura pas de solidarité pour la défense de leur cause pour le changement de leur statut ils seront toujours clochardisés et les dirigeants choisiront toujours les expatriés car pour eux c’est le moindre mal.

Au moment où la fédération camerounaise est repartie pour se doter d’un exécutif élu démocratiquement considérant que les entraineurs font partie du corps électoral, il serait judicieux pour nos ainés dans la corporation au palmarès établi de sortir de leur sommeil et exiger que les conditions de travail de l’entraineur camerounais soient améliorées et que l’entraineur cesse d’être le bouc-émissaire, c’est maintenant ou jamais.

Un débat à eu court lors de la reconduction ou pas du contrat de Volker Finke; certains ont évoqué la nomination d’un entraineur camerounais à la tête des Lions.

Cela est une véritable utopie dans les conditions actuelles. Sans statut véritable, il serait illusoire de nommer un entraineur camerounais à la tête des Lions indomptables.

Les anciennes gloires de l’entrainement au Cameroun doivent passer le flambeau à la nouvelle garde en se battant pour l’amélioration du statut de l’entraineur pour que les générations futures ne subissent pas ceux qu’eux ont subi. C’est aussi une manière pour eux d’entrer au panthéon du footbal ; les Akono Jean-Paul, Kaham Michel, Ndjili Ngengue, Wansi Dominique, Manga Onguéné “vous êtes des références au Cameroun, levez-vous comme un seul homme pour que cesse cette discrimination”.
Que désormais fonctionnaire ou pas, qu’un sélectionneur camerounais puisse jouir d’un contrat de travail à durée déterminée avec feuille de route et qu’on le mette dans les mêmes conditions de travail que les entraineurs expatriés.

Ainsi tout entraineur auteur d’actes répréhensibles répondrait de ceux-ci devant les juridictions compétentes. Osons espérer qu’après la mise en place de l’exécutif fédéral, l’on se penchera vraiment sur le problème des entraineurs nationaux car ce sont eux qui forment tous ces joueurs qui font la force de la sélection nationale.

Vivement un statut nouveau pour les entraineurs nationaux au Cameroun et un profond changement de mentalité.