Stabilité financière: Le Fmi s’inquiète du niveau de liquidité

Même si la situation semble préoccupante, son nouveau rapport, relativise sur les conséquences.

Attention, les années à venir pourraient être particulièrement difficiles, à la fois pour les pays émergents, et pour les pays avancés. Le Fonds monétaire international (Fmi) le martèle aux pays, surtout depuis les yoyos observés sur le marché pétrolier et dans le secteur des ressources naturelles. Dans son nouveau rapport sur «La stabilité financière dans le monde» rendu public hier, 29 septembre, l’institution revient sur ses observations à la fois sur le niveau de liquidité et sur le niveau d’endettement. D’abord sur la liquidité. Selon le Fmi, les opérateurs de marché dans les pays avancés et les pays émergents s’inquiètent d’une baisse du niveau et de la résilience de la liquidité de marché, en particulier du marché obligataire, et, en conséquence, d’une augmentation des risques liés à un choc sur la liquidité.

L’organisme pense qu’«un niveau élevé de liquidité (la capacité d’acheter ou de vendre rapidement un volume considérable de valeurs mobilières à faible coût et avec un impact limité sur les prix) est important pour transférer de manière efficiente les fonds des épargnants vers les emprunteurs, et donc pour la croissance économique. Une liquidité très résiliente est essentielle pour la stabilité financière parce qu’elle est moins sujette à de fortes baisses en réaction à des chocs. Une liquidité faible est aussi probablement fragile, mais une liquidité qui semble abondante peut aussi soudainement diminuer».

Deuxième point, le niveau d’endettement. La dette des entreprises non financières dans les principaux pays émergents a quadruplé entre 2003 et 2014, fait savoir le Fmi. Par ailleurs, sa composition a évolué, les obligations se substituant aux prêts. Même si ce surcroît d’endettement peut être utilisé pour investir, et donc stimuler la croissance, la tendance à la hausse de ces dernières années est naturellement préoccupante, parce que beaucoup de crises financières dans les pays émergents ont été précédées par une croissance rapide de l’endettement, conclut l’organisme.

Dans son analyse, l’organisme parvient aux conclusions suivantes. Premièrement, les contributions relatives des facteurs liés aux entreprises et aux pays à la croissance de l’endettement, aux émissions obligataires et aux écarts de taux d’intérêt dans les pays émergents semblent avoir diminué ces dernières années, alors que les facteurs mondiaux jouent un rôle accru. Deuxièmement, la dette a augmenté davantage dans les secteurs plus cycliques, et s’est accrue le plus dans le bâtiment et les travaux publics. Une hausse de l’endettement est allée de pair aussi, en moyenne, avec une augmentation des engagements en monnaies étrangères. Troisièmement, en dépit d’un affaiblissement de leurs bilans, les entreprises des pays émergents ont réussi à émettre des obligations à de meilleures conditions (rendements plus faibles et échéances plus longues), et de nombreux émetteurs ont profité de conditions financières favorables pour refinancer leurs dettes.