Spectacle: Le grand « chœur » de Ben Decca

Le public a donné de la voix pour célébrer les 30 ans de carrière de l’artiste à Douala.

« J’ai les meilleurs choristes du monde ». Ben Decca vient de terminer l’un de ses inoubliables slows, « Se oa nu ». Et une fois encore, par leurs voix, les spectateurs ont fait exploser « l’amouromètre ». La foule, plus de 1000 personnes, est venue nombreuse ce soir du 14 novembre 2015 à Douala-Bercy pour cette célébration des 30 ans (33 ans plus exactement) de carrière du crooner camerounais. Un spectacle intitulé « Livre de ma vie ». Condensé de ses 24 albums. Et les premières lignes, qui vont s’écrire par les premières notes de « Nen Lambo » en instrumental, avec des musiciens de talent, vont laisser présager de quoi la nuit sera faite. D’hystérie, de témoignages fous de passion, le public ne tient pas en place. Ben Decca va le constater dès son entrée en salle, escorté au rythme de l’essewe par un groupe, lui le désormais notable Deido. Accompagné jusque sur la scène par une standing ovation.

Dès la quatrième chanson, « Muto ka wa », l’ensemble des spectateurs va se transformer en un grand chœur, absorbant les voix des trois choristes sur le podium. Et Ben va laisser chanter. Tout comme Armand Biyag qui, aux côtés de son ainé, va montrer l’étendue de son talent d’abord avec « We mba ndome ». Armand et d’autres comme Amour Dicka, interprète de « Maloko », Moukala Le Français dans « Bonam », Gaëlle Wondje par « Na si mende dimbea », Dany Muna à travers « Losi loa pe mba », Moka qui va chanter « Dube Lam » ou « Sontanele » en duo avec Ben Decca, vont prouver que nos jeunes ont de l’avenir. Ils constituent l’une des trois parties enchevêtrées du spectacle : « Ben Decca et les artistes de la nouvelle génération ».

Une autre partie aura été Ben Decca et ses amis. Des amis illustres comme l’ainé Ebeny Donald Wesley, le toujours fringant batteur. Autre batteur, Guy Bilong, par ailleurs compositeur. Guy accompagnera également une invitée spéciale : la Guinéenne Alama Kanté, nièce de Mory. Cette partie se traduire aussi par deux hommages. Le premier à celui qu’il appelle son mentor, Eboa Lotin, dont il va interpréter « Tatanu ». Le second à celui qui aura été son premier producteur, le défunt Joe Mboulè.

La troisième partie sera « Ben Decca et ses racines ». Alors bien sûr, tout le monde attendait avec impatience la bien nommée. Grace. L’hystérie va atteindre son paroxysme quand, toute scintillante, elle va monter une première fois accompagner son frère dans « Eyala ngo ». Rebelote avec « Mumi ». Ses racines, ce sera aussi le canton Deido à qui il va rendre hommage par « Ebele o boso ».

Et au-delà de toutes ces chansons, au bout de cette voix imitée mais pourtant inimitable, le plus grand hommage aura été celui rendu au makossa. Parce que, comme l’a rappelé Ben Decca, ce style musical est une institution. Institution, comme Ben d’ailleurs. Lui le « makossa man », qui aura tenu près de 4h sur scène, au lieu des 3h initialement prévues. Au grand bonheur du public.