Société : Une plainte déposée contre l’entreprise française Rougier, accusée d’avoir exploité abusivement les forêts camerounaises pendant 50 ans.

Pour l’Organisation Camerounaise pour la Protection de l’Arbre (OCPA) auteure de ladite plainte, cette entreprise est accusée d’être à l’origine de la grande sécheresse ayant entrainé la carence alimentaire dans les régions de l’Est et du Sud, entre autres.

Depuis quelques temps, le Groupe Rougier a annoncé son départ du Cameroun pour cause notamment d’engorgement du port de Douala ayant freiné ses activités. Mais avant de partir définitivement du Cameroun, le Groupe devra faire face à la justice camerounaise ce d’autant plus qu’une plainte selon Le Quotidien de L’Economie du 04 Avril 2018, a été déposée contre cette société au Tribunan de Grande Instance (TGI) du Wouri par l’Organisation Camerounaise pour la Protection de l’Arbre (OCPA) le 2 avril dernier. Celle-ci dénonce l’exploitation abusive et anarchique des forêts camerounaises pendant  50 ans par le groupe Rougier à travers notamment, la Société Forestière et Industrielles de la Doumé (SFID). Cette entreprise a selon cette ONG, exploité les forêts camerounaises, « sans rentabilité socioéconomique, surtout en défaveur des populations des régions de l’Est et du Sud Cameroun », lit-on dans la plainte déposée au TGI par Claude Bitangou, président nationale de l’OCPA et expert judiciaire en foresterie.

Bien plus, Rougier est accusé d’être à l’origine de la grande sécheresse ayant entrainé la carence  alimentaire dans les régions de l’Est et du Sud ; d’avoir développé la corruption et la prostitution en ces lieux puisqu’on dénombre près d’un million d’enfants de père non déclaré. Le quotidien poursuit  en déclarant que hors mis ces accusations, cette entreprise a selon l’OCPA accentué l’exploitation forestière abusive et anarchique, ayant des conséquences sur le réchauffement climatique au Cameroun, d’avoir exploité et utilisé les ouvriers camerounais pendant 50 ans en les laissant dans l’extrême pauvreté, et la non déclaration et intégration dans leurs forêts sans interception et autres.

Pour l’ONG, cette attitude de l’entreprise est reprochable aujourd’hui plus qu’hier « pour avoir eu un impact négatif sur plan social et environnemental ». Raison pour laquelle l’OCPA, se constituant en partie civile, demande que les dommages causés par Rougier soient réparés, peut-on lire dans le journal.

Avant cette plainte, l’ONG avait déjà saisi depuis quelques années, le Président de la République camerounaise pour dénoncer cette situation. Claude Bitangou avait également saisi le Premier ministre ainsi que le Directeur Général de ladite société. Mais selon le quotidien aucune suite n’avait été donnée à ces démarches, apprend-on.