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SIMONE GBAGBO : C’EST LE PROCE?S DE LA POLITIQUE E?TRANGE?RE FRANC?AISE, PLAIDOIRIE DE ME DADJE

SIMONE GBAGBO : C’EST LE PROCE?S DE LA POLITIQUE E?TRANGE?RE FRANC?AISE, PLAIDOIRIE DE ME DADJE

Pardonnez-moi pour cette e?motion car je suis aujourd’hui incapable de plaider sans cette e?motion. Cette e?motion tient sa source dans le fait que c’est un enfant de la Co?te d’Ivoire, ne? apre?s les inde?pendances, qui vient de?fendre celle qui fut la Premie?re Dame de Co?te d’Ivoire.
C’est un honneur redoutable qu’une pareille ta?che me soit confie?e. C’est l’amour de mon pays, et une foi ine?branlable en la Justice et en la grandeur de la cause que je viens de?fendre, qui m’aident a? en supporter le poids.

Mesdames et Messieurs les jure?s, voyez en moi, un fils du pays et e?coutez ce que j’ai a? dire. Mes paroles viennent du cœur.

L’Avocat qui se pre?sente a? vous, a fait son stage a? la DST et a? la MACA. J’ai e?te? inculpe? sous les me?mes chefs d’inculpations que ceux qui sont aujourd’hui reproche?s a? ma Cliente.

Mais en re?alite?, mon crime a e?te? d’e?tre l’Avocat de la Premie?re Dame Simone GBAGBO. Mon crime a e?te?, par devoir et conscience professionnelle, de rentrer de mon lieu d’exil, au risque de ma vie, pour accomplir ma profession d’Avocat.

J’ai, par chance, et gra?ce a? la mobilisation du Barreau et de la famille judiciaire, be?ne?ficie? d’un non-lieu car je n’ai effectivement rien fait de ce pour quoi j’e?tais accuse?.

Mais j’aurais pu e?tre le 84e?me accuse?, et e?tre assis aux co?te?s de ma cliente, mais cette fois comme co-accuse?. Je vous explique cela car ma famille, comme bon nombre de familles ivoiriennes, a connu l’exil.

Je vous explique cela car vous ne pouvez-vous imaginer le prix que mes Confre?res ici pre?sent et moi-me?me avons paye? pour simplement assurer la de?fense des accuse?s.

Nous avons perdu bon nombre de clients qui avaient peur de repre?sailles rien que du fait d’avoir le me?me Avocat que Madame Simone GBAGBO ou ses co-accuse?s.

Certains ont me?me vu leur Cabinet attaque?. Nous avons du? de?fendre les accuse?s, depuis 2011, sans percevoir de quelconques honoraires de leur part, dans la mesure ou? ils avaient eux- me?mes leurs comptes gele?s.

Nous avons du? engager des frais pour aller les voir a? Odienne?, a? Bouna, a? Katiola, a? Boundiali, a? Korhogo, a? Man, a? Se?gue?la, dans des conditions de se?curite? pre?caires.

Beaucoup de personnes nous trouvaient fous d’entreprendre ces voyages dangereux. Il nous est arrive? plus d’une fois parcourir en voiture toute la Co?te d’Ivoire, souvent a? plus de 800 kilome?tres, pour finalement nous voir empe?cher de rencontrer nos clients. Juste parce que le Com zone de la ville n’e?tait pas de bonne humeur…et que sa de?cision e?tait supe?rieure a? celle de la Justice, a? la loi, he?las. Cela, nous l’avons fait par conscience professionnelle, mais aussi par amour de notre pays.

Ce proce?s, Mesdames, Messieurs les Jure?s ne peut et ne doit donc e?tre assimile? a? aucun de ceux que peuvent habituellement connai?tre nos Tribunaux et Cours.

Il ne s’agit pas ici d’un proce?s de droit commun. Il ne s’agit me?me pas du proce?s de ces accuse?s regroupe?s ici. Il s’agit ici d’un proce?s politique. C’est le proce?s de la politique e?trange?re franc?aise, telle qu’elle a e?te? mene?e par certains de ses dirigeants. Il s’agit ici du proce?s du ne?ocolonialisme franc?ais qui pratique l’inge?rence dans la politique nationale de ses anciennes colonies ;

Qui impose a? la te?te de nos Etats qui ils veulent, en fonction de leurs inte?re?ts e?conomiques, financiers, politiques.

Ce proce?s est, si l’on peut dire, pratiquement souhaitable. Car il nous permet de poser devant l’opinion publique nationale et internationale, le proble?me si douloureux de la relation de l’Etat franc?ais avec ses anciennes colonies.

En e?largissant les limites de ce de?bat, sans les de?border toutefois, je vous demande de conside?rer qu’elles n’ont pas pour seul but la recherche de la culpabilite? de ces accuse?s ;
Non, Mesdames et Messieurs les Jure?s, ce proce?s a une porte?e plus grande. Il porte en re?alite? sur le respect de la souverainete? des pays africains ; sur le respect des institutions dont les Etats africains se sont dote?s. Les accuse?s disparaissent ainsi derrie?re cette grande fresque, ce proce?s les de?passe.

De quoi s’agit-il a? la base ?

D’un contentieux e?lectoral qui aboutira a? la mort de milliers d’ivoiriens et au pie?tinement de notre Constitution. Comme si les vies brise?es depuis 2002 n’e?taient pas suffisantes.

Aujourd’hui, dans cette salle, il n’y a ni avocats, ni magistrats, ni jure?s. Aujourd’hui, nous sommes entre nous, entre compatriotes astreints a? un devoir de ve?rite? pour nous me?me, pour nos enfants et pour les ge?ne?rations a? venir. Le Monde nous regarde. Le Monde entier nous regarde. Mais surtout, nos enfants nous regardent, nos petits-enfants nous regardent, nos he?ritiers nous regardent et ils nous jugeront.

Il s’agit d’un proce?s historique dans lequel nous sommes tous acteurs. Si malgre? les efforts que je veux faire sur moi-me?me, mes observations vous paraissent empreintes de consternation, je vous prie d’ores et de?ja? de m’en excuser.

C’est que la question de la souverainete? de la Co?te d’Ivoire me tient ve?ritablement a? cœur et me semble primordiale. C’est que Madame la Premie?re Dame Simone GBAGBO n’est pas un personnage anodin. Son parcours devrait e?tre un exemple pour toutes les ivoiriennes, et pour tous les ivoiriens.

Laissez-moi vous parler de cette grande Dame dont la place n’est certainement pas ici.

PRESENTATION DE SIMONE GBAGBO ET DE SON COMBAT

Issue d’une famille de 18 enfants, Simone EHIVET GBAGBO est ne?e en 1949 sous l’empire colonial franc?ais. Deuxie?me de sa fratrie, elle sera comme une me?re pour ses 16 petits fre?res et sœurs.

Ne?e d’un pe?re gendarme, elle a ve?cu a? Dakar, puis a parcouru la Co?te d’Ivoire au gre? des affectations de son pe?re dans les villes de Bouake?, Be?oumi, Sinfra avant de revenir sur Abidjan.
Titulaire d’un CAPES de lettres modernes, elle a soutenu une the?se de 3e?me cycle en litte?rature orale ivoirienne. Elle a enseigne? au Lyce?e classique d’Abidjan, puis a? l’Universite? de Cocody, pour ensuite se consacrer a? la recherche sur les traditions orales ivoiriennes et les langues ivoiriennes ; Ce qui lui permettra a? nouveau de parcourir la Co?te d’Ivoire et de la connai?tre de l’inte?rieur.

Son engagement politique tient sa source :

De sa formation de chre?tienne dans sa famille, puis dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Elle y a acquis les valeurs de Justice, d’e?quite?, d’inte?grite?, et de compassion ;
De son militantisme dans les organisations de jeunesse, puis syndicales et politiques. Elle y a appris a? connai?tre l’importance de la de?mocratie, de la souverainete? nationale, du multipartisme, des droits des femmes, des enfants, du citoyen, la primaute? de la nation ;

De ses e?tudes et recherches sur la Tradition Orale et la linguistique qui l’ont aide? a? connai?tre l’a?me des divers peuples constituant la Co?te d’Ivoire, a? les aimer, a? connai?tre leurs proble?mes de de?veloppement, de vie quotidienne ;

De son rejet pratiquement visce?ral des injustices dont elle a e?te? te?moin ;

Son engagement, elle le tient aussi de son amour sans commune mesure de ce pays qu’elle veut voir devenir re?ellement mai?tre de son destin.

De toutes ses connaissances et expe?riences sont ne?es sa volonte? profonde de voir une Co?te d’Ivoire libre, inde?pendante qui n’ait rien a? envier aux puissances occidentales.

C’est encore son engagement politique qui l’ame?nera a? rencontrer un certain Laurent GBAGBO.

Tous deux, jeunes, beaux et ide?alistes, partagent le me?me re?ve, celui de voir la Co?te d’Ivoire devenir ve?ritablement inde?pendante, moderne et de?veloppe?e.

Car comme elle le dit, en 1960, la Co?te d’Ivoire a eu une « inde?pendance aux oreilles perce?es ».

Nous avions quitte? le syste?me colonial pour entrer dans le syste?me ne?o-colonial de la franc?afrique. Or, il n’y a aucune inde?pendance mone?taire avec cette monnaie des Colonies Franc?aises d’Afrique, commune?ment appele?es « Franc CFA » ; Pas d’inde?pendance militaire avec ces accords de de?fense qui permettent a? la France de ge?rer militairement ses anciennes colonies ; Aucune inde?pendance institutionnelle, aucune inde?pendance diplomatique ; la crise poste?lectorale nous le de?montrera.

Mais voila?, quand on parle de souverainete? en Afrique, quand on parle de fierte? africaine, on est imme?diatement stigmatise? ! On fait peur.

Simone GBAGBO sera de?s lors pre?sente?e comme la Dame de Fer, la Dame intransigeante, la «Dame de sang du re?gime ivoirien» par certains me?dias occidentaux dont notamment le journal Paris Match qui sera condamne? pour les propos diffamatoires e?voque?s a? l’encontre de Simone GBAGBO.

Mandela dira lors de son proce?s de Rivonia : « Le non-respect de la dignite? humaine dont les Africains sont victimes est le re?sultat direct de la supre?matie des Blancs. La supre?matie des Blancs implique l’infe?riorite? des Noirs ».

50 ans apre?s ces propos qui de?nonc?aient une certaine re?alite?, qui peut taxer MANDELA d’e?tre anti-blanc ou raciste ?

Mais quand Madame Simone GBAGBO parle de souverainete?, de liberte? des peuples africains, on la qualifie imme?diatement de « Dame de Fer » ou de « Dame Sanguinaire » de « patronne des escadrons de la mort ».

En re?alite?, et cela est bien regrettable, l’homme ou la femme noire intellectuellement libre fait peur. Mandela n’a-t-il pas e?te? pendant longtemps conside?re? comme un terroriste ?! Malcolm X ne faisait-il pas peur au pouvoir ame?ricain ?! LUMUMBA n’e?tait-il pas craint au point que l’on l’e?limina ?! Pourtant toutes ces figures n’e?taient anime?es que d’un profond amour pour leur continent et d’un puissant re?ve de liberte?.

ARRIVEE AU POUVOIR DU PRESIDENT GBAGBO

Avec l’arrive?e au pouvoir en 2000, du Pre?sident GBAGBO, c’est le combat de toute une vie qui se concre?tise.

Eux, qui ont vu la Co?te d’Ivoire passer du statut de colonie a? celui d’Etat qui n’avait d’inde?pendant que le nom, re?vent de pouvoir faire de leur pays un Etat ve?ritablement inde?pendant.

Ils re?vent d’organiser le multipartisme en Co?te d’Ivoire. Ils re?vent de re?aliser le de?veloppement e?quilibre? de tout le pays avec la de?centralisation ;

Ils re?vent de re?aliser l’e?quipement moderne du pays avec l’e?lectrification ge?ne?ralise?e, l’eau courante, l’e?cole gratuite, l’Assurance Maladie Universelle, l’industrialisation.

Ils pensent pouvoir le faire : Simone EHIVET GBAGBO en participant en qualite? de De?pute? a? l’e?laboration des lois du pays ; et le Pre?sident Laurent GBAGBO par le biais du pouvoir exe?cutif.
Mais voila?, quelqu’un qui se reconnai?tra certainement, a de?cide? de rendre ce pays ingouvernable … Bref…

Avanc?ons comme dirait Madame Simone GBAGBO.

TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 SEPTEMBRE 2002

Comme vous le savez, la Co?te d’Ivoire connai?tra une tentative de coup d’e?tat en 2002, et voila? le Pre?sident Laurent GBAGBO arrive? de?mocratiquement au pouvoir, 18 mois plus to?t, contraint par les autorite?s franc?aises a? partager le pouvoir avec les putschistes.

Pendant 8 ans, les rebelles partageront le pouvoir avec le Pre?sident de?mocratiquement e?lu Laurent GBAGBO. Pendant 8 ans, le Pre?sident Laurent GBAGBO sera contraint de ce?der de plus en plus de terrain aux dole?ances des rebelles.

Lui ne demandait qu’une seule chose: le de?sarmement pour la re?unification du pays. Il ne l’obtiendra jamais. C’est dans ces conditions qu’auront lieu les e?lections pre?sidentielles de 2010 sous la pression de la Communaute? Internationale.

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

En ce qui concerne les re?sultats provisoires, Madame Simone EHIVET GBAGBO, l’a dit lors de son intervention. Ils n’existent pas ! Ne refaisons pas l’histoire ! Tous les protagonistes de cette affaire savent bien qu’apre?s le 1er de?cembre 2010 a? minuit, la CEI e?tait forclose.

Tout le monde sait que la Commission Electorale Inde?pendante ne s’est jamais re?unie pour proclamer des re?sultats. Tout le monde sait que la de?claration de Monsieur Youssouf BAKAYOKO tout seul a? l’ho?tel du Golf, faite au sie?ge de campagne du candidat Alassane OUATTARA, est scandaleuse a? plus d’un titre :

Il n’y a jamais eu de proce?s-verbal de de?libe?rations e?marge? par les membres de la CEI ;
Il n’est ni moral ni le?gal d’aller proclamer de manie?re solitaire, de pre?tendus re?sultats au QG d’un candidat ; En France, en 2012, un tel acte pose? par le Secre?taire Ge?ne?ral de l’UMP a failli casser le parti en deux.

Seul le Conseil Constitutionnel proclame vainqueur un candidat a? l’e?lection pre?sidentielle, et sa de?cision s’impose a? tous a? l’inte?rieur comme a? l’exte?rieur de la Co?te d’Ivoire, me?me a? l’ONU.

Ne nous me?prenons pas ! La crise est ne?e uniquement du non-respect de la de?cision du Conseil Constitutionnel. L’acte de re?bellion du candidat perdant et de ses allie?s nationaux et internationaux entraineront un de?ferlement des troupes rebelles rebaptise?es FRCI, des milices dozo, et divers mercenaires sur les territoires reste?s sous contro?le du Gouvernement, semant la mort, la violence, les pillages sur leurs passages.

Au bout du compte, l’Etat franc?ais ache?vera ce plan d’agression par le bombardement de la re?sidence pre?sidentielle, du Palais Pre?sidentiel et des quartiers d’Abidjan pendant 11 jours.

LES CONDITIONS DE SON ARRESTATION ET LES HUMILIATIONS

C’est dans ces conditions que Madame la Premie?re Dame Simone GBAGBO a e?te? arre?te?e, battue, humilie?e !

Sa pudeur, et sa volonte? de voir la Co?te d’Ivoire se re?concilier et aller de l’avant l’ont amene?e a?, a? peine e?voquer les se?vices graves dont elle a e?te? victime.

Nous avons tous e?te? te?moins de la barbarie de ses geo?liers !

Au-dela? de sa personne, c’est la Re?publique ivoirienne, une et indivisible, qui a e?te? malmene?e !
Croyez-vous un seul instant que, pour un contentieux e?lectoral, on aurait pu malmener la

Premie?re Dame des Etats-Unis ?

Croyez-vous que l’on aurait pu montrer dans les me?dias du monde entier la Premie?re Dame de n’importe quel pays occidental dans une position aussi humiliante que celle inflige?e a? la Premie?re Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

Nous avons tous vu ces images e?cœurantes qui cre?ent un malaise… aujourd’hui encore.
Oui, car lorsque l’on aime son pays, et quelque soit les divergences politiques que l’on peut avoir avec Madame la Premie?re Dame Simone GBAGBO, on ne peut qu’e?tre choque? face aux images humiliantes diffuse?es a? profusion sur les médias franc?ais et sur internet.

Il est d’ailleurs surprenant de voir que les me?dias occidentaux qui prennent tant de soin a? respecter la dignite? de tous leurs ressortissants se trouvant en situation de difficulte? notamment en tant qu’otage ou victime d’exaction, en refusant de diffuser les images ou en les grimant, et n’ont pas he?site? un seul instant a? diffuser des vide?os humiliantes de celle qui fut la Premie?re Dame de la Re?publique de Co?te d’Ivoire.

Je me souviens de toute la pole?mique qu’il y a eu en France lors de la diffusion de l’arrestation de Dominique STRAUSS KAHN alors Pre?sident du Fonds Mone?taire International.

Certains me?dias franc?ais et politiques s’e?taient e?mus du fait qu’il ait e?te? pre?sente? devant le monde entier menotte?. Dommage que cette e?motion soit a? ge?ome?trie variable en fonction de ce que l’on parle d’occidentaux ou d’africains !

En tout e?tat de cause, les humiliations et les se?vices subis par la Premie?re Dame furent nombreux… Mais tournons la page et avanc?ons, comme elle a tenu a? le dire… La violation de ses droits : de?tention arbitraire ; Violation de son immunite?

Au-dela? de ces se?vices, Madame Simone GBAGBO a vu tous ses droits bafoue?s :
Enle?vement et se?questration ;
Immunite? parlementaire pie?tine?e !
En effet, a? tour de ro?le, Procureur, Juge d’Instruction, et Chambre d’Accusation, refuseront de prendre en compte sa qualite? de parlementaire, pre?textant du fait que son mandat aurait pris fin en 2005.

Et pourtant tout en contestant sa qualite? de parlementaire, des De?crets d’application sont pris se fondant sur des lois vote?es poste?rieurement a? 2005 par la De?pute?e Simone GBAGBO !

Cela est notamment le cas de la Loi du 27 De?cembre 2007 portant statut du corps diplomatique, vote?e par Madame Simone GBAGBO, et dont le De?cret d’application sera pris le 21 de?cembre 2011 par Monsieur Alassane OUATTARA. Nous ne sommes malheureusement pas a? la premie?re contradiction dans ce dossier, ni a? la premie?re aberration ! Les infractions qui lui sont reproche?es en te?moignent.

LES INFRACTIONS : ABSENCE DE FAIT

Pendant 4 ans, il a e?te? explique? au peuple ivoirien et a? l’opinion publique internationale que la Premie?re Dame Simone GBAGBO est une sanguinaire !

On a me?me affirme? de fac?on pe?remptoire, au Peuple ivoirien que le couple pre?sidentiel avait occasionne? pre?s de 3000 morts pendant la crise poste?lectorale !

On a tente? de faire croire que le Pre?sident Laurent GABGBO, son Gouvernement et la Premie?re Dame massacraient les populations civiles.

On a tente? de faire croire, que la Premie?re Dame avait les mains pleines de sang, qu’elle avait mis a? mal l’Etat.

On a tente? de faire croire que son e?poux et elles, avaient ordonne? le viol de femmes, de jeunes filles pendant cette pe?riode violente et douloureuse.

On a tente? de faire croire qu’elle avait recrute? et arme? de jeunes nationaux et e?trangers pour tuer des ivoiriens ;

Pendant 4 ans, la Justice ivoirienne a e?te? endormie par ces alle?gations dont on attend encore les preuves !

Quel est donc ce proce?s sans aucun fait pre?cis ?!

Quel est donc ce proce?s sans aucun e?le?ment mate?riel constitutif d’une infraction ?

Quel est donc ce proce?s pe?nal ou? la partie civile est l’Etat de Co?te d’Ivoire ?

Un Etat de Co?te d’Ivoire repre?sente? ici doublement par le Ministe?re Public et par des Avocats !

Comment peut-on appeler autrement ce proce?s que par ce qu’il est, a? savoir un proce?s politique ! Ce proce?s, aboutissement d’une instruction qui a dure? des anne?es, met en e?vidence une chose :

C’est que pendant toute l’instruction, et au travers de toutes les discussions devant la Chambre d’accusation, ce n’est pas le droit qui semble avoir prime? sur toute autre conside?ration.

Ce dossier a e?te? construit a? l’envers ! On a arre?te? des personnalite?s parce qu’on les trouvait ge?nants, et on a tente? de justifier leur de?tention par une inculpation intervenue tardivement et collectivement mais qui ne repose sur aucun fait pre?cis et personnel !

Qu’est-il reproche? a? la Premie?re Dame ? D’avoir respecte? la Constitution et les Institutions ivoiriennes ?

Mais ce n’est pas 83 personnes qui devraient alors e?tre sur le banc des accuse?s, mais 22 millions de personnes !

Tous les ivoiriens devraient donc e?tre sur le banc des accuse?s ! Tous les fonctionnaires de ce pays devraient se trouver sur le banc des accuse?s !

Car il faut e?tre se?rieux ! Si l’on estime que le Pre?sident Laurent GBAGBO et son Gouvernement e?taient ille?gitimes, si tous les actes pose?s par eux e?taient ille?gaux ! Les fonctionnaires ne se sont-ils pas rendus complices de cette pre?tendue forfaiture ? Ne se sont-ils pas rendus coupables de recel en encaissant les salaires qui leur e?taient re?gle?s par le Gouvernement GBAGBO de De?cembre 2010 a? Mars 2011 ! Soyons se?rieux !!!

Il n’y a, a? l’encontre de la Premie?re Dame Simone GBAGBO, aucune infraction pe?nale ! Aucun fait pre?cis qui serait constitutif d’une infraction !

Par ailleurs, me?me dans l’hypothe?se absurde où il y aurait existe? des faits, l’intention criminelle indispensable a? la constitution de l’infraction aurait force?ment fait de?faut. Oui car la Premie?re Dame Simone Gbagbo n’a fait que respecter la de?cision du Conseil Constitutionnel de?clarant son e?poux vainqueur et recevant son serment en audience solennelle comme l’exige la Constitution. Elle a donc agit de bonne foi convaincu que la ve?rite? et la loi sont avec elle.

Alors que reproche-t-on a? la Premie?re Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

CONSTITUTION DE BANDES ARMEES – MASSACRE DE CIVILS : DES TEMOINS PEU CREDIBLES ET SUSCITES

L’audition devant la Cour d’Assises de Mme Gbagbo a e?galement de?montre? qu’elle n’e?tait coupable de rien et qu’elle doit e?tre de?clare?e non coupable de tous les chefs d’accusation, oui tous les chefs d’accusation.

Nous en voulons pour preuve les questions du Parquet Ge?ne?ral qui e?taient vagues, et ne faisaient allusion a? aucun fait a? elle alle?gue?, sinon pluto?t des questions sur ce qu’elle pense de la CEI, du Conseil Constitutionnel et autres, mais jamais de faits a? elle personnellement reproche?s. Question alors: Comment le Parquet a-t-il eu connaissance des te?moins? Car tous les te?moins disent qu’ils ont e?te? appele?s par le Parquet pour venir te?moigner.

Pourquoi le Parquet qui avait connaissance desdits te?moins n’a pose? aucune question a? Mme Gbagbo sur les faits que devaient raconter les te?moins, afin de mieux la confondre. Le Parquet repre?sente t-il le peuple ou le re?gime au pouvoir pro RDR?

Je pensais que le parquet repre?sentait le peuple et par conse?quent se devait de rester juste et e?quitable. On pourrait penser que tous les te?moins ont e?te? suscite? par le RDR pour tenter de salir Mme Gbagbo, oui car tous les te?moins sont du RDR ou sympathisants.

Des Te?moins qui n’ont jamais e?te? une seule fois entendus au cours de cette longue instruction.

Te?moins qui n’ont jamais e?te? confronte?s a? Mme Gbagbo pendant cette longue instruction.

Ces te?moins viendront de?clarer faussement sous serment ici a? la barre he?las.

Faute de faits constitutifs d’infraction, il a e?te? annonce? par l’Accusation un rattrapage, gra?ce a? 16 te?moins a? charge, pour finalement n’en pre?senter que 5.

En e?coutant les discours des te?moins, on en conclut que le Parquet Ge?ne?ral, tentait visiblement d’apporter enfin des faits incriminant l’accuse?e, et de?montrant sa culpabilite? au moins dans ces deux domaines.

Contre Madame GBAGBO, l’accusation produira tout d’abord le te?moignage de Monsieur Issa BOCOUM.

Ce Monsieur expliquera avoir vu 8 ve?hicules DAKOTA, ayant de nouvelles plaques d’immatriculation « ww », rentrer dans une e?glise a? ABOBO, pour de?charger des armes se trouvant dans des caisses.

Il pre?tendra y avoir vu Madame GBAGBO, en lunettes fume?es de marque « Ray Ban », donnant des instructions a? cette fin mais sans jamais parler, se contentant, selon lui, de faire des gestes.
Ce te?moignage est e?videmment peu se?rieux dans la mesure ou? il n’est corrobore? par aucun e?le?ment de preuves ! Monsieur Issa BOCOUM se limitant a? pre?senter deux photos, prises il y a juste 3 mois, d’une montrant l’e?glise me?thodiste en question, et l’autre une mosque?e qui se situerait selon lui, en face de ladite e?glise.

Or, aucune des photos nous permet de savoir que les 2 ba?timents dont il parle, se trouvent face a? face, vu que l’une montre uniquement une e?glise et l’autre uniquement une mosque?e. On ne voit nulle part Mme Simone GBAGBO pre?sente et en action, sur ces photos.

Qui peut se?rieusement croire que Madame Simone GBAGBO, qui n’a au demeurant aucune formation militaire, se serait rendue en plein jour dans la cour d’une e?glise me?thodiste, pour aller y de?poser des armes, habille?e comme une he?roi?ne de films policiers de se?rie B ?

Par ailleurs, ce te?moin jure mordicus que sa maison a e?te? bombarde?e par un obus tire? depuis le camp commando d’Abobo et qui l’aurait me?me personnellement blesse?.

Il poursuit en de?clarant que le bombardement de sa maison par le camp Commando a e?te? fait sur ordre de la Premie?re Dame Simone GBAGBO, mais il en rapporte toujours aucune preuve :
Aucune preuve sur le fait que sa maison a e?te? effectivement bombarde?e par un obus et qu’il en aurait e?te? blesse? ;

Aucune preuve sur le fait qu’il y a eu un bombardement et que cela provenait du Camp Commando ;

Aucune preuve sur le fait que le pre?tendu bombardement, a? supposer qu’il soit ave?re?, aurait e?te? effectue? sur ordre de Madame Simone GBAGBO.

Il est bon de rappeler que la Premie?re Dame n’avait pas de ve?hicules de marque DAKOTA dans son corte?ge et cela aurait pu e?tre ve?rifie? par un simple transport sur les lieux, a? la re?sidence Pre?sidentielle.

Il est bon d’indiquer que Mme Gbagbo n’a jamais porte? de lunettes fume?es Ray Ban. Elle porte juste des verres pharmaceutiques et uniquement lorsqu’elle a besoin de lire. Ce te?moignage, qui n’est corrobore? par aucun e?le?ment se?rieux, ne pourra e?tre qu’e?carte?.

Que dire du second te?moin, Monsieur DIALLO Souleymane, dont les dires e?taient incompre?hensibles et qui e?taient venu expliquer qu’il n’avait vu que 2 fois la Premie?re Dame : Une premie?re fois en 2008, et la seconde fois, le jour me?me de l’audition de Madame Simone GBAGBO devant la Cour d’Assises, le 23 fe?vrier 2015 ! Ce te?moignage n’avait aucun inte?re?t !

L’accusation pre?sentera encore le te?moignage de Monsieur KONE Amara. Ce te?moignage pre?terait a? sourire si ce dossier n’e?tait pas aussi grave ! Voila? un Monsieur qui reconnai?t n’avoir jamais vu Madame la Premie?re Dame Simone GBAGBO, ne l’avoir jamais rencontre?, tout en e?tant persuade? qu’elle aurait remis des armes au fils de son ami de?nomme? Lamte? !

Il aurait me?me affirme? que le Sieur Lamte? e?tait le Chef de la Se?curite? de Mme Gbagbo a? Abobo. Mme Gbagbo n’a jamais eu de se?curite? prive?e et tout le monde le sait. La seule se?curite? dont elle disposait e?tait celle de Groupement et se?curite? pre?sidentiel et de la Garde Re?publicaine. Le te?moin qui ment sans cohe?rence en e?tait su?r mais n’avait rien vu de tout cela !

Quant au te?moignage de Monsieur TRAORE Ibrahim, il ne peut qu’e?tre releve? des contradictions flagrantes. En effet, le 26 janvier 2015, ce Monsieur va de?clarer qu’alors qu’il e?tait superviseur dans un bureau de vote, Madame Simone GBAGBO a e?change? avec lui, et qu’apre?s son de?part, son aide de camp, le Commandant SEKA, lui aurait remis une enveloppe d’argent pour « boire de l’eau », ce qu’il aurait refuse? par soucis de neutralite?.

Puis, dans son te?moignage du 23 Fe?vrier 2015, voila? qu’il de?clare subitement que Madame GBAGBO, lui aurait envoye? 2 personnes pre?nomme?es Alain et Maxime, et non plus le Commandant SEKA, lui remettre une enveloppe d’argent pour bourrer les urnes et en modifier les contenus, le soir apre?s 23 h, au moment de transporter les urnes au CMA.

Or, les urnes ne sont enleve?es qu’apre?s le de?pouillement, et la proclamation des re?sultats des votes sur place, et un proce?s-verbal de de?libe?ration ait remis a? chaque repre?sentant des Candidats. Ce n’est qu’apre?s cela que lesdites urnes sont transporte?es pour le centre de collecte de la circonscription.

En 90 et 95, Madame Simone GBAGBO et le FPI avaient me?me mene? des ne?gociations avec le pouvoir pour que dans chaque bureau de votes, les proce?s-verbaux de de?libe?ration soient remis a? chaque repre?sentant de candidat pour e?viter ce type de fraudes, notamment le tripatouillage des urnes pendant leur transfert au centre de collectes.

A quoi donc aurait servi le bourrage d’urnes poste?rieurement au de?pouillement ? Ces contradictions dans ces 2 de?clarations, e?taye?es par aucune preuve, discre?ditent totalement ce te?moin qui a manifestement fait une fausse de?claration sous serment.

Il est bon de rappeler que c’est ce te?moin qui, le 26 Janvier 2015, s’e?tait lui- me?me identifie? comme un rebelle forme? a? BOUAKE depuis 2002, et convoque? au Golf pour s’y faire remettre une arme par SORO Guillaume et aller combattre dans la ville d’Abidjan contre les Forces de De?fense et de Se?curite?.

Au vu de tout ce qu’il a de?clare? lui-me?me, tout porte a? croire que ce te?moignage a e?te? suscite? dans le seul but de servir la cause a? laquelle il a toujours adhe?re? depuis 2002 : celle de la re?bellion arme?e contre Laurent GBAGBO, celle de discre?diter Mme Simone Gbagbo a? dessein.

Que dire encore de Monsieur CISSE Drissa, gardien au sie?ge du RDR, qui dit qu’on lui aurait rapporte? la pre?sence du corte?ge de la Premie?re Dame chez BAH BIENTO et qui en de?duit qu’elle serait a? l’origine des barrages et des coups de feux qu’il aurait entendu par la suite !

En effet, Monsieur CISSE Drissa dit que le 16 de?cembre 2011, il a vu passer un corte?ge de voitures. On lui aurait dit qu’il s’agissait du corte?ge de la Premie?re Dame. Il reconnai?t n’avoir jamais vu, de ses yeux, Madame Simone GBAGBO, ce jour-la?, et encore moins l’avoir vue de?poser des armes.

Bien que ne l’ayant jamais vue, il maintiendra que les agressions ont commence? ce jour-la?, parce qu’elle aurait de?pose? des armes dans la maison de Monsieur BAH BIENTO, dans la mesure ou? c’est apre?s cette pre?tendue visite que les agressions arme?es ont commence?.

La seule chose dont se te?moin soit su?r sans qu’il ne lui ait e?te? rapporte?, c’est que ces e?ve?nements se sont de?roule?s le 16 De?cembre 2011…

4 ou 5 fois, le Juges et les avocats de la partie civile, et les Avocats Ge?ne?raux l’ont interroge? sur la date du 16 De?cembre 2011.

A chaque fois, il a confirme? cette date.

Il lui a me?me e?te? fait remarquer que Madame Simone GBAGBO a e?te? arre?te?e le 11 avril 2011, et qu’elle se trouvait a? ODIENNE depuis le 22 avril 2011.

Mais ce te?moin a persiste? dans cette de?claration, jusqu’a? ce que les multiples suggestions des Avocats de la Partie Civile l’ame?nent a? revenir sur ce point pour enfin se limiter a? affirmer que ces e?ve?nements ont eu lieu le « 16 de?cembre » !

Plus de date pre?cise donc, plus de date !

A partir du moment ou? il n’a pas vu Mme Gbagbo, de surcroit de?poser des armes chez Mr Bah Biento, de quoi est-il te?moin pour que le Parquet le fasse comparai?tre en qualite? de te?moin. Il est e?vident que tous ces te?moignages sont des mensonges, des te?moignages invente?s de toute pie?ce. Et cela tombe sous le sens.

Il est bon de noter que depuis l’embargo sur les armes en Co?te d’Ivoire, les forces arme?es ne disposaient de plus d’effectif qu’il n’y avait d’armes disponibles. Me?me la Garde Re?publicaine manquait d’armes. Toutes les frontie?res de la Co?te d’Ivoire e?taient surveille?es par l’ONU pour veiller a? ne pas laisser violer l’embargo sur les armes. Ou? et comment Mme Gbagbo me?me si elle le voulait, aurait pu se procurer des armes pour les distribuer. C’est absurde et simplement diffamatoire.

Il n’y a aucune preuve, et il ne peut pas y en avoir, parce qu’a? aucun moment, Madame Simone GBAGBO n’a constitue? de bandes arme?es, n’a arme? personne, n’a incite? au massacre de personnes civiles ou militaires, n’a engage? d’actions contre une communaute? quelconque.

Ce ne sont simplement que des faux te?moignages, des inventions de toutes pie?ces.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les Jure?s, je vous l’ai dit au de?but de mon intervention, ce proce?s nous de?passe ! Vous avez un dossier sans faits ! Car en re?alite?, les infractions n’existent pas et ne sont qu’un pre?texte a? ce proce?s.

Il ne s’agit donc pas, dans ces douloureux de?bats, d’appre?cier ve?ritablement la culpabilite? ou l’innocence des accuse?s. Il ne s’agit me?me pas de savoir de qui de GBAGBO ou de OUATTARA est le ve?ritable Pre?sident de la Re?publique de Co?te d’Ivoire. Il a effectivement de?ja? e?te? re?pondu a? cette question : La Co?te d’Ivoire a eu un Pre?sident e?lu et proclame? vainqueur par le Conseil Constitutionnel ; et un Pre?sident reconnu par la Communaute? internationale et proclame? Pre?sident de la Re?publique apre?s une violente crise, une agression arme?e de la Co?te d’Ivoire.

Il s’agit de dire, par votre verdict, si oui ou non les peuples africains ont le droit de faire respecter leurs institutions. Vous avez la lourde mais noble mission de proclamer, une fois pour toutes, le droit de l’Homme africain au respect de sa personnalite?, de sa dignite?, et de sa souverainete?.

Madame Simone GBAGBO l’a tre?s justement dit. La Constitution, le Conseil Constitutionnel, organes supre?mes de notre Re?publique sont nos totems. Si nous ne les respectons pas, qui le fera a? notre place ?

Mesdames et Messieurs les Jure?s, je vous rappelle que conforme?ment a? l’article 90 de notre Constitution, le Pre?sident du Conseil Constitutionnel pre?te serment en ces termes : Je m’engage a? bien et fide?lement remplir ma fonction, a? l’exercer en toute inde?pendance et en toute impartialite? dans le respect de la Constitution, a? garder le secret des de?libe?rations et des votes, me?me apre?s la cessation de mes fonctions, a? ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, e?conomique ou social, a? ne donner aucune consultation a? titre prive? sur les questions relevant de la compe?tence du Conseil constitutionnel ».

Les Membres du Conseil Constitutionnel pre?tent eux, conforme?ment a? l’article 91 de la Constitution, le serment suivant : « Je jure de bien et fide?lement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialite? dans le respect de la Constitution et de garder le secret des de?libe?rations et des votes, me?me apre?s la cessation de mes fonctions.

La de?cision du Conseil Constitutionnel du 4 de?cembre 2010 a e?te? rendue conforme?ment a? ces textes.

L’absence de poursuites diligente?es par le Ministe?re Public a? l’encontre des Membres et du Pre?sident du Conseil Constitutionnel n’est-il pas l’aveu me?me de ce que cette de?cision ne saurait se?rieusement e?tre remise en question ? Le Parquet une fois de plus a montre? qu’il ne repre?sentait pas le peuple mais pluto?t le parti au pouvoir et je m’explique. Le Parquet sur la base de ces faux te?moignages demande que Mme Gbagbo soit condamne? a? 10 ans de prison et soit prive? de ces droits civiques Curieusement, parmi les 80 accuse?s, Mme Gbagbo est la seule pour qui il soit demande? la privation de ses droits civiques.

Mais alors pourquoi pourrait se poser le citoyen lambda. Alors je vous re?pondrai, c’est uniquement pour empe?cher Mme GBAGBO de reprendre sa place au FPI et leur tenir la drage?e haute sur les tous les proble?mes qui minent la Co?te d’Ivoire qui semble-t-il e?merge. Mais faire de la politique n’est pas un crime. Pourquoi donc manipuler le Parquet a? cette fin. Voila?, la raison. Je pensais que le Parquet repre?sentait le peuple, mais que je me suis trompe?.

Le pre?sent Parquet repre?sente le pouvoir ivoirien et ne travaille qu’uniquement dans leur inte?re?t, me?me quand il est en contradiction avec le mandat que le peuple leur a confie?. De?s lors entrer en voie de condamnation contre Mme GBAGBO, serait approuver le comportement de tous ceux qui me?prisent nos institutions. Condamner, ce serait dire que l’on veut perdurer dans un syste?me ne?o-colonisant ou? notre Constitution ne serait en re?alite? qu’un bout de papier, sans valeur.

Condamner ce serait dire que l’on est incapable de se respecter et que l’on aura toujours besoin de l’intervention pre?tendument civilisatrice de nos anciens colons pour distribuer les bons et les mauvais points. Condamner, ce serait accepter que nos Chefs d’Etat ne soient choisis par le peuple souverain mais par d’autres. Acquitter, au contraire c’est affirmer notre volonte? d’inde?pendance. Acquitter c’est dire notre attachement a? notre Constitution. Acquitter, c’est aussi faire œuvre d’apaisement; C’est de?truire les ferments d’amertume et de rancœur dans le cœur de nos compatriotes qui sont bien conscients du caracte?re politique de ce proce?s. Acquitter, c’est re?ite?rer sa volonte? de voir une Justice inde?pendante du pouvoir politique. Acquitter enfin, c’est montrer le vrai visage de la Co?te d’Ivoire e?prise d’ide?al, de Justice et de Paix ; et surtout de re?conciliation entre tous ses enfants.

Monsieur le Pre?sident, Messieurs de la Cour, Mesdames et Messieurs les Jure?s, ne vous faites pas complices des politiciens car ils ne sont pas bons. Ne contribuez pas construire une Co?te d’Ivoire de haine et de vengeance perpe?tuelle, ce ne serait bon pour personne. Re?conciliez les ivoiriens en rendant des de?cisions justes fonde?es sur les principes e?le?mentaires du droit pe?nal.

Pas de faits pre?cis, pas de preuves concre?tes : pas de condamnations et j’ai plaide?.

Je vous en remercie

Mai?tre Ange Rodrigue DADJE /Mai?tre Habiba TOURE

 

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