Seulement 16 % d’accouchements faits dans les formations sanitaires

Seulement 16 % d’accouchements faits dans les formations sanitaires

En cause, l’éloignement des aires de santé et la vulgarisation du planning familiale.

Au Cameroun, 782 femmes décèdent sur 100.0000 accouchements. Une évaluation récente effectuée par la délégation régionale de la santé publique de la région de l’Extrême-Nord sur le volet santé de la reproduction pour l’année 2013, révèle que seulement 16% des accouchements sont effectués dans des formations sanitaires. Ces chiffres ont été recueillis au sein des formations sanitaires sur la base du nombre de grossesses attendues évaluées par le nombre de grossesses effectives.

Plusieurs raisons expliquent cette situation dramatique. En premier lieu : la culture locale. En effet, la plupart des femmes disent ne pas vouloir se faire accoucher dans un certain nombre de formations sanitaire, dont les infirmiers accoucheurs sont des hommes. De même, malgré la connaissance du bien-fondé des consultations prénatales, certaines familles refusent également la fréquentation des services de santé du fait de leurs croyances socioculturelles. Pour Rosette Damza, infirmière accoucheuse à la retraite, «Plus de 84 % d’accouchements se font donc ainsi hors des formations sanitaires, car les femmes préfèrent être suivies par des matrones grâce à leurs recettes traditionnelles pour faciliter selon elles un accouchement moins douloureux». Ainsi, «lors de nos sorties dans le cadre des Protection maternelle et infantile (Pmi) dans certaines zones rurales, nous avons constaté la toute-puissance de ces accoucheuses traditionnelles dans le système villageois de santé de reproduction.

Ces matrones occupent une place de choix car diton, elles ont le pouvoir par des méthodes propres à elles, de faire disparaitre la grossesse ou favoriser l’espacement des naissances», déplore l’infirmière. Cette assurance et la confiance des parturientes vis-à-vis des accoucheuses qui usent de leurs savoirs endogènes, limitent par l’occasion la fréquentation des femmes enceintes aux services de santé dans la communauté.

Tous ces facteurs sont de nature à contribuer à cette faible fréquentation des aires de santé telle que l’ont démontré les enquêtes menées par la délégation de la santé régionale sur l’ensemble des districts de santé que compte la région. Pourtant de l’avis de Raphael Medang, responsable régional du projet d’appuis à la santé de reproduction (Pasar), «la planification familiale est un levier important à la maitrise de la santé de reproduction. Car dit-il mieux on prend en charge le contrôle des naissances en utilisant en cas de besoin des moyens contraceptif adéquats et bien suivies, moins on enregistre des risque de décès».

Actuellement, le taux de couverture des méthodes contraceptives dans la région n’est que de 2%. Ce qui explique qu’en amont les femmes n’utilisent pas les méthodes contraceptives et la procréation n’est de ce fait pas planifié. Ce qui a un impact sur la santé de la femme et le bien-être de la famille. Les lourdeurs administratives au niveau de l’application des décisions relatives à la prise en charge du coût de l’acquisition des méthodes contraceptives par les femmes y sont également pour quelque chose. Il était question de baisser ces couts, ce qui est fait, mais la décision ministérielle qui institutionnalise cette décision tarde encore.

«Vous avez des méthodes qui coutent, 3000 et d’autres 1500 francs. Ce n’est pas à la portée de toutes les familles. Nous avons espéré qu’avec l’application des mesures prises par le ministère de  la santé publique, les coûts seraient à la portée de toutes les femmes, notamment le stérilet etla jadelle pour ne citer que ces deux méthodes contraceptives», termine Aissatou Abba, agent  itinéraire de la santé.

camernews-Grossesse

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