Services publics : Des usagers abusés dans les commissariats à Douala

Services publics : Des usagers abusés dans les commissariats à Douala

Ce n’est pas facile de solliciter un service ou encore de porter une plainte contre un individu, dans les couloirs des commissariats répartis dans la ville de Douala. Parvenir à cette tâche, relève d’un parcours de combattant. Témoignages de quelques Camerounais.

CRISE DE CONFIANCE ! Voilà résumé en trois mots les déboires des usagers au Commissariat central N°1 et dans les autres unités de police dans la métropole économique. Ces derniers sont obligés de faire face aux nombreuses dépenses injustifiées imposées au gré des humeurs des enquêteurs. Illustration d’un jeune infographe abordé à tout hasard dans les locaux du Commissariat en question sis non loin de la Direction des Douanes à Douala. Il raconte : « j’ai été victime d’une agression. Je suis venu porter plainte contre mon agresseur.

Après avoir déposé une demande adressée au commissaire lundi le 31 mars 2014. Il m’a été demandé de revenir le lendemain ». De retour sur les lieux, le concerné affirme avoir été confié à un enquêteur dont nous préférons taire le nom. Persuadé que la procédure suivrait alors son cours avec une certaine célérité et sans dépenses au préalable, le Camerounais se sera très vite fourvoyé, lorsque son enquêteur lui demande de faire des photocopies de l’imprimé original de la plainte. « Si vous voulez que l’on vous auditionne, il vaut mieux aller faire des photocopies car il ne nous reste plus que l’original du document sur lequel, on inscrit vos déclarations », s’entendra dire le compatriote, à qui on aurait d’ailleurs indiqué au préalable la dame auprès de laquelle devra il devra aller s’acquitter de la tâche qui lui a été confiée.

« J’avoue être confus surtout que les commissariats reçoivent des budgets devant leur permettre de fonctionner sans remous. Comment peut-on manquer de quoi doivent être portées des déclarations qui résultent des auditions ? C’est absurde que cette charge incombe aux usagers », s’exclame notre vis-à-vis qui n’est d’ailleurs pas le seul à se plaindre. Plus loin à la Police judiciaire, une autre Camerounaise ajoute : « on note une défiance des individus envers les institutions publiques censées lutter contre la corruption et autres formes de criminalité. Et en ligne de mire, la police, considérée comme l’institution la plus corrompue dans 36 pays, au sein desquels 53% des individus déclarent s’être vu réclamer des pots-de-vin par des policiers ».

Par ailleurs, la justice est également considérée dans 20 pays comme l’institution la plus corrompue. Dans ces nations, 30% des citoyens interrogés se sont vu réclamer des pots-de-vin par le système judiciaire. Selon l’enquête mondiale sur la corruption menée par l’Organisation non gouvernementale Transparency International, plus d’une personne sur quatre a dû verser un pot-de-vin au cours des douze derniers mois. En outre, selon le dernier Baromètre mondial de la corruption 2013 publié mardi par Transparency International, réalisé auprès de 114 000 personnes dans 107 pays, plus d’une personne sur deux dans le monde estime que la corruption s’est aggravée au cours des deux dernières années.

L’enquête montre que la corruption est omniprésente. Au cours de cette année, 27% des individus sondés disent avoir dû s’acquitter d’un pot-de-vin pour accéder à certains services publics. Des voix s’élèvent au quotidien dans l’optique de dénoncer et de mettre fin à des pratiques qui entravent le développement économique. Elles espèrent que les acteurs publics concernés pourront prendre des mesures répressives

camernews-Commissariat_de_police_a_Douala

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