Service public d’emploi: 25 ans pour insérer 443 211 personnes

Le résultat plutôt surprenant réalisé par le Fonds national de l’emploi, depuis sa création.

D’après les statistiques du Service public d’emploi du Cameroun, 98 934 personnes ont acquis des compétences liées marché. 61 090 petites et moyennes entreprises créées par des promoteurs partenaires, et 333 807 personnes ont bénéficiés des placements en emplois salariés, avec un total de 443 211 insertions sur la base de 677 244 personnes qui se sont enregistrées, dans le fichier de la structure. Ce chiffre qui a été réalisé en 25 ans, comprend les placements salariés et ceux des auto-emplois et micro-entreprises. C’est dans le cadre de la célébration des 25 ans d’existence du Fonds national de l’emploi (Fne), que Camille Mouté à Bidias, le directeur général, a présenté au courant de cette semaine le chemin parcouru et les résultats obtenus à la presse. « 25 ans après, le Fne a connu une évolution notable, développé une offre de service autour d’une stratégie, de programmes et d’outils dédiés, afin

d’apporter des réponses efficientes à l’épineuse question de l’insertion des chercheurs d’emploi dans la vie active », a-t-il souligné. Avant d’indiquer que la majorité des chercheurs d’emploi méconnaissent voire ignorent les missions et le mode opératoire de la structure.

Contraste
Seulement les résultats jugés satisfaisants, sont perçus par de nombreux observateurs avertis comme insignifiants. Et pour cause, l’accès à un emploi stable et bien rémunéré, reste une préoccupation majeure au Cameroun. Selon les dernières estimations du Bureau international du travail (BIT) et des autorités locales, le pays enregistre des taux de chômage et de sous-emploi respectifs de 13,1% et 75,8%. En clair, environ 15 millions de Camerounais, sur une population de plus 20 millions d’habitants, sont sous-employés. De ce fait, 90% des personnes actives sont concentrées dans le secteur informel et 64% d’entre elles, ont un revenu inférieur au Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig). Par ailleurs, le revenu minimum acceptable par les chômeurs camerounais pour occuper un emploi, est en moyenne de 59 800 F CFA par mois, (soit 70 900 F CFA pour les hommes et 54 000 F CFA pour les femmes).
Même si au Fne on se félicite des performances réalisées. A travers l’observation empirique, il est difficile d’éluder les conditions parfois choquantes dans lesquelles la plupart des travailleurs du secteur privé vivent. En effet, malgré le discours laudateur des efforts gouvernementaux en matière d’emploi, l’opinion publique est visiblement consciente de la difficile insertion professionnelle des jeunes sur le marché de l’emploi. A en croire les analyses de plusieurs experts du monde du travail, cette difficulté est due non seulement au manque de qualification professionnelle dans les secteurs porteurs, mais aussi à une faible capacité de l’économie à générer des emplois et à une insuffisance de mesures cohérentes et concertées de l’ensemble des acteurs socioéconomiques, dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi. Du coup Camille Mouté à Bidias, estime que la structure qu’il gère depuis plus de deux décennies, présentée à tort ou à raison comme l’instrument privilégié du gouvernement dans la lutte contre le chômage, peut davantage inverser la tendance si l’Etat lui octroie plus de moyens.