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SERGE ESPOIR MATOMBA: « PAUL BIYA DOIT DÉMISSIONNER »

SERGE ESPOIR MATOMBA: « PAUL BIYA DOIT DÉMISSIONNER »

Le premier secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (PURS) vient une fois de plus de monter au créneau en demandant au président Paul Biya de démissionner. Entre sa grève de la faim, Boko-haram, et les APE, ce dernier passe au scaner la situation socio-politique du Cameroun dans cet interview.[…]Nos forces armées sont tuées par dizaines dans des attaques au Nord Cameroun, cela ne suffit pas à le faire rester plus d’une semaine sur le sol camerounais. On na jamais vu nulle part un président de la république se permettre ce genre de séjour

Après les élections couplées du 30 septembre 2013, on ne vous a plus beaucoup entendu. Le PURS est-il essoufflé ou alors vous attendez les prochaines échéances électorales pour de nouveau vous faire entendre?

Je ne veux pas croire que vous êtes de mauvaise foi lorsque vous posez cette question et je vais même dire que ce n’est qu’une feinte pour m’amener à parler de nos activités passées et récentes. Le Purs est un parti sérieux et qui vit et agit au quotidien, contrairement à ces partis dont l’existence se limite à s’agiter à l’approche des élections. Nos actions sont nombreuses et d’ailleurs, pour vous qui êtes des médias, vous devriez le savoir, puisque vous êtes tout le temps convié à nos différentes séances de travail et déploiement sur le terrain.

Vous avez reçu tout récemment à l’hôtel Hilton de Yaoundé le « prix du meilleur leadership jeune 2013 », lors d’une cérémonie controversée. En quoi consiste ce prix?

En gros, c’est une distinction de l’organisation non gouvernementale Cameroon Foundation, qui par un événement organisé chaque année, remet des prix aux lauréats qui se sont distingués au cours de l’année écoulée. Je suis ravi que parmi la centaine de leaders politiques nominés, je sois celui qui a été récompensé. Cela témoigne certainement de mon engagement sur la scène politique en faveur de la jeunesse et cela m’amène à redoubler d’ardeur dans ce combat quotidien. On vous a vu dernièrement à la tête d’un mouvement de grève de la faim. Vous manifestiez votre ras-le-bol après la hausse du prix des hydrocarbures et la ratification par l’État du Cameroun des APE. Cesser de s’alimenter face à cette situation était-il la meilleure solution?

Bien évidement, puisque nous disposions de plusieurs autres moyens: marcher, caser, appeler à la désobéissance civile……., mais nous avons opté pour une démarche pacifique et non violente. Beaucoup de nos compatriotes ont salué l’initiative, et nous avons même été rejoint dans ce mouvement, par plusieurs leaders politiques. Je profite d’ailleurs de cette tribune que vous m’accordez pour leur témoigner toute ma profonde gratitude. Ce mouvement il faut le préciser ne s’adressait pas au commun des camerounais, il s’agissait pour nous, leaders politiques, de démontrer notre volonté à nous impliquer personnellement dans le combat qui est celui de l’amélioration des conditions des vies des camerounais.

Où en êtes-vous avec cette grève?

Nous avons suspendu ce mouvement en concertation avec les autorités pour une courte période, le temps pour elles d’étudier le mémorandum que nous leur avons transmis et d’y apporter des solutions. Comme vous le constatez, ce mémorandum est resté sans réponse et nous nous réservons le droit désormais de revenir à la charge à tout moment. Justement, parlant de correspondance, ces derniers temps il ne se passe plus une semaine sans que vous n’adressiez de lettre au président de la république. Serge Espoir Matomba est-il devenu écrivain public? Non (…rires). Je ne me connais pas de talent d’écrivain mais sachez que l’activité épistolaire est un moyen d’expression politique comme un autre. Le tout est de savoir si nos lettres ont été reçues par leur destinataire ou alors s’il en a seulement saisi le sens. Vu le silence assourdissant qui leur a été opposé, nous voyons que ce gouvernement et son chef sont sourds et aveugles face au mal être des camerounais. C’est la raison pour laquelle nous ne nous contentons pas que des lettres, nous agissons aussi sur le terrain. Vous évoquiez très opportunément notre mouvement de grève de la faim qui démontre à suffisance notre engagement à défendre la cause de cette population qui souffre des décisions insensées et catastrophiques de ce gouvernement.

Vous êtes donc dans votre rôle d’opposant politique, peut-on savoir quelle lecture vous faites de la situation socio-économique du pays en ce moment?

Je vous le dis sans ambages, le Cameroun actuellement est un grand malade. C’est depuis belle lurette que l’État du Cameroun tire le diable par la queue en raison de problèmes récurrents de trésorerie, d’où l’émission régulière des bons et obligations de trésor. La croissance peine à atteindre deux chiffres, à cause de la mauvaise gouvernance, l’inertie, la corruption, l’absence de cohérence dans les choix des hommes qui nous dirigent. Le principal artisan de cette catastrophe n’est autre que l’actuel Président de la République qui, dans son allocution de fin d’année dénonçait l’inertie et l’incompétence du gouvernement de Philémon Yang qui, et c’est une surprise, n’est toujours pas démis de ses fonctions! Autre Conséquence de cette manière cavalière de nous gouverner, un Secrétaire Général du gouvernement peut se permettre d’augmenter les prix des carburants par simple communiqué radio. On ne fait aucun cas des implications de pareille mesure et les soit disant mesures d’accompagnement deviennent dictées par le degré de désobéissance civile des populations. Pour couronner le tout, nous avons à la tête de notre pays un homme qui dirige et règne par l’absence. Nos forces armées sont tuées par dizaines dans des attaques au Nord Cameroun, cela ne suffit pas à le faire rester plus d’une semaine sur le sol camerounais. On na jamais vu nulle part un président de la république se permettre ce genre de séjour, à moins de préparer sa fuite. D’ailleurs, nous nous interrogeons sur sa capacité à faire face à cette menace quant on sait que ce qu’il appelle Boko-haram ne l’est en rien, mais plutôt une rébellion armée qui en veut à son pouvoir auquel il s’accroche depuis plus de 30 ans.

Au vu de cette situation que préconisez vous?

Un système qui a failli à ses devoirs d’assurer la survie et la protection des personnes et des biens depuis plus de 30 ans devrait se retirer. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour demander formellement à Monsieur Paul Biya de démissionner de ses fonctions. Oui monsieur Biya, renoncez à votre siège de locataire de notre palais présidentiel!!! Nous nous chargerons de vous accorder l’immunité pour le restant de vos jours et vous aurez une sortie honorable. Et je voudrais souligner que les jeunes sont prêts. Ils sont bien formés, ils sont engagés et ils veulent que ce pays change. Avec la fougue qu’on leur attribue, alliée à leur créativité, le Cameroun ne peut que sortir meilleur de la prise des affaires par les jeunes.

Vous affirmiez dans votre message de fin d’année, que le chef de l’État était dépassé par les évènements. Si jamais il décide de démissionner de son pouvoir quel serait votre plan d’action?

Notre plan d’action est contenu dans notre profession de foi et notre programme politique qui sont connus de tous. J’aimerais préciser que notre parti politique ne tire son essence que de la déchéance du système Biya. Si Nous prônons la rénovation sociale c’est parce que ce monsieur pendant 30 ans a noyé notre pays et enfoncé ses habitants dans un marasme social sans précédent. Le fait est que le pays est sclérosé et on a atteint le fond avec Paul Biya il faut débarrasser.

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