Serge Espoir Matomba: « le combat de Um Nyobe vaut encore tout son pesant d’or »

Par Armand-Rodolphe Djaleu

 

Le premier secrétaire du Purs (Peuple uni pour la Rénovation Sociale), s’est exprimé lors de la célébration des 58 ans du décès de ce héros de lutte pour l’indépendance du Cameroun, lâchement assassiné par les Français le 13 septembre 1958.

Voici 58 ans maintenant que Ruben Um Nyobè, l’une des figures de proue, de l’Union des populations camerounaises est décédé. Ses compagnons de lutte nous renseigne qu’il dirige la lutte pour l’indépendance du Cameroun jusqu’à son exécution en plein maquis par un commando de la force coloniale française.

58 ans après sa mort Um Nyobe garde toute sa force comme source d’inspiration pour de nombreux camerounais. Mais de nos jours, il se pose surtout avec acuité la question de savoir si la pensée et le combat mené par ce dernier est encore d’actualité ? Selon Serge Espoir Matomba, sa lutte trouve encore toute sa place dans la société camerounaise d’aujourd’hui : « Vous savez qu’il a balisé le chemin à ce qui est fait aujourd’hui, la commémoration à toute sa place. Nous sommes certes attristés mais le combat mérite d’être salué, surtout pour ceux qui aspirent à une vraie libération de l’Afrique. Ruben Um Nyobédemeure pour les progressistes africains comme nous une figure emblématique de la lutte de libération nationale. C’est un l’homme qui a donné une âme au peuple camerounais. En gros c’est un éveilleur des consciences, c’est d’ailleurs pour cela que son combat vaut tout pesant d’or aujourd’hui. »

 

Une grande partie de l’histoire camerounaise demeure méconnue par l’essentiel de l’opinion du landerneau national. La guerre du Cameroun, est amorcée en 1955 avec l’interdiction de l’Union des populations camerounaises (UPC) par le gouvernement Edgar Faure. Trois ans plus tard, elle est intensifiée le pouvoir gaulliste après l’exécution sommaire du secrétaire général de l’UPC, Ruben Um Nyobé, poursuivie après « l’indépendance » octroyée de 1960 sous prétexte de coopération militaire avec le gouvernement d’Ahmadou Ahidjo. Près de 56 ans après l’indépendance, c’est toujours l’histoire des vaincues qui figure dans les manuels scolaires camerounais.

Pour l’homme politique, il faut changer la donne, car l’enseignement de l’histoire des luttes dans le système éducatif camerounais, s’avère être un impératif : « L’éducation est le point fondamental d’un pays, nous militons que les cours de nationalisme puissent être inscrits dans les programmes scolaires et que cela serve de levier aux apprenants. Il n’est pas normal que dans les manuels scolaires, on sert seulement, l’histoire des autres pays. Dans notre manifeste pour la refonte du système éducatif camerounais, nous préconisions qu’il faille enseigner à nos enfants la vraie histoire du Cameroun. Car nous avons les personnes qui se sont battues pour l’indépendance de la nation Cameroun ».

Au Cameroun, la problématique de la célébration des héros et martyrs, n’est pas une priorité du gouvernement en place. Ceux qui s’aventurent sur ce chemin, voient leurs efforts anéantis. Le dernier en date, est André Blaise Essama, l’activiste camerounais, avait entrepris la destruction de la statue du général Leclerc à Bonanjo, depuis lors il croupit à la prison centrale de New-bell. Tout en Saluant sa bravoure, le numéro 1 du Purs, demande sa libération. « Nous saluons au passage Blaise Essama qui est une personne qui milite pour l’indépendance totale du Cameroun. Il est d’ailleurs inconcevable, que l’Etat du Cameroun puisse le condamner ainsi. Nous demandons sa libération immédiate », conclut cet homme politique.