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Sérail: Les silences du Palais

Sérail: Les silences du Palais

A 48 h de la fin de l’année 2013, le Chef de l’Etat reste muet sur des dossiers réputés sensibles.

Célèbre dirigeant sportif, le sénégalais Pape Diouf sait rebondir sur le terrain politique. Cela donne ceci dans le dernier Jeune Afrique en kiosque: «La valeur d’un homme d’Etat se mesure à la manière dont il conquiert le pouvoir, à celle dont il l’exerce et à celle dont il le quitte». Une saillie qui devrait inspirer méditation au Cameroun, notamment en cette fin d’année 2013 où le Président de la République s’est paré des atours de Alfred Hitchcock, le maître du suspense, au sujet de dossiers névralgiques. Ainsi du cinquantenaire de la Réunification prévu à Buea. Jusqu’au moment où nous allions sous presse hier, la date de cet événement, prévu depuis deux ans, reste une nébuleuse. Manifestement, «les aménagements techniques» dont parlait Paul Biya, le 30 septembre dernier, au sortir d’un bureau de vote à Bastos, ne sont toujours pas bouclés.

Le suspense est également de mise à Elections Cameroon (Elecam). Le mandat du directeur général des élections, Mohaman Sani Tanimou, et celui de son adjoint, Erik Essoussé, arrivent à expiration demain. L’article 24 du Code électoral est sentencieux à ce sujet: «Le directeur général et le directeur général adjoint des élections sont nommés par décret du Président de la République pour un mandat de cinq ans, éventuellement renouvelable, après consultation du conseil électoral». Là aussi, lorsque nous bouclions cette édition, il n’y avait pas la trace d’un décret du Président de la République. Le précédent de la reconduction des membres du Conseil électoral, «à la limite de l’illégalité» par le même Président de la République, en décembre 2012 (le décret présidentiel n’avait été rendu public qu’au début du mois de janvier 2013) renseigne sur le degré de réactivité de Paul Biya en pareille circonstance.

Autre dossier sur lequel le Chef de l’Etat n’affiche pas des signes d’empressement, c’est celui sur sa sécurité. Après les fâcheux événements de l’hôtel Meurice, au cours de son dernier séjour parisien, des sources familières du sérail indiquent que Paul Biya est déterminé à donner un tour de vis à la sécurité présidentielle. En coupant des têtes? Très probablement, souffle-t-on. Le «recadrage» constaté lors de la dernière finale de la coupe du Cameroun (durcissement des méthodes et renforcement des effectifs de direction de la sécurité présidentielle) est considéré comme un signe avant-coureur. A moins que le Chef de l’Etat décide de frapper au cœur de l’ambassade du Cameroun en France, qui n’aurait pas pris les dispositions utiles pour lui éviter l’agression du Code et du Ccd.

Enfin le remaniement ministériel. Un exercice pour lequel Paul Biya s’applique à faire mentir les augures. L’annonce de cette redistribution des cartes a malheureusement le don de chloroformer de nombreux ministres qui ne brillaient pas déjà, en temps normal, par une activité débordante. Va pour les «grandes réalisations».

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