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Septentrion : La guerre contre Boko Haram n’est pas gagnée

Septentrion : La guerre contre Boko Haram n’est pas gagnée

Le lieutenant-colonel Didier Badjeck, porte-parole de l’armée camerounaise, l’a fait savoir au cours d’une conférence.

Le lieutenant-colonel Didier Badjeck était la « guest-star » de la conférence sur les « Médias et conflits : les questions transfrontalières en zone Cemac et la sécurité des Etats », qui s’est tenue mercredi dernier, dans l’amphithéâtre Hervé Bourges, de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), à Yaoundé. Avec en toile de fond, la situation sécuritaire du Cameroun dans sa guerre contre le mouvement terroriste Boko Haram.

Au cours de son échange avec les étudiants de cet établissement universitaire, le Porte-parole de la « Grande muette » a fait des révélations pour le moins inquiétantes. Notamment au sujet de  guerre contre le terrorisme, en particulier la secte islamiste Boko Haram, entreprise par les autorités camerounaises dans la partie septentrionale. Tout en soulignant les « énormes succès » enregistrés par l’armée camerounaise dans sa guerre contre les militants de Boko Haram, le lieutenant-colonel Didier Badjeck n’a pas manqué de prévenir l’auditoire sur l’imminence d’une attaque terroriste « d’envergure ».

« C’est vrai que ces derniers temps, l’armée camerounaise n’a fait que enregistrer des victoires face aux islamistes de Boko Haram. Cependant, ce n’est pas l’occasion de se réjouir. Car tous les éléments en notre disposition, me font penser qu’une grosse attaque terroriste pourrait bientôt avoir lieu sur le territoire camerounais. J’en profite donc pour demander aux uns et aux autres de se préparer psychologiquement. Afin que le moment venu, ils continuent à soutenir nos vaillants soldats qui se déploient sur le terrain », confie cet officier d’armée.

Le lieutenant-colonel Didier Badjeck a aussi fustigé l’action de l’Etat dans la lutte contre la pauvreté de certaines populations du septentrion. « Si des jeunes camerounais sont recrutés au sein de  Boko Haram, c’est essentiellement à cause des problèmes de gouvernance », croit-il savoir. Selon ce haut-gradé de l’armée camerounaise «  L’Etat investi de ses missions régaliennes doit prendre ses responsabilités afin de limiter le niveau de pauvreté des populations dans la région septentrionale. En particulier dans la zone du « bec de canard », régulièrement en proie à des inondations », rappelle-t-il.

Hypocrisie

A en croire ses propos, la présence des combattants camerounais au sein de la nébuleuse terroriste Boko Haram, à ce jour, relève plus d’un secret de polichinelle. « Il y a des Camerounais dans les rangs de Boko Haram. D’ailleurs au cours d’une opération militaire à laquelle j’ai participé, en moins de 48 heures, nous en avons interpellés plus d’une trentaine. C’est pour vous dire que le Cameroun est sérieusement infecté », révèle ce géo-stratège.

Le lieutenant-colonel D. Badjeck  a surtout dénoncé «l’hypocrisie» des chefs traditionnels (musulmans ndlr). Des élites que l’officier supérieur d’armée soupçonne de  « jouer un double jeu ». Il en a profité pour implorer une « franche » collaboration entre les populations et les forces de Défense et de sécurité afin de venir à bout des combattants islamiste de Boko Haram. Mais également des autres groupes terroristes (Séléka et Antibalaka) qui opèrent dans la région de l’Est Cameroun. Sinon « l’armée camerounaise risque d’être dépassée », a-t-il conclu.

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