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Sentence : Tout est à reprendre à la fécafoot

Sentence : Tout est à reprendre à la fécafoot

Les statuts adoptés le 05 août 2015 ont été annulés hier par la Cca, synonyme d’invalidation du processus ayant conduit à l’élection de Tombi à Roko à la tête de la Fédération.

Après l’élection de Tombi à Roko Sididiki lundi dernier comme président de la Fécafoot, Abdouraman Hamadou, le président d’Etoile Filante de Garoua avertissait que « cette affaire est très loin d’être terminée ». Il le disait avec conviction, tout en étant confiant de l’issue favorable des deux requêtes qu’il avait introduites auprès de la Cca et dont le délibéré avait été programmé pour hier. La Chambre, composée de Pierre Mevongo Meye, le président, Mbeyap Kutnjem Amadou, le rapporteur et François Dikoumé, membre, rend son verdict en ces termes : « Constate que l’article 23 alinéa 2 (b) des statuts de la Fécafoot adoptés le 05 août 2015 et qui donne qualité aux corps de métier dans les ligues régionales constitue un doublon avec les dispositions des alinéas h, i, j et k du même article ; dit que cet article viole non seulement les dispositions de l’article 32 de la loi n°2011/018 du 15 juillet 2011 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives au Cameroun, mais également l’article 12 des statuts des ligues régionales de la Fécafoot ; prononce en conséquence, l’annulation de la première résolution adoptée lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale du 05 août 2015 portant adoption des statuts avec ses conséquences de droit », lit-on sur l’extrait du plumitif signé de Charles Tchatchouang, le rapporteur général de la Cca.

La conséquence immédiate, selon un membre de la Chambre, est la suivante : « en droit, quand une partie du corps humain a une béquille, c’est tout le corps qui est malade. » Après la fin du mandat du Comité de normalisation mercredi dernier consacrée par la prise de fonction de Tombi à Roko, le nouveau président élu, Abdouraman Hamadou explique que la suite sera comme l’année dernière : « Nous avons obtenu l’annulation de statuts à cause de ce fameux article 78 alinéa 3 et puis nous avons introduit une demande devant la Chambre pour simplement invalider le processus. Normalement, nous devons revenir à l’ordre statutaire. C’est ce que nous devons faire. Nous avons l’article 29 du code électoral, que ce soit celui adopté le 16 mai 2012, ou celui adopté le 05 août 2015 en son article 29, c’est clair, comme dans les statuts de toute organisation sportive du monde. Cet article dit que quand un processus électoral engagé n’arrive pas à son terme, c’est toujours les exécutifs, les organes précédemment élus qui restent en place jusqu’à ce qu’il y ait une élection valide. C’est ce qui devrait se passer et je ne pourrais pas me prononcer pour le reste ».

Une autre source explique : « cela veut dire que c’est l’exécutif de 2009 qui devrait s’installer à la Fécafoot avec un délai de 60 jours pour normaliser les choses. » Pour Abdouraman Hamadou ajoute : « A l’heure où nous parlons, la Fécafoot n’a plus de statuts. Et comme c’est sur la base de ces statuts que l’ensemble du processus a été mené, nous allons introduire une demande à la Chambre pour constater tout simplement l’invalidité de l’ensemble du processus électoral organisé à la Fécafoot. La Cca confirme bien que ces statuts violent l’article 32 alinéa 3. Donc, ces statuts sont illégaux au moment où nous parlons. Ils sont en violation de la législation camerounaise. »

Me Philippe Memong, l’avocat de la Fécafoot, présent à l’audience hier, a dit qu’il n’avait rien à dire à la presse. Il a demandé aux journalistes d’attendre l’extrait du plumitif pour meubler leurs analyses. D’après ce document, les parties « disposent d’un délai de vingt-et-un jours, à compter de la notification de la présente sentence pour se pourvoir devant le Tribunal arbitral su sport à Lausanne ».

Irrecevabilité de la 2ème requête

La deuxième requête d’Abdouraman Hamadou sollicitant l’annulation de l’adoption des statuts des ligues décentralisées a été déclarée irrecevable par la Cca. Elle « constate que le communiqué final querellé n’est ni une décision, ni une résolution (…) ». « Ça témoigne aussi de l’opacité du fonctionnement de la Fédération. Il y a des choses qui sont faites à l’intérieur de la Fédération et vous n’avez aucun document. Pour preuve, il n’y a aucune trace de l’assemblée générale élective organisée le 28 septembre 2015. Sur le site Internet de la Fédération, il n’y a rien.

C’est la première fois, trois ou quatre jours après une élection qu’on ne nous dit pas ce qui s’est passé. On a juste un article rédigé par un journaliste sur le site. Tout cela est fait pour éviter que ces actes soient attaqués. Nous verrons si nousirons au Tas avec ce dossier », a indiqué le président d’Etoile filante de Garoua. Il explique son combat sans fin en ces termes : « Qu’on laisse les acteurs du football camerounais désigner leurs dirigeants. C’est tout ce que nous demandons. Au lieu de cela, vous avez quelqu’un qui choisit les gens qui doivent l’élire. J’espère que nous allons repartir dans le cadre d’un nouveau processus et que notre football sera refondé. Ça, c’est notre espoir. On n’est pas là pour prendre des postes, ni pour prendre de l’argent. On est là pour le football camerounais. »

 

 

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