Sécurité : des raisons d’être vigilant à Yaoundé

Depuis la mutinerie à la prison centrale de Kondengui, la capitale camerounaise semble être la cible des adeptes du chaos, les autorités sont sur le qui-vive.

Un cordon de sécurité qui entoure les débits de boisson au quartier Tsinga au lieu-dit « Dubai » dans la matinée du 31 juillet 2019. Un pick-up de la police garé et des forces de l’ordre qui veillent au grain. C’est la preuve que la soirée a été mouvementée. Beaucoup de curieux accourent toujours, les médias aussi.

Explosion

La veille, une friteuse a explosé dans un commerce à proximité des snacks. Ce qui a provoqué la panique au sein de la population. Pour éteindre les rumeurs qui circulaient déjà sur les réseaux sociaux, le Chef de la Division de la Communication du ministère de la Défense a précisé dans une note :

« une friteuse a effectivement explosé dans un commerce au quartier Tsinga. Par contre, une grenade encore goupillée a été retrouvée dans une buvette à proximité. D’où la présence justifiée d’une unité de déminage ».

La situation a donc été très vite maîtrisée par les responsables de la sécurité. Fort heureusement, la grenade découverte n’a pas fait de dégâts. Même si les spéculations vont bon train, seul les enquêtes permettront d’être fixé sur la nature de ces évènements qui ont secoué ce quartier.

Déplacés internes

Quelques jours avant cet incident, le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé II dans un message-porté demandait à tous les chefs traditionnels d’identifier les personnes déplacées des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest résidant dans leur quartier respectif.

Des éléments qui prouvent que les autorités sont en mode prévention dans une capitale qui accueille ces derniers temps une grande partie des déplacés de la crise anglophones.

Même si le président régional du SDF pour le Centre a dénoncé avec force cette « sortie malheureuse, suspecte et unilatérale », il n’en demeure pas moins que l’autorité administrative veut maîtriser son territoire de commandement afin d’assurer aux populations et à leurs biens une sécurité maximale.

Yaoundé, la crise anglophone et la crise politique…

La mutinerie à la prison de Kondengui a démarré par un mouvement d’humeur des détenus de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest qui exigeaient un procès et l’amélioration des conditions de détention. Pour rétablir l’ordre, certains ont été conduits dans des lieux tenus secrets par les autorités.

En solidarité à ces derniers, les militants du MRC détenus ont rejoint le mouvement et les conséquences ont été dramatiques. Très vite dans un communiqué sur les réseaux sociaux, la cellule de Communication de la république fictive d’ « Ambazonie » basée aux USA a donné cinq jours au gouvernement camerounais pour apporter la preuve de vie de ces détenus. Alors qu’un tweet du Ministre de la Communication le 30 juillet indiquait clairement que ces détenus repérés parmi les 177 meneurs se portent bien.

Grève de la faim

L’un des leaders de la contestation Ayuk Tabé menace d’entamer une grève de la faim si ses « co-détenus » n’ont pas accès à leurs avocats. Des éléments qui inquiètent et qui soulèvent des interrogations sur les motivations des acteurs de la crise anglophone et même la réaction des détenus.

La réunion tenue par le ministre de [‘Administration territoriale après cette mutinerie avec les chefs de terre du Mfoundi et le Gouverneur du centre s’imposait avait raison d’être. Elle a permis de prescrire la vigilance à tous les niveaux. L’ordre doit régner à Yaoundé, siège des institutions.

Alerte rouge

Le Ministre Paul Atanga Nji a été ferme, pas question de perturber la tranquillité de la capitale. Le Minatd est même allé loin en indiquant que l’élection est terminée et aucun dérapage sous forme de revendication politique ne sera toléré.

Yaoundé est donc en alerte et les autorités préparent la population à toutes éventualités, surtout l’appui de ces populations en termes de renseignements et de l’accompagnement des autorités dans le maintien de l’ordre.

La capitale Yaoundé se trouve donc en victime collatérale d’une crise sociopolitique dont les revendications varient au fil du temps et la radicalisation fait craindre une révolution ou une insurrection pour déstabiliser les institutions.

Le renforcement de la sécurité dans les coins stratégiques de la capitale depuis quelques temps traduit la volonté et la détermination des autorités à préserver la capitale et garder le Cameroun dans une stabilité permanente.