Sécurité dans les transports: Retour à l’insouciance

Le frémissement des mesures de prévention contre les attentats observé en juillet s’est affaibli.
Les galeries qui abritent les bus de transport des compagnies opérant entre Douala et les autres grandes cités du pays sont moins bondées et accessibles. En ce neuvième jour du mois de septembre 2015, pour l’essentiel, les voyages de la rentrée scolaire semblent avoir ramené élèves et encadreurs vers les lieux où ils séjourneront durant l’année scolaire. Armés d’une simple matraque de bois, les agents de sécurité de l’un de ces transporteurs installés au carrefour de la Douche municipale régulent tant bien que mal le flux de la clientèle. Tambourinant de la main sur la carrosserie d’un taxi qui traîne sur la devanture, l’un de ces gardiens obtient qu’il aille négocier ses courses avec les piétons bien plus loin qu’à l’entrée qu’il obstrue par sa présence.

Le train-train quotidien est donc de retour dans la zone où se regroupent, jusque vers la rue du Kilomètre 5, et en passant par le lieu dit Deux-églises, nombre de compagnies exploitant les autocars en direction de Yaoundé. A Bépanda, Madagascar d’où partent nombre de voyageurs vers l’Ouest, le temps de l’inquiétude semble aussi s’être éloigné des pratiques. Dans une cohue insouciante, véhicules, accompagnateurs, badauds, commerçants, se côtoient comme depuis toujours.

Sur le chemin de fer, les méthodes de contrôle sont encore globalement appliquées. Aussi largement que la mesure est abandonnée par ceux qui opèrent via la route. « Mardi soir, en revenant de Yaoundé, j’ai été surpris de voir un individu normalement chargé de la sécurité monter à bord d’un bus à la manière d’un resquilleur, à la tombée de la nuit. On a quitté l’agence [du transporteur] avec un bus plein mais au moins cinq autres personnes sont montées à bord durant le voyage, certains descendant en chemin », témoigne un voyageur qui avait commencé à s’habituer aux bâtons électroniques inquisiteurs apparus fin juillet.

C’est durant cette époque qu’on a pu voir à Douala, peu après les premiers attentats-suicides de Boko Haram, certaines gares routières privées filtrer les entrées en fouillant les voyageurs avec des détecteurs de métaux et même les bagages. En plus de la vidéo-surveillance. Joseph Beti Assomo, gouverneur du Littoral, avait salué ces mesures et invité toutes les compagnies à s’équiper pareillement.