Sanctions dans le Rdpc : Quelques militants sacrifiés pour éviter la saignée

Sanctions dans le Rdpc : Quelques militants sacrifiés pour éviter la saignée

Avec 08 militants définitivement exclus de cette formation politique, elle inaugure une nouvelle ère sans que pour autant, elle règle le problème .

TEL EST LE SENTIMENT largement partagé dans les rangs du Rdpc au sortir des sanctions prises par la hiérarchie dudit parti mardi dernier. En fait, en concédant un sursis indu aux cadres de cette formation politique pourtant à l’origine des cas d’indiscipline soumis à la commission ad hoc érigée fort à propos le 05 décembre 2013, on aura guère pansé les plaies béantes laissées par les frustrations légitimes des militants de la base qui dénoncèrent en leur temps, les passe-droits des cadres et autres personnalités ressources commis pour diligenter les opérations d’investitures des candidatures pour les consultations électorales couplées du 30 septembre 2013.

Si à l’occasion on put mesurer les dysfonctionnements de ce parti tant en ce qui concernait les investitures des candidats aux consultations électorales que la désignation des maires, les sanctions qui en sont issus ont laissé sur leur faim bon nombre de militants dudit parti. En effet, aucun cadre ne semble avoir été coupable d’indiscipline alors qu’il a été formellement établi les passe-droits qu’ils s’étaient autorisés en opérant des tripatouillages des listes et pire en foulant aux pieds els dispositions de la lettre circulaire du président national à ce propos.

Aussi se serait-on attendu de voir ces cadres, subir au même titre que les militants de base sanctionnés, les foudres de la hiérarchie du parti. Mais au lieu de cela, on ne fait même pas cas des récriminations à leur encontre. Au contraire, ils semblent plutôt avoir bénéficié de non-lieu de fait. Dans un tel registre, on comprend après coup pourquoi les militants de la base en étaient à dénoncer le fait pour certains desdits cadres d’avoir été juges et parties dans le cadre de la commission ad hoc alors que les faits graves relevés à leur encontre en faisaient des militants qualifiés pour passer par-devant ladite commission.

Du coup, on en vient à croire qu’en sa qualité d’excroissance du gouvernement le Rdpc obéisse à s’y méprendre à la même selon laquelle, le Cameroun c’est le Cameroun avec ses contradictions et incohérences. Sinon que représentent les illustres inconnus exclus définitivement de cette formation politique ? Pas grandchose, surtout qu’une exclusion de cadres aurait pu engendrer la saignée dudit parti dont le mode opératoire est essentiellement au clientélisme institutionnel.

Ce qui a fait dire à plus d’un observateur de la scène sociopolitique nationale que le président dudit parti, par ailleurs président de la République, a exclu les petits récalcitrants et a évité les poids lourds du Rdpc. Dès lors, il devenait plus aisé à la commission ad hoc de trouver des boucs émissaires et à s’enliser dans des faux-fuyants. Ainsi en est-il de la création de nouvelles sections, sans qu’on en connaisse le nombre de militants effectifs. Pire encore, en choisissant d’exclure des militants de l’unique circonscription du Moungo, on pourrait croire qu’elle est la seule où sévit l’indiscipline dans ledit parti.

Ce qui est loin d’être une réalité, si l’on s’en tient aux batailles d’autres entités politiques, notamment dans ce qu’on considère à tort ou à raison comme bastions imprenables du Rdpc. Dès lors, que les cas d’indiscipline relevés ne sauraient être le seul fait des militants de la base. N’empêche qu’au sortir des enquêtes de la commission ad hoc de discipline, seuls ces derniers auront été sacrifiés.

Conséquence, le Rdpc entérine le caractère élitiste qui est le sien et court le risque de voir sa base militante se rétrécir, elle qui sait désormais qu’elle ne compte en réalité que pour du beurre. Surtout que les sanctions semblent avoir été prises à tête chercheuse. Et quand bien même elles vont des lettres d’observation avec rappel à l’ordre, à l’exclusion définitive, on comprend mal que cela n’ait été observé que pour 165 militants.

Cassure

C’est dire qu’on aura fortement élagué les mis en cause pour des cas graves d’indiscipline. Au final, 12 militants ont reçu des lettres d’observation assorties de rappel à l’ordre ; 38 ont été avertis, alors que 35 militants du Rdpc ont été blâmés. Quant aux exclusions, elles concernent 44 militants qui sont temporairement exclus pour une durée allant de 6 à 18 mois. En outre, 8 ont été définitivement exclus et 8 autres ont été acquittés. Enfin, 19 militants mis hors de cause et 1 seul a reçu la lettre d’encouragement.

Les décisions prises par le président du Rdpc, ne sont pas susceptibles de recours. Ainsi donc, le Rdpc rejoint désormais le Sdf dans la radiation des militants récalcitrants. Au-delà des sanctions, il y a également eu la création de 167 nouvelles sections au sein du parti au pouvoir. Elles sont ainsi reparties : 2 hors du triangle national, notamment, au Tchad et en Italie et les 165 autres, sont respectivement logées comme suit : 09 pour la région de l’Adamaoua, 34 dans le Centre, 23 à l’Est, 30 (l’Extrême- Nord), 26 (Littoral), 11 pour le Nord, Nord-Ouest (10), Sud (15), et 07 pour le Sud-Ouest.

 

 

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