Samuel et Aminatou divisent l’opinion publique

 

Samuel et Aminatou divisent l’opinion publique

Nous n’avons pas d’instituts de sondages, pour nous donner un instantané du ressenti des camerounais  sur les sorties médiatiques de Samuel Eto’o et Aminatou Ahidjo. Les medias camerounais ont relayés bruitament à charge ce qui est qualifié par beaucoup de comportements irresponsables d’enfants gâtés. La situation de l’un n’est pas du tout celle de l’autre. Elles sont même diamétralement opposées.

D’un côté le sport de l’autre la politique. Ce bal de deux effrontés  exaspère profondément la presse d’abord. Elle est divisée entre éloges et dénigrements. Une  constante de médias camerounais, passés maîtres  en  hypocrisie pour relayer les actions de lynchage publique. On refuse de prendre au mot les déclarations officielles ou non officielles  de Samuel Eto’o ou d’Aminatou  Ahidjo.

Mais on va publier en bonne place toutes les informations émanant de leurs détracteurs, bien entendu pour donner  toutes les informations à l’opinion. Où est le sérieux, quand on relaie des déclarations négatives voire vengeresses, des accusations sans  début de preuve.  Eto’o est un monument national  qui sur ses 32 ans rentre debout et vivant dans l’histoire.

On défend d’abord nos héros, comme on défend sa patrie. Les héros sont des hommes dans leur force comme dans leurs faiblesses. Que peuvent être les  faiblesses  de Samuel Eto’o pour  provoquer tant de haine ? Qui a le droit de donner une leçon de vie  à Aminatou Ahidjo, l’insulter, la vilipender au nom de la mémoire de son père ?  Depuis quand les morts valent plus que les vivants au point  qu’on sacrifie des vies complètes assujetties à défendre leur mémoire. Aminatou dit vouloir faire  autrement par la voie  de la réconciliation.

Il n’appartient pas au journalisme camerounais d’accompagner la déconstruction nationale, on a rien à y gagner. La presse devrait plutôt  célébrer et  susciter de nouvelles vocation sportives en montrant  l’exemple de la réussite fulgurante d’un Samuel Eto’o, devenu milliardaire  grâce à son propre talent. Son succès et sa renommée internationale sont  là pour montrer à la jeunesse camerounaise qu’on peut s’enrichir autrement. N’est-ce pas l’occasion   d’effacer par l’exemple, la piteuse image de nos  prétendus milliardaires sur des deniers publics volés ?

Le vomissement  qui se répand honteusement sur la voie d’Aminatou, donne plutôt raison à sa démarche pour qui en doutait encore. Il suffit de lire  ce qui est appelé  « lettre ouverte à notre cousine d’Aminatou ». Tous les registres pour faire mal sont utilisés. Un brulot chargé de haine débordante et de passéisme. On mélange  la dénonciation calomnieuse,  aux attaques personnelles en la personne du chef de l’Etat, voir même à toute la nation avec des prétentions à la sédition.   Avoir évité à quelqu’un qui n’a pas fait mal à une mouche une lapidation tant la colère populaire est forte à Garoua, tient de quoi ?  L’imaginaire ou la réalité. On vit où, sous le règne de la sharia ?

Qui sont ces cousines  qui dressent un réquisitoire politique  vantant un Cameroun d’il y a quarante ans ? On comprend qu’Aminatou veuille en finir avec ces retardés de l’histoire moderne du Cameroun incapables eux-mêmes en quarante ans de développer ce grand nord qui attend son grand parti dont madame Germaine Ahidjo à 83 ans sera Président d’honneur. On se croirait dans un mauvais film. On ne fait pas le destin du Cameroun en  s’enfermant dans sa région. On tend la main aux autres  car nous avons une communauté de destin.

La célébration de nos héros moderne ceux du Cameroun d’aujourd’hui, pâtit de cette mentalité collective,  accrochée dans la passé et incapable d’investir le présent. Tiens ! Les cousines d’Aminatou ont oublié de nous parler de Mbappe Leppé, oui c’était tellement mieux le football du temps  d’avant !

Pendant ce temps les  états-majors politiques ont la tête ailleurs

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Cela serait bien grave qu’il en soit autrement et on peut s’en féliciter. Car il y a pour eux dès lundi le 15 septembre un autre challenge.  Vingt-neuf partis politiques sont engagés pour les législatives et  trente-deux pour les municipales. Pas le temps de s’appesantir  sur les polémiques et les petits papiers qui manipulent  l’opinion sur des sujets qui pour certains n’ont rien à voir  avec la vraie actualité du moment et la seule qui compte le double scrutin du 30 septembre.

Au lieu de nous accompagner sur le terrain pour  activer un civisme électoral, vous nous parlez des gens qui ne sont pas dans le besoin entend-on dire. 5 467 045 électeurs sont attendus aux urnes  pour une campagne très courte.

Dans les petites formations politiques en quête de visibilité médiatique la pilule passe très mal. Certains s’offusquant et  désignant la presse comme irresponsable dans son inclinaison à encourager la diversion pour ne pas parler du débat politique de fond. Les petites formations politiques réclament leur proximité de la réalité quotidienne des camerounais.

Ils disent  avoir  montré sur le terrain aux électeurs, leur capacité à expliquer les enjeux de s’inscrire sur les listes électorales, puis de rentrer en possession de sa carte d’électeur.  Ce n’est pas grand-chose vu d’en haut mais  c’est ainsi que nous construisons la démocratie sur sa base et  ce sont les autres  qui en profitent. Du côté des grandes formations, un sujet semble intarissable  et ne semble pas trouver  un remède. C’est le sentiment d’injustice qui continue à se vivre et à s’exprimer concernant les investitures, et le contentieux préélectoral en général.

On en parle encore et la campagne va débuter. On prépare déjà les ripostes incendiaires qu’on aimerait voir relayées efficacement par les médias, qui passent leur temps à traiter du superficiel. Certains comme au Sdf dégainent déjà.

La région Littoral étant  montrée comme une terre des grands enjeux. On accuse déjà le Rdpc d’y préparer une stratégie d’achat des consciences, et préparer une mobilisation additionnelle par  l’annonce de l’inauguration imminente du deuxième pont  sur le Wouri. Les médias doivent donc être plus vigilants sur la distribution des billets que sur l’explication des programmes  des uns et des autres.