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Roger Milla: «Volker Finke va rendre compte à la nation»

Roger Milla: «Volker Finke va rendre compte à la nation»

Dans une interview  accordée à Cameroon-Info.Net à Malabo, où il conduit une délégation d’anciennes footballeurs africains pour la CAN, l’ancien attaquant camerounais, élu joueur africain du siècle dernier critique les méthodes du sélectionneur allemand des lions indomptables, à l’origine selon lui des contreperformances du Cameroun lors des deux premières rencontres de la Coupe d’Afrique des Nations face au Mali et à la Guinée.

Hier (24 janvier 2015), le Cameroun a été tenu en échec par la Guinée pour un deuxième match, deuxième nul à la CAN, quelle leçon pouvons-nous tirer de ces performances ?

La leçon, elle est simple, on est impuissant. Pendant les deux matches, on a été impuissant. Certes, le match face au Mali a été très physique, malgré cela, nos jeunes ont rivalisé avec cette équipe. C’est un peu ça ma fierté, ils n’ont pas été dominés par le Mali, ils ont tenu physiquement, ils ont été plus forts mais malheureusement, techniquement et tactiquement, on a beaucoup pêché.  Certes la Guinée a de très bons footballeurs mais vous savez, quand on ne sait pas lire tactiquement l’équipe adverse, on va forcément avoir des difficultés. On aurait du savoir que cette équipe doit jouer et que si on laisse les joueurs libres ou toucher les ballons, vous êtes battus d’avance. On l’a vu hier, c’est inadmissible qu’on prenne un but excentré alors que le garçon n’est pas dangereux là-bas. C’est un peu difficile.


Quels sont les manquements qui ont empêché au Cameroun de remporter au moins un de ces deux matches ?

Comme je vous l’ai dit, c’est des manquements tactiques. Tactiquement, on n’est pas à la hauteur et lorsqu’une équipe, tactiquement n’est pas à la hauteur, elle essaie au moins d’utiliser ses individualités qui sont biens techniquement et biens tactiquement dans le football. Donc, toute l’équipe ne peut pas être négative sur le plan tactique. Tactiquement et techniquement, on devait au moins avoir deux ou trois joueurs pouvant nous sortir de cette difficulté mais malheureusement, là aussi, on a pêché. Quand vous laissez sur le terrain, un joueur comme Moukandjo ou Salli qui sont là pour animer le jeu offensif du Cameroun et qui ne peuvent pas le faire, il faut les changer et mettre ceux qui sont au banc pour apporter plus d’efficacité, plus de dynamisme et de vivacité. Malheureusement, l’entraineur est encore resté là, bouche bée.

Vous parlez certainement du cas N’jie Clinton, est-ce qu’on peut dire finalement que le coach a un problème avec ce joueur ?

Je ne sais pas, je ne fais pas partie de l’effectif des lions indomptables. On a dit avant qu’il était malade, je ne sais pas si c’est vrai. S’il était malade, il n’allait pas s’échauffer. J’ai cru aussi comprendre que c’est un problème de discipline, qu’on voulait le punir. Quand vous punissez un joueur, vous ne le mettez pas dans la feuille du match. Vous le laissez à côté pour qu’il comprenne qu’il a mal fait. Mais quand vous l’amener au stade et qu’il part s’échauffer, il faut le mettre sur le terrain pour qu’il puisse nous apporter un plus.

Vous avez parlé de manquements tactiques. A qui les imputer ? Aux joueurs ? A l’entraineur ?

Ce n’est pas les joueurs qui font la tactique. C’est l’entraineur qui donne une tactique à une équipe.  Je ne peux pas comprendre que nous ayons des latéraux droits dans cette équipe et on va prendre un garçon qui est plein de talent comme Oyongo qui est gaucher pour mettre à ce poste. On pouvait utiliser le même système qu’on utilisait avant avec Gérémi Njitap et Etame Mayer à droite et Wome et Bill Tchato à gauche ; pour que, s’il y a un qui monte, l’autre reste. On a un garçon bourré de talent à droite qui est en difficulté parce qu’il n’est pas à son poste et le sortir vers la 80ème minute… Ce n’est pas aux joueurs de demander à l’entraineur qu’ils veulent être remplacés. Il faut aussi qu’on donne assez de pouvoir aux adjoints locaux  qui ont aussi droit à la parole. Je suis convaincu que là-bas, ils sont prisonniers. L’entraineur ghanéen (Tanko, NDLR) qui est là, ne fait rien… Finke a des problèmes avec tout son staff, on lui a dit que c’est lui le grand patron, que c’est lui le plus grand entraineur mais je suis désolé, les camerounais n’acceptent plus les choses comme ça, on ne peut pas continuer de nous humilier comme ça.

Quel(s) conseil (s) donneriez-vous à Volker Finke pour le match de mercredi face à la Côte d’Ivoire ?

Je n’ai pas de conseil(s) à donner à Finke. Il est l’entraineur de l’équipe nationale du Cameroun, il doit prendre ses responsabilités, il va rendre compte à la Nation. Voila comment je vois ces choses parce que s’il ne peut pas écouter ses adjoints qui sont des anciens joueurs camerounais, ce n’est pas moi qu’il va écouter. Il ne va pas écouter Joseph Antoine Bell, il ne va pas écouter Eugène Ekeke, il ne va pas écouter Massim Benjamin. Il a la responsabilité de cette équipe, qu’il nous amène jusqu’en finale.


Pensez-vous qu’on a des chances de battre la Côte d’Ivoire ?

Oui, je pense que la Côte d’Ivoire est encore pire que nous actuellement. Maintenant, ça ne veut pas dire qu’on va battre la Côte d’Ivoire mais il va falloir mettre sur le terrain les joueurs qui iront battre la Côte d’Ivoire. Quand vous regardez les deux matches de la Côte d’Ivoire, vous voyez que c’est la plus mauvaise équipe depuis le début de la CAN.  C’est à nous maintenant de savoir qui est-ce qu’on va mettre sur le terrain parce que là, il ne faut pas un match nul. Si nous faisons match nul, nous deux, nous rentrons.

 

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