Robert Messi Messi, à propos de la crise anglophone: «Si l’enlisement de la crise devait se poursuivre l’entière responsabilité en incomberait clairement à la mauvaise foi des séparatistes»

Robert Messi Messi, à propos de la crise anglophone: «Si l’enlisement de la crise devait se poursuivre l’entière responsabilité en incomberait clairement à la mauvaise foi des séparatistes»

Le Président de la Transition Démocratique Camerounaise s’exprime dans une interview exclusive accordée à Actu Cameroun.

Comment comprendre que Paul Biya s’obstine à rejeter l’idée d’un dialogue inclusif ?

Ce n’est pas Paul Biya qui s’obstinerait à refuser l’idée d’un dialogue inclusif. Ce sont les séparatistes qui sous de fallacieux prétextes qui font tout pour éviter le dialogue. De nombreuses pistes leur ont été suggérées pour sortir de l’impasse. Ils ont à chaque fois répondu qu’ils n’étaient pas concernés du fait de leur nationalité non camerounaise. Ce qui a créé des difficultés d’ordre juridique au tribunal militaire.

Maintenant que le HCR vient de certifier qu’ils sont bien tous camerounais il n’y a plus d’échappatoire possible. La loi sur le terrorisme s’applique désormais à eux. Il faut maintenant qu’ils choisissent la voie de la négociation qui leur est offerte depuis longtemps ou qu’ils se résolvent à accepter de subir le sort réservé aux terroristes. C’est désormais à eux qu’il appartient de dire aux Camerounais s’ils acceptant ou rejettent la main qui leur est tendue de dialoguer. La balle est maintenant clairement dans leur camp.

Certains estiment que ce dialogue inclusif peut être un piège pour Paul Biya, un peu comme celui dans lequel Gbagbo s’est retrouvé après les accords de Marcoussis. Ont-ils raison ?

Cela s’apparente bien à un piège dans lequel fort heureusement le Président Paul Biya a réussi à éviter de se laisser enfermer. Sans aller jusqu’à revenir sur les événements qui s’étaient passés dans la Crise Ivoirienne nous pouvons nous référer ici chez nous aux difficultés rencontres par la ALL ANGOPHONE CONFERENCE que tente d’organiser Le Cardinal Tumi. Une initiative de dialogue fort louable qui malheureusement se heurte à l’hostilité des sécessionnistes qui craignent en réalité de se retrouver en minorité face à d’autres courants politiques en cas d’organisation d’un référendum dans la région.

En rejetant le dialogue inclusif, l’enlisement de la crise aurait-il une fin ?

L’enlisement, voire le pourrissement de la situation actuelle découle en réalité d’une stratégie bien pensée par les séparatistes anglophones de mettre les Camerounais devant le fait accompli en rendant inéluctable la partition de notre pays par la création de toutes pièces d’un Etat anglophone Independent. C’est le piège dans lequel le Président Paul Biya refuse de se laisser enfermer. L’immense majorité des Camerounais fort heureusement le soutiennent dans cette voie. Si l’enlisement de la crise devait hélas se poursuivre l’entière responsabilité en incomberait clairement à la mauvaise foi des séparatistes.

D’un autre côté, est-ce qu’il est normal qu’un Etat s’asseye à la même table que des terroristes pour discuter ?

Il est tout à fait normal que dans un premier temps, l’Etat tente de s’assoir à la même table que les terroristes pour discuter des conditions de retour à la paix car dans toute guerre c’est toujours avec ses ennemis qu’on arrive à un cessez le feu. Mais encore faut-il qu’on ait en face de soi des interlocuteurs de bonne foi. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas jusqu’ici. Ceux-ci il faut bien le regretter se sont depuis fort longtemps déjà arc boute dans le leur exigence d’indépendance totale de la partie anglophone par rapport au reste du pays. Cette attitude du tout ou rien est totalement inacceptable. Le Cameroun doit et restera un et indivisible.

Vu le pourrissement de la situation, Paul Biya a-t-il encore intérêt à lâcher du lest dans cette crise ?

Devant une telle intransigeance des séparatistes, devant leur obstination à refuser de se joindre à l’appel à déposer les armes, la seule solution à cette crise ne peut plus qu’être militaire. Cette guerre que les sécessionnistes imposent au reste du pays doit maintenant se traduire pour eux par une défaite militaire cuisante sur le terrain et par une Victoire SANS APPEL DE NOS FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE. C’est désormais la seule option possible. Nous ne voyons plus aucun intérêt pour que le Président Paul Biya continue à lâcher du lest dans cette crise qui tend à s’éterniser. Il faut tout simplement en terminer!

 

Source: actucameroun.com