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RETOURNER AU PAYS EST-IL DEVENU UN VÉRITABLE CASSE-TÊTE CHINOIS POUR LES CAMEROUNAIS DE LA DIASPORA?

RETOURNER AU PAYS EST-IL DEVENU UN VÉRITABLE CASSE-TÊTE CHINOIS POUR LES CAMEROUNAIS DE LA DIASPORA?

« Je rentrerai au pays si le système en place … » « Je rentrerai au pays si le boulot … »« Je rentrerai au pays si les enfants … »« Je rentrerai au pays si la retraite … » Autant de conditions et d´hypothèses qui virevoltent dans la tête de bon nombre de compatriotes à l´étranger, vivant pourtant une existence insuffisante, loin de la terre natale.

Le chômage, le copinage dans le marché de l´emploi, la politisation exacerbée du quotidien, les difficultés d´accès à l´éducation et au marché de l´emploi: autant de facteurs « push » qui poussent les fils et filles du pays à abandonner leur environnement familier.

L´accès aux soins médicaux, à l´éducation, la recherche des perspectives professionnelles: tels sont quelques facteurs « pull » qui attirent des milliers de jeunes vers une terre inconnue, à la recherche de nouvelles perspectives. Le calcul des gains et des pertes d´un projet migratoire n´aboutit pas forcement au résultat escompté, une fois le projet réalisé. C´est ainsi que les promesses faites avant le voyage peuvent se dresser au fil des ans comme des montagnes insurmontables. Les ambitions dessinées dans le livre du voyage se télescopent avec une réalité âpre dans un monde où le stress devient le pain quotidien.

Malgré l´intégration réussite de bon nombre de compatriotes dans leur pays d´adoption, le mal-vivre, la nostalgie et le retour au pays reviennent à la une des conversations. Pendant les vacances au bercail, le mbenguiste est le point de mire pour les futurs candidats à l´émigration. Ainsi, il met entre parenthèses son stress quotidien en Occident et ses difficultés de joindre financièrement les deux bouts malgré deux boulots. Autant ses amis admirent sa condition de mbenguiste, autant l´expatrié convoite leur aisance matérielle, familiale ainsi que leur vie professionnelle plus ou moins relaxante.

Et même les étudiants qui au départ s´étaient fixés pour objectif d´étudier/d´acquérir les expériences à l´étranger et de retourner au bercail pour servir la patrie, mettent en suspension le projet-retour, une fois les études closes avec brio. C´est ainsi que trois ans deviennent dix, et dix ans, toute la vie; la carrière professionnelle est démarrée dans la nouvelle patrie d´adoption, la famille est fondée et dans certains cas l´immobilier est acheté. Les années s´égrainent et le provisoire devient (presque) définitif.

Ballotté entre le pays natal et le pays d´accueil, l´expatrié se morfond dans son mal-vivre, manque de courage pour prendre et assumer ses propres décisions.

Face à ce dilemme, quels sont les facteurs qui entravent le projet-retour au pays ? Quel cadre est-il nécessaire pour un retour et une réintégration réussite au bercail ? A Partir de quand doit-on préparer son retour? Faut-il promouvoir des alternatives de retour autres que le retour physique et définitif ? Telles sont les questions de la semaine

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