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REPRISE DE LA VILLE DE BAGA AU NIGERIA : LE TOURNANT DE L’ESPOIR ?

REPRISE DE LA VILLE DE BAGA AU NIGERIA : LE TOURNANT DE L’ESPOIR ?

Les jours de Bobo Haram sont-ils comptés ? Telle est la question que l’on est tenté de se poser, au regard de ce qui se passe actuellement au Nord-Est du Nigeria. En effet, la ville de Baga, tombée entre les mains des djihadistes il y a de cela un mois, aurait été reprise par l’armée nigériane, le 21 février dernier, toute chose qui soulagerait alors les populations qui y vivaient la peur au ventre. Et ce n’est pas tout. Car, si l’on en croit l’armée nigériane, un grand nombre de djihadistes se sont noyés dans le lac Tchad, alors qu’ils tentaient de prendre la poudre d’escampette. Pour une victoire, c’en est une pour les soldats nigérians, longtemps accusés de couardise face aux éléments de Boko Haram.

Ce serait tout à leur honneur puisque le rôle d’une armée, on le sait, est de défendre l’intégrité de son territoire. Cela dit, avec la reprise proclamée de la ville frontalière de Baga, on peut parler d’un tournant de l’espoir dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram. Cela, d’autant que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui vient de boucler une visite au Tchad, au Cameroun et au Niger, a exprimé la solidarité de son pays avec ses anciennes colonies, dans le cadre de la lutte contre  le terrorisme. En plus des renseignements, de la formation et de l’appui logistique dont bénéficient les forces de la coalition, le chef de la diplomatie française a appelé à un soutien international, notamment financier, pour soutenir les opérations en cours contre Boko Haram.

C’est dire que la France a pris toute la mesure du péril, elle qui n’avait pas hésité à engager des troupes au sol lorsque les djihadistes descendaient sans coup férir sur Bamako, la capitale malienne. C’est le lieu d’ailleurs de saluer aussi les hauts faits d’armes de l’armée tchadienne qui, au Mali comme au Nigeria, n’a de cesse de troubler le sommeil des djihadistes. La preuve est que jamais la secte Boko Haram ne s’est sentie aussi menacée que depuis l’entrée en scène des troupes tchadiennes au Nord-Est du Nigeria. Ils sont nombreux les djihadistes qui ont été envoyés ad patres par les soldats tchadiens dont le courage le dispute à l’excellence militaire.

Il faut travailler à enrayer la vermine

Et à l’allure où vont les choses, Boko Haram finira donc tôt ou tard  par plier l’échine. Car, il faut le dire, il lui sera difficile de résister pendant longtemps à une coalition qui, de surcroît, est catapultée par les grandes puissances mondiales, entendez la France et les Etats-Unis. Toutefois, pour l’heure, il faudra se garder de tout triomphalisme, car, sentant la cause perdue, Abubakar Shekau et ses ouailles sont capables du pire. Ils peuvent, comme ils sont coutumiers du fait, multiplier les actes de lâcheté, en ravageant et en rasant des villages entiers dans leur cavale.

C’est pourquoi les forces de la coalition, tout en combattant l’ennemi, doivent songer à la sécurité des populations civiles qui sont des proies faciles pour Boko Haram. On l’a vu récemment à Fotokol, au Cameroun où des centaines de civils ont été canardés par les islamistes qui fuyaient les combats. En tout cas, le tout n’est pas de retirer des villes à Boko Haram ; il faut surtout travailler à enrayer la vermine. Car, pris entre plusieurs feux, les fous d’Allah développeront des actes kamikazes, à l’effet de pourrir la vie aux soldats de la coalition. Mais en attendant, la ville de Baga a-t-elle vraiment été reprise à Boko Haram par l’armée nigériane ? Les fous d’Allah répondent par la négative. Alors, de Boko Haram qui est une secte sans scrupules et de l’armée nigériane dont la première vertu n’est pas la transparence, qui faut-il croire ?

 

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