Répressions : Peter Essoka Sévit, Afrique Media Avance

Le Conseil national de la communication vient de frapper plusieurs organes de presse et journalistes.

Dans une sortie jeudi dernier, le Conseil national de la communication (Cnc) a rendu publique une série de sanctions contre des acteurs du monde de la presse au Cameroun. Et c’est Afrique Media qui reçoit les plus lourdes sanctions. La chaine panafricaine est suspendue pour un mois, et six mois pour deux de ses employés. Les émissions «Le débat africain» et «Le mérite panafricain» ainsi que leurs présentateurs, respectivement Ladan Mohamed Bachir et Juliane Magne Tadda sont sous le coup d’une suspension du Cnc. Le régulateur dit constater dans les contenus de cette télévision, «la récurrence des dérapages professionnelles» dans les programmes de cette chaine qui diffuse en français, anglais et espagnol. «Certains invités ont proféré des accusations non justifiées et des appels à la haire susceptibles de porter atteinte à l’image et à l’honneur de personnalités, d’institutions et pays étrangers», justifie le Cnc. «La généralisation des manquements professionnels» et «des confusions préjudiciables entre liberté d’opinion et les atteintes à la dignité des personnes», ajoute le régulateur. A cet effet, Afrique media écope d’un mois de suspension, et ses journalistes incriminés, de six mois de suspension d’exercice de la profession de journaliste.

Peter Essoka et ses hommes n’ont pas que statué sur le cas de cette chaîne populiste qui s’est fait le chantre du panafricanisme, défendant bec et ongles les leaders africains qui opposent une divergence de vue aux dirigeants occidentaux. Ltm, l’autre chaine de télévision émettant depuis Douala et appartenant à l’artiste Dinaly, voit son émission «Town Cryer» et son présentateur être suspendus pour trois mois, pour des accusations injustifiées contre un pays étranger à propos de la guerre contre Boko Haram. Royal Fm, une chaine de radio privée de Yaoundé, à travers l’émission Le débat républicain, et son présentateur Pharel Ateba, écopent de la même peine dans l’affaire qui les opposait à Oswalde Baboke, conseiller technique à la Présidence de la république. Dans cette émission, rappelle le Cnc, l’employé de la Présidence était accusé d’avoir détourné une somme de 15 millions FCfa d’aide de la Première dame à un nécessiteux.
Le Monde écrit, Issa Tchiroma s’en prend à la presse camerounaise

Dans le monde de la presse écrite, pas moins de cinq titres sont passés à la trappe. Le journal anglophone Cameroon Herald et son directeur de publication, sont suspendus pour six mois pour n’avoir pas pu apporter des preuves des accusations de malversations financières que le journal reprochait au Dg par intérim de la société Pamol Plantations. La même peine frappe l’autre confrère anglophone Vanguard et son directeur de publication qui ont vu dans la gestion de du délégué du gouvernement auprès la Communauté urbaine de Bamenda, Vincent Nji Ndumu, des malversations financières. Pas moins pour le journal le Renard et son directeur de publication, pour avoir porté atteinte à l’image de la banque Afriland first bank.

Ce sont les accusés d’Issa Tchiroma qui devront attendre la prochaine session du Cnc pour connaître leur sort. Le Cnc a statué sur les plaintes du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, contre les quotidiens francophones Mutations, Le Messager et Emergence. Pour le Mincom, les trois canards ont failli aux règles d’exercice de leur métier, dans le traitement de l’affaire de la maladie du président de la république Paul Biya, mais aussi, l’affaire du photomontage sur le site web de la Présidence. Dans le premier volet, les journaux camerounais avaient relayé les informations du journal Le Monde, qui annonçaient Paul Biya malade lors de son dernier séjour officiel en Europe. Le second volet porte sur cette affaire de la photo du Chef suprême des armées se prosternant sur les dépouilles des soldats morts au front, alors que l’homme n’a jamais assisté à aucune des deux cérémonies organisées en hommage aux soldats tombés au front de l’Extrême nord et de l’Est. Les membres du Conseil semblent ne pas s’accorder sur les sanctions à prendre. Les membres ont des «positions contradictoires» sur ces deux sujets, admet le Cnc. Rendez-vous très prochainement pour le verdict.